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Les dérives de l’infobésité

Johan Equixor

La démocratisation d’internet offre au plus grand nombre l’accès à une masse d’informations tellement énorme que de nombreux analystes craignent l’overdose. Cet excès de contenus, baptisé ironiquement « infobésité » (contraction des termes « information » et « obésité »), soulève aussi la question de la montée des fausses nouvelles.

En démocratisant l’accès aux outils de production et de diffusion de contenus, le numérique a totalement bouleversé notre rapport à l’information.

A l’aide d’un simple smartphone connecté à internet, n’importe qui peut désormais partager une actualité de façon instantanée auprès d’une très large audience.

Résultat : la production de contenus n’a jamais été aussi soutenue. Avec plus de 400 milliards de photos mises en ligne chaque année, 800 000 nouveaux sites créés chaque mois, un milliard de nouveaux documents postés chaque jour sur Facebook et pas moins de 300 000 tweets envoyés chaque minute, l’Humanité est capable de créer en seulement deux jours autant d’informations qu’elle l’a fait entre les débuts de la civilisation et le début du XXIème siècle.

Loin de s’essouffler, le phénomène connaît a contrario, une croissance exponentielle puisque l’on estime que le volume d’informations disponibles sur le net augmente de plus de 340 % chaque année. Son ampleur est telle que les spécialistes ont inventé le terme « d’infobésité » pour désigner la surcharge de contenus à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui.

Le choix de ce mot-valise est loin d’être anodin puisqu’il illustre les dérives qui découlent de cette surabondance.

L’importance des sources de confiance

En premier lieu, l’explosion du nombre de fausses informations. On se souvient ainsi de l’annonce du décès de l’acteur Jean Dujardin en 2011. Relayée par LePost.fr, un site communautaire appartenant au très sérieux journal Le Monde, la rumeur avait été lancée par des membres du forum de Jeuxvidéos.com qui «s’ennuyaient». Sur le département, plusieurs rumeurs évoquant une possible grève dans les stations-service avaient entraîné la ruée des automobilistes vers les pompes.

Il arrive ainsi que ces fausses informations soient créées de façon volontaire. Baptisées « Hoax » chez les anglo-saxons, « canulars » dans notre langue, ces «infos-bidons» surprennent par l’ampleur et la vitesse à laquelle elles se propagent. Tout le monde a ainsi lu un jour un message indiquant que Facebook pourrait devenir payant sauf à copier une phrase sur son mur.

Pour éviter de tomber dans le panneau, la meilleure solution consiste à s’intéresser à la source de l’information. Bien que critiquée, la presse fait encore figure d’autorité en matière d’actualité. De fait, si une information importante et relayée en masse sur le net n’a fait l’objet d’aucun article dans la presse, il est plus sage de la considérer avec prudence.

En cas de doute, une recherche sur des portails spécialisés dans les canulars tels que Hoabuxter ou Hoaxkiller peut se révéler utile. Enfin, certains médias traditionnels se sont attaqués frontalement au problème des fausses informations en mettant en place des rubriques spécialisées dans leur décorticage. Si le « Décodeur » du Monde ou « l’Inspecteur viral » du journal en ligne Metro font référence, il existe de nombreux autres outils.

Les consulter devrait faire partie des réflexes à acquérir pour quiconque souhaite éviter de relayer des fausses informations… déjà bien trop nombreuses.

Johan Equixor

jequixor@runconcept.com – www.runconcept.com

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