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Frédérique Lahaut, l’avocate solaire

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Elle nous reçoit dans un cabinet qu’elle a choisi rue Gambetta, en plein centre de Pointe-à-Pitre, pour être « à quatre minutes, en talons, du Palais de justice et du Conseil de prud’hommes » explique-t-elle. A 31 ans, Maître Lahaut est chef d’entreprise et employeur, et plaide quotidiennement avec une ferveur et un talent qui n’ont d’égal qu’une invincible joie de vivre. Portrait d’une femme engagée.

Par Julie Clerc

Elle va vite, très vite. Ce qu’elle désire, elle y travaille et l’obtient, c’est aussi simple que ça. Un Bac S décroché à 17 ans donne le ton. Lui succèdent une licence en droit français et droit anglo-américain et un Master 2 en droit social et gestion des ressources humaines bouclé à Nanterre. Dans la foulée, RTE, filiale d’EDF, propose un stage à la Guadeloupéenne et l’embauche comme juriste dans sa branche des industries électriques et gazières, à La Défense. Frédérique a 22 ans. Elle côtoie RTE pendant trois ans, gagne bien sa vie. « J’avais une position très confortable, j’aurais pu m’en contenter ! », se souvient la jeune femme.

Mais figer sa vie à 25 ans, ce n’est pas dans les projets de la jeune employée. « J’aime être libre de mon argumentation, choisir l’angle de ce que j’écris, sous réserve, bien sûr, de l’accord de mon client », souligne-t-elle. Ses aspirations comme ses racines sont ailleurs. « Les parfums et les saveurs des Antilles me manquaient », reconnaît la jeune avocate. Ses compétences, qui s’imposent déjà avec une certaine maturité dans son réseau professionnel, seront les outils du changement. Logique, Frédérique opte pour le statut libéral : elle sera avocate, pour le plaisir intellectuel, et pour la mobilité. Elle s’envole pour la Martinique, où elle passe l’examen d’entrée à l’Ecole d’Avocats.). Puis petit détour d’un an au sein du siège martiniquais de GBH comme juriste en droit social. C’est que la demoiselle a été recrutée avant de se savoir acceptée à l’Ecole d’Avocats… En octobre 2013, Mme Lahaut devient Maître en prêtant serment à Paris, où elle commence à exercer dans un cabinet de renom, au terme de 18 mois de formation. Pari tenu.

Aujourd’hui, l’avocate se félicite d’avoir ouvert son cabinet pointois. « C’est très épanouissant de traiter un dossier du début à la fin. La dimension humaine de ce métier me touche : j’ai conscience qu’en accompagnant un client, je peux contribuer à ce que sa vie change et à ce qu’il retrouve une certaine forme de dignité », révèle la jeune femme, sans cacher son goût pour le jeu rhétorique. « Emporter l’adhésion des juges, parvenir à les convaincre du bienfondé de la position du client, c’est une grande satisfaction intellectuelle pour moi ». Maître Lahaut nourrit une affection particulière pour ces heures tardives « où, le calme revenu au cabinet, je passe de longs moments à rédiger de belles conclusions ou à préparer ma plaidoirie. C’est un luxe, un grand plaisir ».

Du métier d’avocat, Maître Lahaut a une définition exigeante.
« C’est être capable de tout : plaider, gérer une entreprise et ses problématiques, mais surtout respecter les cinq composantes du serment d’avocat – dignité, conscience, indépendance, probité et humanité – dans ses relations avec les clients, les confrères et les juges et ce, dans un environnement règlementaire qui ne cesse d’évoluer ».

Fraichement installée (son cabinet est ouvert depuis février 2015), Maître Lahaut n’en est pas moins très sollicitée.
« C’est le bouche à oreille ! », glisse-t-elle. Meilleur gage de compétence, sa notoriété montante fait d’elle une référence dans ses domaines de compétences privilégiés : droit du travail et de la sécurité sociale. Licenciements, ruptures conventionnelles, accidents du travail, maladies professionnelles, règlement des indemnités journalières et cotisations sociales sont ses dadas. Mais pas que. La jeune femme n’a de cesse d’élargir son champ de compétences. Elle se formera prochainement en droit pénal et commercial à Pa-ris. Portée par une énergie débordante – « la seule chose qui me met de mauvaise humeur est la perspective de perdre un procès », concède-t-elle – Maître Lahaut projette d’agrandir son entreprise. « Je n’aime pas m’ennuyer », conclut-elle. Sans aucun doute.

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