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« De la musique avant toute chose… »
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« De la musique avant toute chose… » 

« Et pour cela préfère l’impair… » conseillait Verlaine aux apprentis poètes. Il parlait de poésie, du rythme des vers et de leur musicalité. Verlaine serait bien surpris de voir cette règle appliquée de nos jours partout et à tout moment.

Impossible de garer sa voiture dans un parking, de faire ses courses au supermarché, d’entrer dans un restaurant ou dans un bar sans entendre de la musique… Et quand ce n’est pas la musique « d’ambiance »
pour tous, c’est de la musique sur « oreillettes » pour chacun…

Le silence serait-il si inquiétant ou signe de solitude ?

La musique pourrait-elle rassurer, bercer, encourager, protéger ? Elle est effectivement capable de s’adapter aux différentes situations : entraînante dans un bar pour mieux boire, joyeuse dans un centre commercial pour stimuler les achats, et classique dans les sous-sols pour calmer les angoisses. Ainsi en 2003 dans le métro de Londres on avait constaté 35% de vols et agressions de moins que d’habitude après la décision du maire d’y diffuser de la musique classique.

C’est une chose de reconnaître les pouvoirs de la musique, mais cela en est une autre de la réduire à des fins utilitaires et plus grave : cela revient à ne plus l’écouter.

Car cette possibilité de la diffuser en tout lieu, en tout temps, n’existe que depuis le XX° siècle, auparavant il fallait l’apprendre, la chanter, la pratiquer sur un instrument, la danser ou se rendre dans une salle, une église pour l’écouter. Toutes choses qui supposaient un effort, une préparation, une attente, une mise en écoute active. Et qui donnaient à la musique sa vivacité, sa majesté et toute sa puissance.

Alors que dire de cette écoute musicale « passive » ? De cette bouillie de sons déformés par les hauts parleurs ou par les oreillettes ? Sans parler des effets graves de la musique non-stop des baladeurs sur la santé auditive des plus jeunes.

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