Ce texte est extrait du Livre Bleu de Contact-Entreprise qui est téléchargeable gratuitement sur www.contact-entreprises.com

Plus qu’aucune autre région, la Martinique doit être sensible aux thèmes de la transition écologique et de la préservation de notre biodiversité, sur terre comme en mer.

4 enjeux nous concernent directement : développer de nouvelles sources d’énergies renouvelables, recycler plus, produire localement à partir de nos ressources îliennes et imaginer une nouvelle organisation des villes.

Nous avons la mer et le vent, nous avons le soleil, nous avons une terre riche : nous avons un potentiel de test grandeur nature de nouvelles sources d’énergie qui méritent d’être développées. Nombreuses sont les RUP (régions ultrapériphériques ) à vouloir se positionner sur les nouvelles énergies. Nous avons commencé à investir dans certaines technologies prometteuses.

Et si nous devions faire des vrais choix, pour aller au bout du développement d’une vraie filière de R&D (recherche et développement), s’appuyant à la fois sur des équipes universitaires, un partenaire industriel et un soutien de l’Europe ?
La piste des ETM, l’énergie maréthermique, mérite a priori d’être creusée : les conditions naturelles s’y prêtent et toutes les îles n’ont pas l’opportunité de tester ce type d’énergie renouvelable. Quelles que soient la ou les pistes retenues, la recherche, la formation devront travailler en synergie avec le monde de l’entreprise pour construire les énergies utiles de demain.

Autre piste qui s’inscrit dans l’évolution inéluctable de l’économie : favoriser au maximum l’économie du recyclage. Seuls, nous sommes trop petits. A l’échelle de la Caraïbe, nous pouvons imaginer de nouvelles manières d’organiser les filières de recyclage. Chaque île pourrait se spécialiser dans un matériau, et devenir ainsi productrice de « matières premières secondaires ».

Produire localement est un enjeu-clé, à l’heure où la mondialisation change de nature et où, sous certains aspects, la « démondialisation » est une idée qui fait son chemin pour le commerce de certains produits, notamment les produits alimentaires.

A court-terme, notre PIL (Produit Industriel local) coûte plus cher. Et pourtant, son bilan social et écologique doit être mis en regard du bilan économique. Partageons donc l’idée que le coût global du PIL est peut-être plus positif qu’il n’y paraît, si tous les acteurs et notamment la distribution jouent le jeu. Dans de nombreux secteurs, le « patriotisme martiniquais » peut créer les conditions d’une taille de marché minimum, qui rend possible la relocalisation en Martinique de certaines activités industrielles de transformation… surtout si nous avons en ligne de mire de pouvoir développer des exportations de proximité vers les marchés voisins…

Nous pouvons aussi être plus audacieux, plus innovants et saisir l’opportunité de notre formidable biodiversité. Notre flore, que ce soient nos plantes ou nos algues, recèle des actifs naturels aux propriétés bénéfiques pour le corps plus ou moins bien connues par le grand public et plus ou moins reconnues par la communauté scientifique.

à l’heure où la planète vieillit et consomme de plus en plus de médicaments, la Martinique a peut-être quelques secrets pour vieillir moins vite, naturellement.

Partout dans les pays développés, les séniors comme les quadras ou quinquas cherchent des solutions naturelles pour préserver leur capital santé et prévenir le vieillissement.

Et si nous investissions dans la recherche, pour mettre en lumière les propriétés des plantes qui poussent ici ? Et si nous développions une nouvelle filière de pharmacopée à forte valeur ajoutée ?

Là encore, entrons de plain-pied dans l’économie du savoir et dans la valorisation de nos ressources naturelles les plus uniques et les plus précieuses.