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Une volaille « pays » industrielle et traditionnelle

La Coopérative des fermiers du Sud

Du carri poulet au poulet grillé, du coq massalé au chapon de Noël, la volaille a la cote auprès des Réunionnais.
La Coopérative des fermiers du Sud contribue à la tradition de la volaille pays et a encore de beaux jours devant elle. `

Par Benjamin Postaire

« Le fil conducteur des fermiers du Sud, c’est de conserver les ingrédients d’une production de volailles traditionnelle ». Kevin Chaussalet, directeur de la Coopérative des fermiers du Sud, ne transige pas avec la qualité. « Nos coqs sont tous élevés en liberté. La journée, ils sont dehors sur des parcours car les bâtiments sont constamment ouverts », ajoute-t-il. C’est le meilleur moyen, pour ne pas dire l’unique, d’avoir des volailles en bonne santé et donc une viande de meilleure qualité.

Le « coq la kour » n’est donc pas mort, même lorsqu’il est produit de manière industrielle et vendu en grande surface. « Nous sommes très vigilants à garder le bon compromis entre l’élevage industriel et le savoir-faire traditionnel », précise Kevin Chaussalet. Nouvelle preuve avec le poulet, 80% de la production de la coopérative : « Le poulet blanc est jauni grâce à une alimentation spécifique pour rappeler le poulet nourri au maïs d’autrefois », explique celui qui a pris la tête de la coopérative en 2016.

Cette volonté de garder une approche traditionnelle et qualitative, implique un cahier des charges strict et un plan alimentaire bien spécifique. Le poulet est nourri plus longtemps car « nous produisons des poulets dits ‘lourds’ d’environ 2,2kg au moment de l’abattage », précise Kevin Chaussalet. En plus des poulets jaunis et des coqs, les fermiers du Sud produisent pintades et canards ainsi que, pour les fêtes de fin d’année, oies et autres chapons. Au total, 6 398 tonnes de viandes produites en 2016, une augmentation de 20% par rapport à 2015.

Concurrencer l’importation sur la gamme surgelée

La Coopérative des fermiers du Sud se porte bien, c’est le moins que l’on puisse dire. Une croissance tous les ans à deux chiffres, fruit d’une politique parfaitement menée : « Depuis 2012 et le passage du statut d’association à celui de coopérative, nous n’avons pas augmenté le nombre d’élevages, en revanche nos éleveurs ont agrandi leur surface d’exploitation pour tendre vers le niveau de référence de 600m² », explique Kevin Chaussalet.

La Coopérative des fermiers du Sud est issue de l’association du même nom créée en 2006 par l’abattoir Duchemann et Grondin. Confrontée à une forte demande et au besoin de mieux fédérer et aider les producteurs, l’association s’est transformée en coopérative. Adhérente à la FRCA et en cours d’agrément de la Mention Valorisante « Produits Pays Réunion », les produits des fermiers du Sud sont vendus sous la marque Kokoriko. Actuellement, 60% de la production se retrouvent dans les rayons des grandes surfaces et 20% dans les boucheries. Viennent ensuite les collectivités et les clients tiers. « Nous souhaitons davantage travailler avec les hôtels-cafés-restaurants », précise Kevin Chaussalet qui voit là un potentiel encore non exploité.

La Coopérative des fermiers du Sud souhaite dépasser la barre des 7 000 tonnes produites en 2017 et, surtout, concurrencer l’importation sur le marché de la volaille surgelée. « Les ventes de volailles fraîches n’augmentent que de 1% ou 2% par an, explique Kevin Chaussalet, en revanche les importations de viande de volaille s’élèvent à 20.000 tonnes par an ». Une gamme de produits surgelés est donc en phase de test et devrait très rapidement débarquer sur le marché. Car, qu’elle soit fraîche ou surgelée, préparée en carri ou en grillade, rien n’égale la volaille pays.

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