Passionnée depuis l’adolescence, Jaëlle Barthélemi a relevé le défi de faire sa place dans un milieu à connotation plutôt masculine. Son opiniâtreté semble avoir porté ses fruits ; jeune ingénieure au sein de la société Nofrayane (groupe Vinci Construction Dom-Tom), Jaëlle évoque un parcours « linéaire » selon elle, brillant, pour tout un chacun.

 

« C’est une passion qui a commencé dès mon entrée en seconde au lycée Léon Gontran Damas », confie la jeune femme qui avait choisi Nofrayane, « une entreprise avec des perspectives d’embauche », pour effectuer son dernier stage en fin de licence professionnelle de Génie Civil. Après trois mois au service des études de prix et un mois passé sur les chantiers, l’expérience a immédiatement débouché sur une embauche. Et contre toute attente, c’est le vécu sur le chantier de la cité administrative régionale, en tant qu’aide-conductrice de travaux, qui aura d’abord séduit la future ingénieure. Sur le terrain durant près de deux ans, Jaëlle se donne toutes les chances pour évoluer et décide, dans le même temps, de poursuivre ses études en cours du soir, afin de passer son diplôme d’ingénieure en génie-civil.

Elle ne tarde pas à trouver une motivation supplémentaire dans cette voie difficile, puisque c’est durant cette période qu’elle rencontre son mari. Rapidement, elle décroche un second emploi à temps plein, celui de maman !

Jeune diplômée, Jaëlle met au placard les chaussures de sécurité pour passer de l’autre côté du chantier. Aujourd’hui, adjointe au responsable du service études de prix, ses missions sont variées : elle répond aux appels d’offres de marchés publics et privés, détecte les affaires publiées dans la presse, procède au chiffrage des projets en collaborant avec les architectes, les bureaux d’études et les entreprises sous-traitantes et négocie notamment avec les clients.

Le goût du travail bien fait

« C’est important d’aimer ce que l’on fait ». Au-delà de la motivation évidente, Jaëlle évoque son parcours. C’est le plaisir avec lequel elle le fait qui transparaît. Des difficultés, la jeune femme en a rencontrés, « être la seule femme à travailler sur un chantier, c’est impressionnant au début, il faut être maligne, avoir du caractère et être diplomate. Au final, les hommes ne sont pas mécontents d’une présence féminine et on finit presque par être chouchoutée ! »

« Il n’est de richesses que d’hommes »

La devise de Nofrayane, inspirée par Jean Bodin, résume parfaitement l’état d’esprit de la jeune femme qui juge fort agréable de passer à côté d’une construction, en sachant que l’on a contribué à sa réalisation.

« Au-delà des échanges avec les architectes, les bureaux d’études et tout un corps de métiers, c’est un milieu de partage, une grande famille avec des valeurs fortes. »

C’est un travail qui demande beaucoup d’énergie, de rigueur et une capacité d’adaptation. En effet, comme le souligne la jeune ingénieure, il faut pouvoir être disponible pour être en mesure de répondre aux différents appels d’offres nécessitant des heures de labeur y compris les week-ends. « Trop de jeunes ont peu conscience de cette réalité. Aujourd’hui, nous voyons des étudiants dont l’unique motivation est l’argent. Mais il faut bien avoir conscience que tout salaire se mérite et que les évolutions de carrière sont souvent le résultat d’un travail intense. »

Actuellement, d’autres projets motivent la jeune femme, telle que la promotion immobilière, en développement au sein de la société Nofrayane en Guyane.

Sur 200 salariés environ, Nofrayane compte une quinzaine de femmes dont quelques-unes exercent sur chantier. Comme Jaëlle, ce sont « des femmes de caractère », des mamans, des passionnées, des femmes qui font résonner à nos oreilles un petit air de Jean Ferrat : « la femme est l’avenir de l’homme »…