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Le FabLab de Jarry transforme le déchet plastique en objet utile

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Le FabLab de Jarry est un tiers lieux – espace de hobby où l’on passe le plus de temps après la maison et le travail – qu’affectionne une communauté de 60 membres. De cet atelier de 300 m2 soutenu par la Fondation Orange pour sa prodigieuse créativité, il sort des objets numériques à la vocation claire : prouver que l’économie circulaire, c’est possible.

Par Julie Clerc

On y trouve des découpeuses numériques, des scanners 3D, des ordinateurs en pièces et des perceuses : le FabLab de Jarry est un laboratoire-fourmilière à la philosophie collaborative. Ici on parle open source : savoir-faire et données sont partagés avec les 3000 FabLab présents dans le monde. C’est aussi un lieu social où échangent informaticiens, cuisiniers, ingénieurs ou décorateurs d’intérieurs, tous bénévoles. « Chacun a un pseudo pour éviter la hiérarchie sociale », confirme Cortex, le président du FabLab de Jarry. « Si un membre obtient l’adhésion de la communauté à son projet, une équipe va se constituer naturellement, avec tout ou partie des compétences nécessaires à l’émergence du projet. Les lacunes seront comblées par de la pédagogie active entre « fablabeurs »». Un concept réussi qui essaime avec l’ouverture prochaine du FabLab de Fort-de-France, toujours soutenu par la Fondation Orange.

L’imprimante 3D, technologie de rupture

Résultat : le FabLab crée des pépites adaptables aux besoins locaux. Un exemple ? L’imprimante 3D que nous dévoile Cortex.

« C’est un produit de rupture : on change le paradigme de la fabrication. Avant, une création, pour voir le jour, passait par un process industriel. Avec l’imprimante 3D, ces processus sont simplifiés et sont à la portée de tous. Pour créer une figurine, exit le moule et la production en grandes quantités. On profile la pièce sur ordinateur et on appuye sur le bouton impression », explique le président. « Nous avons d’abord acquis une imprimante 3D. Pendant un an et demi, nous en avons dessiné l’architecture et étudié le fonctionnement pour le reproduire. Une imprimante 3D est chère à l’achat : pour la rendre accessible à tous, nous avons conçu la nôtre à 90% avec des composants récupérés dans les poubelles ! », se félicite Cortex.

Revaloriser les déchets

Avec le respect de l’environnement comme leitmotiv, le FabLab va encore plus loin dans la revalorisation des déchets. « Le matériau que nous imprimons est du plastique. Alors, autant aller le chercher sur les plages et dans les bennes ! » Mais surtout, me direz-vous, à quoi sert une imprimante 3D ? « A réparer montres, jouets, électroménagers ou ordinateurs en reproduisant un bouton marche-arrêt ou un manche ! »
Une façon efficace de lutter contre l’obsolescence programmée… et de consommer moins.

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