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Victoria Mondesir About : partir sans oublier d’où l’on vient

VICTORIA MONDESIR

Après des études scientifiques validées par une mention très bien et les félicitations du jury au baccalauréat, Victoria Mondesir About a quitté le département pour intégrer L’Ecole des Mines de Saint-Etienne, l’une des plus prestigieuses écoles d’ingénieur. Mais très attachée à ses racines, c’est à l’aéroport Félix Eboué que la jeune fille a choisi d’effectuer son premier stage professionnel.

Par Eva Zonca

Un parcours scientifique ouvert sur le monde

Son bac S en poche, obtenu en section européenne dans un lycée de Cayenne, Victoria s’est lancée dans une prépa scientifique à Lyon afin d’intégrer une école d’ingénieur. Si elle a postulé au concours d’entrée de plusieurs d’entre elles, c’est à Saint-Étienne, dans l’une des 9 écoles du concours commun Mines-Ponts, que la jeune fille a été admise ; un établissement où l’on forme des ingénieurs généralistes, capables de s’adapter à différents environnements du monde professionnel. En 1ère année, les étudiants suivent une formation scientifique généraliste solide puis ils choisissent de se spécialiser au cours des deux années suivantes. Pour l’heure, Victoria est encore indécise : ingénierie biomédicale ou secteur de l’économie. « Je souhaite profiter des formations à l’étranger pour étendre mes capacités d’ouverture d’esprit et renforcer mes qualités d’adaptation. Je suis dans une phase de découvertes et d’expériences qui me mèneront plus tard à faire le choix d’une spécialité ». Des qualités que la jeune fille devrait prochainement mettre à l’épreuve, puisqu’elle projette de rejoindre le Japon en octobre 2016 afin de suivre une formation de six mois dans une école partenaire.

Si elle a pu partir et s’offrir de telles études, c’est en partie, comme elle le souligne, grâce à l’obtention de la bourse d’études supérieures attribuée par la CNES/CSG chaque année à une dizaine d’étudiants sélectionnés sur dossier. Elle a également reçu le troisième prix d’Excellence décerné par la Société Guyanaise des Eaux, la SARA ainsi que Circuit Elizé.

Ainsi, comme un clin d’œil et en retour de l’aide reçue de sa région, c’est à l’aéroport Félix Eboué de Rochambeau que Victoria a choisi d’effectuer son premier stage de professionnalisation. Entre découvertes et initiatives, Victoria a pu intégrer le service technique de l’aéroport et assister les équipes dans les différentes opérations de maintenance, participer aux réunions, mais surtout comprendre la gestion d’une infrastructure aéroportuaire.

« Ce sont des études qui demandent énormément d’investissement. Il est important d’être extrêmement bien préparé dans le sens où cela demande du temps, beaucoup d’énergie et de sacrifices. Pour nous, jeunes guya-nais, la notion de distance avec la famille est également à prendre en considération. Un départ vers la Métropole implique aussi un changement de culture, nous n’avons pas le même climat, ni les mêmes habitudes, etc. Cela demande d’avoir un certain recul et beaucoup de motivation. » Par ailleurs, comme le précise Victoria, de tels établissements vont souvent de pair avec un féroce esprit de compétition, d’où l’importance de bien choisir son école.

Entre formation humaine et professionnelle

Malgré ces mises en garde, la jeune étudiante n’oublie pas de préciser qu’il s’agit avant tout d’une école de la vie au-delà du travail intellectuel demandé. Ainsi, les efforts et les sacrifices s’avèrent d’ores et déjà, selon Victoria, récompensés. « On est récompensé à hauteur du travail fourni, aussi bien humainement que professionnellement ». C’est d’ailleurs un désir qui lui tient à cœur que celui de donner envie aux jeunes de s’investir de façon à donner à la Guyane les moyens de renforcer l’éducation de la jeunesse. Pour faire en sorte que les jeunes aient l’envie et la possibilité de se dépasser, de croire en l’avenir et de croire en leurs propres ressources !

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