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Chronique de Coralie : Sans préjugés !

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Entre deux programmes télévisés durant les fêtes hivernales, vous n’avez pas pu la manquer. Je parle bien-sûr de cette petite vidéo qui reprend ce que nos chers enfants pensent de l’autre sexe depuis leur tendre enfance. « Il faut une poupée pour les filles et une voiture de course pour les garçons » c’est aussi simple que cela. Le slogan « un noël sans préjugés » élaboré par les magasins U proposait, en fin décembre, d’inverser la tendance en présentant les jouets indépendamment de notre ordre idée conventionnel. Si de nombreux journaux nationaux et sites internet ont repris ce spot publicité, mettant en avant le sacré coup marketing réalisé par la chaine commerçante, bon nombre ont également salué la nouveauté et l’originalité de l’approche. Intervertir intelligemment les genres et interroger implicitement nos modes de vie.

Si vous êtes une femme, vous avez surement joué avec votre caisse enregistreuse, votre poussette, ou encore à vous déguiser en princesse des contes de fées. Si vous êtes un homme, vous vous êtes sans doute amusés avec ce superbe avion de chasse ou cette épée en costume de super-héros. Pourquoi l’inverse ne serait-il pas possible ? Nos enfants sont-ils simplement le fruit de ce avec quoi ils jouent ? Ne méritent-ils pas le droit de se distraire avec ce qui leur plait ? Accepter de différencier des enfants en fonction de leur activité, c’est adhérer au fait qu’il y aurait une prédisposition entre les sexes, et qu’elle déterminera l’image que l’on construit du genre.

Ce schéma presque inconscient que nous reproduisons sans cesse. Au point souvent, de ne plus nous rendre compte des stéréotypes qu’ils créent, des clivages qui leurs sont associés et des abus de langage dans certaines de nos expressions. Un point sur lequel, a souhaité revenir la très célèbre marque de produits d’hygiène féminine Always qui porte son plan opérationnel de communication sur une cause sociale : celle de l’image de la femme au quotidien. Pour cela, la réalisatrice Lauren Greenfield a l’idée de mettre en lumière les clichés générés par l’expression « comme une fille ». Un spot publicitaire aux échos féministes avec pour pan d’analyse, pourquoi l’expression « like a girl » devrait être synonyme d’avilissement et de dévalorisation?

Intéressant pour une fois de ne pas se retrouver passif devant des pages de réclame et de réellement être invité à réfléchir sur notre consommation et bien évidemment sur la façon dont nous les imposons presque inconsciemment à nos enfants. Le conditionnement et la construction de stéréotypes genrés sont bien en filigrane les problématiques avancées par les publicités. Les détracteurs le diront haut et fort « après on proposera au garçon de s’habiller en fille et vice-versa » ou « les enfants sont jeunes et ne pensent pas ce qu’ils disent en cours de récréation ». Nous leur répondrons que l’enjeu ne réside évidemment pas dans la manière d’appréhender la question du sexe mais bien celle de l’image que nous voulons nous renvoyer de nous-mêmes.

Un dernier écho en date #Et si les femmes parlaient comme des hommes ?  Relayé sans cesse depuis quelques semaines sur les réseaux sociaux, ce hastag fait le bonheur des internautes. En apparence, un phénomène de buzz, comme nous pouvons en voir souvent sur Twitter et Facebook/ Mais d’une manière plus implicite, une revendication sociale pour mieux dénoncer la misogynie et le machisme de certains propos masculins. Source agréée de nombreux débats pour certains ou simplement amusement pour d’autres, le miroir que nous plaçons aujourd’hui face à notre société reflète la complexité du sujet. Il restera, bien entendu ouvert, tout autant que la discussion qui est autour. Mais peut-être, qu’après mure réflexion, nos propos du quotidien et nos expressions usuelles pèseront plus sur le sens que nous souhaitons leur donner. Et peut-être que, même les jouets de nos plus jeunes auront dès les fêtes prochaines, une toute autre couleur.

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