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CCI Martinique : réhabilitation des zones d’activités économiques

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Espaces dédiés, depuis un demi-siècle, à l’accueil de nombreuses entreprises, les zones d’activités économiques ne passent pas inaperçues dans le paysage insulaire. Créées par la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Martinique dans les années 1960-70 (Place d’Armes, Lézarde, Jambette…), elles sont soixante-dix aujourd’hui.

Les ZAE sont fréquentées chaque année par des centaines de milliers de clients. Des dizaines de milliers de salariés et d’entrepreneurs y travaillent. Si leur poids économique est avéré, la vétusté des infrastructures, la dégradation des conditions d’activités et des paysages est à déplorer.

La CCI Martinique a convaincu ses partenaires de la nécessité d’un référentiel commun pour faire évoluer la situation.

Une charte, baptisée « Démarche qualité pour la réhabilitation des ZAE de Martinique », a ainsi été élaborée grâce à l’expertise de PALME : association nationale pour la qualité environnementale et le développement durable des territoires d’activité. Elle vise la réhabilitation de ces espaces dans une logique de développement durable. Elle définit pour cela une méthodologie de projet.

A l’invitation de la Compagnie consulaire, le document-cadre à été signé, le 7 octobre 2016, au 50 rue Ernest Deproge à Fort-de-France par: la Collectivité Territoriale de Martinique, l’ADEME, la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, la CACEM, CAP Nord, l’Espace Sud, la Fédération des Zones d’Activités Economiques de Martinique et l’Association PALME. Les signataires s’engagent, avant tout projet de réhabilitation, à se poser la question de la cohérence entre leurs ambitions et les besoins économiques réels du territoire. Ils sont invités à agir en concertation, à réfléchir aux attentes des clients et des usagers (salariés). Enfin, ils penseront développement durable comme atout du développement économique. Ainsi la charte qualité permettra de répondre aux enjeux inhérents à la réhabilitation des ZAE. Il s’agit d’assurer la cohérence entre ambition et besoin économique, la gouvernance des projets dont la « maintenance préventive ». Il faudra également repenser les attentes clients et les attentes usagers. Le développement durable étant un atout du développement économique, il est également temps d’évaluer les impacts de la réhabilitation sur la santé publique.

Retrouvez la Charte qualité
ZAE sur le site de la CCI Martinique :
www.martinique.cci.fr

 

Fédération des zones d’activités économiques de Martinique : en route vers demain !

M. Jean-Pierre Bidault des Chaumes, président et initiateur de la Fédération des zones d’activités économiques de Martinique, nous expose le rôle et les objectifs de cette association créée en octobre dernier.

Quels constats et problématiques ont impulsé la création de la Fédération des ZAE de Martinique ?

Ma fonction de gestionnaire de l’ASL des Mangles a initié la démarche. A ce titre, je me suis interrogé sur les besoins actuels et futurs de ma zone pour qu’elle reste attractive. J’ai alors constaté des dysfonctionnements communs à l’ensemble des zones : circulation, sécurité, réseaux, aménagements… Dès lors, la réhabilitation à entreprendre a suscité une question : quelles sont les forces vives (y compris publiques) concernées, compte tenu de la hauteur des investissements requis ? Les réponses ont révélé deux problématiques majeures : le dialogue et la concertation entre les acteurs privés et publics (multiplicité d’acteurs, schéma de gouvernance différente entre privé et public, absence de gouvernance de certaines zones…). Pour être entendus, nous n’avions d’autre alternative que de se fédérer pour devenir interlocuteur commun, de poids, face à des institutions et des pouvoirs publics.

En quoi la CCIM a-t-elle pu vous guider dans la suite du projet ? 

La CCIM nous a orientés vers l’association PALME (association nationale pour la qualité environnementale et le développement durable des territoires d’activité). Les échanges avec PALME et la CCIM ont appuyé le projet de création d’une fédération des ZAE qui représente ses membres auprès d’acteurs publics en charge de l’aménagement du territoire dans le but de réhabiliter, de gérer et d’animer les zones de Martinique, en prenant aussi en compte la question du développement durable.

Quel est l’intérêt pour une zone d’adhérer à la Fédération ?

Le poids qu’elle représente (surface de foncier économique, nombre d’entreprises, nombre d’emplois,…) légitime qu’elle se positionne très clairement en tant qu’acteur “politique” émanant des zones d’activités. Elle représente les propriétaires et usagers auprès des pouvoirs publics et trouve sa place au côté de la CCIM, des communautés d’agglomération, de la CTM, de l’ADEME…

Notre rôle est de mutualiser les problématiques, de mobiliser des responsables sur les zones adhérentes, de mener une politique commune et de globaliser des données pour être moteur de la modernisation et du développement durable du territoire.

Sur le plan juridique, nous serons également aidés par la loi Notre qui donne compétence aux communautés d’agglomération sur les ZAE. En outre, la Fédération permettra aux collectivités d’entrer en contact avec les entreprises privées, surtout dans le cadre de la gestion des risques naturels et technologiques.

Quelles sont les thématiques des priorités à partir de 2017 ?

Dès 2017, il s’agira d’œuvrer à la construction des zones de demain qui nécessite de mettre en place de la fibre optique, réel levier de développement aux entreprises, dans les ZAE, en les reliant ainsi au monde entier, par une véritable « autoroute numérique » à des coûts raisonnables. Nous avons aussi comme objectif de favoriser l’accès et la mobilité dans les zones, de fluidifier la circulation et de tracer une liaison intra/interzone (via des navettes électriques). Il faut également garantir une gestion raisonnable du bien commun et une cohabitation intelligente entre l’espace naturel (mangrove) et l’espace économique, organiser un service commun de voirie, de traitement des déchets et valoriser les déchets recyclables (bois, papier, carton). Nous avons comme projet d’harmoniser et d’aménager l’environnement paysager au profit des usagers et salariés (zones ombragées, vertes…, de revoir la signalétique et réduire la pollution visuelle : affichage d’enseignes, charte graphique commune de la signalisation directionnelle. La mutualisation des moyens d’identification et de géolocalisation des activités dans les ZAE adhérentes par un portail internet commun fait aussi partie de nos priorités ainsi que leur sécurisation, l’instauration d’un système mutualisé de gardiennage et enfin l’accompagnement à la création d’ASL dans les zones qui n’ont pas de gouvernance.

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