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DOSSIER BIO : De la terre à l’assiette
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DOSSIER BIO : De la terre à l’assiette 

A Cœur Bouliki, en Martinique, loin des tumultes urbains, se niche une ferme biologique. David Dondin, jeune agriculteur, y cultive depuis 2012 des légumes de saison et des herbes aromatiques. Rencontre avec un précurseur.

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’agriculture biologique ?

Je suis issu d’une famille d’agriculteurs, et le terrain de Bouliki Bio a longtemps été utilisé pour des plantations de fleurs et de légumes. J’ai d’abord travaillé en tant que conseiller environnement, mais je me suis rapidement rendu compte que je ne pouvais pas rester dans un bureau ! Je voulais agir plus concrètement en faveur du développement durable et permettre à ma famille de se nourrir de produits sains. La décision d’implanter une ferme biologique sur l’exploitation familiale s’est imposée naturellement. J’ai eu de la chance : notre terrain se trouvant dans le périmètre protégé de captation d’eau de Coeur Bouliki, il n’était pas contaminé par les pesticides !

Le label bio est très contraignant. Quelles techniques utilisez-vous pour le conserver ? 

La certification est en effet exigeante, parce qu’elle doit garantir au consommateur la traçabilité des produits labellisés. Mais cultiver bio, c’est surtout cultiver selon le rythme des saisons, le type de sol, le microclimat… C’est aussi utiliser des semences et de l’engrais organiques certifiés, et pour ce dernier, dans une quantité raisonnable. J’ai opté pour la permaculture, une technique de culture sans labour qui favorise la fertilité naturelle du sol, augmente la surface de culture et facilite la récolte.

Je fabrique moi-même mon engrais organique, avec du bois décomposé, des herbes broyées et du compost. Et je ne lutte pas contre les insectes :
je leur laisse 25% de ma récolte ! Pour pallier cette perte,
je plante plus. C’est beaucoup de travail, mais au final, je ne regrette pas : je crée mon propre écosystème.

Vous vendez vos fruits et légumes sur des marchés bio. Avez-vous d’autres activités ?

Les marchés représentent un part de moins en moins importante de mon activité. Mes clients viennent sur l’exploitation car ils apprécient de récolter eux-mêmes ce qu’ils mangent !
Ils trouvent ici une grande variété de légumes et de fruits : des carottes, de la laitue, du concombre, de la coriandre, du basilic thaïlandais, des épinards japonais, de la papaye… En plus du maraîchage, je prépare des confitures et des condiments : pesto, caviar d’aubergine blanche, confiture de patate douce et maracudja, de papaye et menthe, de caramel salé à l’atoumo… Bientôt je proposerai des ateliers d’agriculture bio. Je souhaite transmettre mon savoir-faire pour que chaque Martiniquais puisse produire une partie de ce qu’il mange.

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