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Frantz Maccow a la classe
Culture et plaisir, Karumag

Frantz Maccow a la classe 

Sainte Rose, 1968. Frantz Maccow a neuf ans. Avec son frère et des amis, il monte un orchestre typique où s’invitent à volonté biguine et compas. Les années ont passé et Frantz essaime désormais ses notes jazz au gré de l’alizé, dans des lieux où la musique se savoure.

Par Julie Clerc

Il gratte avec passion sa guitare jusqu’à ce qu’il fête ses quinze ans et que ses compagnons de scène lèvent le camp. « Ils partent à l’armée » lâche-t-il comme un regret. Pour Frantz Maxcow, c’est la fin d’un préambule, les concerts ne sont plus même si jamais, il le sait, on ne se départ de la musique. Son frère, lui, reste fidèle. Ensemble, ils créent la formation « La Selecta ». Mais Maccow a le regard happé ailleurs, il n’est plus vraiment à ce qu’il fait. « J’avoue, je jouais au football et peu à peu, ça a pris le pas sur la musique. » Il joue à la faveur des grandes vacances, mais son enthousiasme s’est fait la male. Exit les dièses et les demi-tons, pendant trente ans Maccow ne touche pas une seule fois une guitare. Silence.

Capture d’écran 2016-03-08 à 19.36.09

Un refrain de jazz s’affole

Il y a douze ans pourtant, ses amis comme un seul homme se liguent pour harceler le musicien qui leur fait faux bond depuis bien trop longtemps. « Ils m’ont mis une guitare dans les mains, et comme le football, à 45 ans, m’avait quitté, j’ai repris la musique » explique-t-il, laconique. De fil en aiguille, de médiators en arpèges, le son revient, l’envie s’épanouit, le tempo d’une biguine ou d’un refrain de jazz s’affole.

 

Capture d’écran 2016-03-08 à 19.36.04« ça vous reste dans le sang. »

Aujourd’hui, Maccow est jazzy, il caresse les grands standards, flatte les belles biguines traditionnelles. Au son de ses cordes la bossa nova et la musique latine s’empourprent, le jazz lui-même trouve un nouveau mentor, léger, inspiré et précis. Maccow évolue le plus souvent en solo, parfois s’entoure d’un équipage compétent, mais qui jamais n’excède le trio. Jean Ouka à la guitare, Christophe Charini au saxophone : ces trois-là illuminent les morceaux dont ils s’emparent. Maccow est d’une modestie rare, proportionnelle à son talent. « Je suis un simple guitariste, mais j’ai la sensation que ce que je fais plait aux gens » s’excuse-t-il. Frantz a ses chouchous : Misty de Erroll Garner, La Sirène chantée par Edith Lefel, Desafinado de Jobim, L’amour à Montréal d’Alain Jean-Marie. Aujourd’hui, il ménage toute la place nécessaire à sa passion musicale. C’est qu’il a des musiciens pour famille, et « quand on commence à jouer jeune, ça vous reste dans le sang » résume-t-il. Maccow, vous l’écouterez dans des restaurants et des pianos bars, à la Route du Rhum à la marina Bas du Fort, au Misty à Petit Bourg et, bientôt, le lundi soir au D’ Tour à Morne Vergain, derrière l’Instant. Frantz Maccow est un homme discret mais on le voit partout. Le summum de la classe.

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