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Chronique de A. : Comment épouser son banquier ?… ou presque 

Comment épouser son banquier ?… ou presque.

On a mille raisons de comparer sa relation avec son banquier à un mariage. Comme pour les noces, tout commence par un contrat. Au moment de la signature, les deux mariés se montrent sous leur meilleur jour. Ils ont en général le sourire, et l’un des deux au moins n’est pas regardant sur les détails. Il ou elle signe les yeux fermés, plein de reconnaissance et de dévouement. L’autre est heureux de sceller une alliance qui pourrait lui rapporter gros. Notez quand même cette différence de taille : le banquier offre rarement le banquet !

Pendant deux ou trois ans, les âmes sont légères et la confiance est de mise, de part et d’autre. L’argent n’est jamais une source de dispute. L’un ramène son salaire, l’autre gère la bourse. Le premier ne s’inquiète pas des comp-tes détaillés et le second s’applique à faire fructifier l’épargne du ménage. Quand l’un des deux oublie la date, l’autre pardonne.

Et puis arrivent les premiers coups de canif au contrat. Jusqu’au jour où un époux se voit obligé de négocier une nouvelle disposition ou un aménagement des règles de base. ça arrive quand l’un des deux s’accroche à un investissement déraisonnable : une voiture ou pire, une maison. Il voit alors se profiler les premiers doutes. Pour signer, le partenaire-toujours-d’accord-des-débuts exige des garanties qu´on n’aurait même pas osé imposer à un repris de justice. Pour la voiture, il faudrait engager la maison ; pour la maison, vendre sa mère ou presque. C’est alors que la frustration grignote peu à peu le couple. L’investisseur malheureux en veut terriblement au cosignataire du contrat qui l’a privé de cette dépense, tandis que le banquier-époux (ou la banquière-épouse, ça marche dans les deux sens) doute désormais du sérieux de l’imprudent(e) avec qui il (elle) s’est engagé(e) a priori pour la vie. Les sourires deviennent plus rares et finalement, l’affaire tourne à la guerre de tranchées.

Les deux mariés ne s’épargnent rien. Dès que le premier a du retard, il se voit gratifier de remontrances aigres, souvent assorties de sanctions financières. Le banquier appliquera des pénalités ;
l’époux ou l’épouse, des coupes franches dans les dépenses-plaisir.

C’est le moment que choisit le partenaire frustré pour lorgner sur les autres offres du marché. D’autant qu’Internet lui rappelle quotidiennement qu’il y a mieux ailleurs. Une relation facile, sans contrainte matérielle, qui ne vous oblige pas à vous déplacer et qui vous fait des cadeaux dès le premier rapport. Le rêve, quoi. Dans le mariage, ça s’appelle un adultère. Dans la finance, une banque en ligne. Dans les deux cas, c’est efficace. Jusqu’à ce que l’affaire tourne au divorce ! Car mesdames et messieurs les banquiers, les temps changent aussi dans vos vénérables institutions ! Aujourd’hui, les jeunes clients ne se sentent plus bourses et poings liés par leur mariage. Et les changements de partenaires sont monnaie courante. Et même, figurez-vous, ils sont de plus en plus nombreux à en avoir plusieurs en même temps !

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