MASTER SALAD : Finies les salades !

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Nous vous parlions de leur projet il y a déjà un an dans le Madinmag… aujourd’hui, Philippe Soundorom et Huguette Lamartinière sont fiers d’annoncer l’ouverture de leur nouvelle usine et de tordre le cou aux idées reçues sur l’immobilisme. Rencontre avec deux jeunes entrepreneurs, symboles d’une Martinique vivante et bien décidée à s’occuper d’elle-même.

Comment l’idée de MasterSalad a-t-elle germé ?

Huguette Lamartinière : Tout est parti d’un constat, arrosé d’une envie : celle de consommer, chaque jour si on le souhaite, de la salade et des crudités fraîches de qualité.

Une envie de produits locaux de qualité identique à ceux de la Métropole, sans aucune surtaxe absurde due aux transports et aux intermédiaires.

Ce principe existe déjà en Guadeloupe, mais à petite échelle, dans les communes… nous avons décidé d’instaurer ce concept à la Martinique à l’échelle industrielle.

Tout est parti d’une petite graine qui n’a plus cessé de germer…

 

La germination fut-elle simple ?

Philippe Soundorom : Vous n’imaginez pas à quel point il a fallu nous battre ! Ce sont trois années de croisades qui mériteraient d’être racontées dans un livre.

Nous avons affronté les idées reçues, l’immobilisme, les refus, les moqueries…

Mais vous avez tenu bon.

PS : Nous n’avons pas douté une seule fois. Notre projet était limpide, évident, immanquable, et nous en étions intimement convaincus. Il fallait en revanche convaincre les autres !

Alors nous avons parcouru les salons, multiplié les rencontres, les appels à projets… notre réseau s’est agrandi et cela nous a permis de croiser la route de personnes qui ont cru en cette idée. M. Martel notamment, le PDG de VITACROC à Châteaurenard, qui nous a beaucoup aidés et conseillés.

 

Quelle a été la plus grande difficulté rencontrée ?

PS : Les banquiers ! (rires) Le rapport avec les banques et la société de cautionnement a été très dur, beaucoup ne nous ont même pas reçus, malgré notre projet parfaitement calculé. Tout était planifié, et personne n’en voulait.

C’est fou quand on y repense, et cela en dit long sur les mentalités : pourquoi refuser à ce point d’investir dans la nouveauté ? C’est finalement une banque marseillaise, via sa filiale martiniquaise, qui nous a financés le plus gros de l’investissement, et tout s’est bien déroulé avec eux. Ils se sont montrés très compréhensifs.

Entre-temps, notre projet avait pris plus d’ampleur et avait été repensé dans une logique industrielle de production à grande échelle.

 

L’heure est enfin venue de lever voile : quelle surprise préparez-vous aux martiniquais ?

HL : Nous allons mettre en vente, dans les grandes surfaces, de la laitue, des crudités et des salades de fruits prêtes à l’emploi.

Nos produits sont 100% locaux, épluchés, coupés et conditionnés dans notre usine flambant neuve de Saint-Joseph, et puisque nous supprimons les intermédiaires, afin de relier directement les agriculteurs et les consommateurs, les prix vont sérieusement défier la concurrence.

À titre d’exemple, un sachet de laitue iceberg de première fraîcheur de 250g devrait coûter moins de 3 € ! (contre presque 6 € pour le même produit importé, ndlr.)

 

Moins de 3 € c’est vraiment unique. C’est vrai qu’on a toujours l’impression d’y laisser un bras pour manger une bonne salade…

HL : Cela n’arrivera plus. On entend toujours dire « il faut consommer local » mais dès que quelqu’un a des idées pour appliquer cette doctrine, on lui rit au nez.

Nous prouvons aujourd’hui que c’est possible et nous en sommes très fiers. Notre objectif est de proposer des prix abordables, moins chers qu’ailleurs, et que tout le monde s’y retrouve : autant l’agriculteur que le producteur et le distributeur et, bien entendu, le consommateur.

De la graine à l’assiette en quelque sorte !

 

Comment expliquez-vous le prix élevé des produits locaux dans les rayons ?

PS : La production n’est pas planifiée, ce qui fait flamber les prix. C’est de la logique mathématique : le supermarché achète « à la pièce » la production de quelques exploitations agricoles, et tente de vendre au jour le jour sans perdre d’argent. Donc ils demandent le prix fort. MasterSalad centralise désormais toutes ces productions en un seul endroit en permettant aux agriculteurs d’écouler leurs produits. Nous sommes heureux de mettre ainsi en avant l’activité locale : le travail de la terre est dur, exigeant et rarement gratifiant. Désormais il sera nettement revalorisé. D’ailleurs, que pensez-vous de nos magnifiques sachets ? Livrés ce matin ! (rires)

Ils sont superbes, j’ai hâte de les voir en magasin. Quels sont vos projets pour l’année prochaine, maintenant que la production est lancée ?

Le défi immédiat est de mettre nos produits en avant dans les rayons. Gagner en visibilité, en renommée, et surtout gagner le cœur des consommateurs.

Nous avons de nombreuses idées pour décliner notre gamme : condiments hachés (ail, oignons, piments…), des soupes, des barquettes de salade composée… nous continuerons coûte que coûte à soutenir l’agriculture martiniquaise.

 

Consommer local, c’est faire vivre notre île.