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Fétichiste du fouet
Hors série, Karumag

Fétichiste du fouet 

Il est 18 heures ce vendredi-là, des enfants, des garçons principalement, jouent à faire claquer leur fouet sur le sol en béton devant une vieille maison en bois à la façade colorée. Des hommes et quelques femmes déroulent des cordes, les coupent et les fixent aux manches des balais. Parmi eux, Yann Boraton, un fouettard de 29 ans. Collectionneur de fouets et membre du groupe carnavalesque Point D’Interrogation, il s’applique à fabriquer un fouet dont il n’aura jamais l’usage. Rencontre avec un passionné. 

Propos recueillis par Willy Gassion

Comment êtes-vous devenu fouettard ? 

Yann Boraton : J’ai toujours aimé les fouets. Enfant je les fabriquais avec une corde, les lacets de mes chaussures et l’élastique de mes shorts de sport. Je ne participais pas au carnaval, mais j’utilisais mes fouets devant la maison de mes parents quand passaient les groupes. Ce que j’aime dans le fouet c’est le bruit qu’il produit quand il claque le sol, on dirait une détonation.

Que représente le fouet pour vous ? 

Chaque année je confectionne des fouets mais c’est toujours le même que j’utilise au carnaval. Je n’arrive pas à m’en séparer, je l’ai depuis plusieurs années. Je possède plusieurs fouets qui ne me servent à rien, je continue à en fabriquer parce que j’aime ça. Pendant la période du carnaval, le dimanche soir à la fin des parades, je répare mon fouet pour le réutiliser le dimanche suivant. En dehors du carnaval, une fois par mois, je fais claquer mon fouet juste pour le plaisir, pour entendre son claquement. Je ne peux pas envisager le carnaval sans le fouet. Je dis toujours : le fouet avant tout !

Y a-t-il des précautions à prendre 

quand on fait claquer son fouet ? 

Le fouet peut être dangereux si on s’en sert mal. Il faut respecter des distances de sécurité pour ne pas se blesser, ne pas blesser les membres du groupe ni les spectateurs. Les accidents causés par des fouettards sont rares. Je peux comprendre que les gens aient peur mais nous sommes soucieux de la sécurité de tous, nous ne voulons pas gâcher la fête. Quand il y a des accidents, c’est parce que les fouettards n’ont pas utilisé la bonne corde pour confectionner leur fouet. Certaines cordes, comme les cordes à plomb, sont aujourd’hui interdites.

Whip Wielder

At dusk on this particular Friday night, children – boys, mostly – take turns cracking their whips against the concrete pavement in front of an old wooden house. Nearby, several adults are cutting lengths of rope and attaching them to wooden handles. Among them is 29-year-old Yann Boraton, a fouettard or whip wielder. This collector of whips and member of the carnival group Point D’Interrogation applies himself to making a whip that he’ll never use. Interview with an enthusiast.

How did you become a fouettard?

Yann Boraton: I’ve always loved the whips. As a child, I would make them out of rope, my shoelaces and the elastic waistband from my gym shorts. I wasn’t part of carnival, but I would use my whip in front of my parents’ house when the carnival groups would pass. What I like about the whip is the sound that it makes when it hits the ground; it’s like a detonation.

What does the whip represent for you?

Every year I make new whips, but I use the same one during carnival. I can’t part with it; I’ve had it for many years. Actually, I have a number of whips that I don’t use. I keep making them because I like doing it. During carnival, on Sunday night after the parade, I repair my whip to use it again the next Sunday. Outside of carnival, once a month, I crack my whip just for the pleasure of it, to hear that cracking sound – I’m my own carnival. Many people don’t understand why I’m still a fouettard; they think it’s childish. Some people believe that my place is with the musicians, but it isn’t. I can’t imagine carnival without the whip. Like I always say, nothing comes before the whip!

Are there any precautions to take before cracking the whip?

The whip can be dangerous when handled improperly. You must keep your distance to prevent harm to yourself, other members of the group and the spectators. Accidents caused by fouettards are rare. I can understand that people are afraid, but we’re careful about everyone’s safety, we don’t want to ruin the party. When there’s an accident, it’s because the fouttards haven’t used the right rope to make their whip. Some types of rope, such as lead-core ropes, are now prohibited. I make mine out of mooring lines. They make a great sound.

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