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Courtes Lignes l’école du bonheur
Karumag, Portraits

Courtes Lignes l’école du bonheur 

C’est sur les planches qu’ils se sont rencontrés… et quarante ans plus tard, c’est toujours sur les planches qu’Anne-Marie et Claude-Georges Grimonprez partagent leur passion. 

Par Cécile Bonnet Faget

En 1993, ils créent en Guadeloupe leur propre compagnie : Courtes Lignes. Chaque printemps, la troupe amateur présente une nouvelle pièce, un rendez-vous attendu par le public guadeloupéen. « Des comédies, mais qui ont toujours un message à délivrer »,
précise Claude-Georges, acteur et metteur en scène.

Quand l’heure de la retraite sonne pour cet ancien fonctionnaire, en 2009, le couple y voit l’occasion de pousser plus loin encore son engagement et décide de fonder une école de théâtre. Il craque sur une ancienne distillerie, chemin de la Grippière, à Petit-Bourg. L’endroit est aussi charmant que son nom l’indique. Le bâtiment ressemble à un dock ? Qu’à cela ne tienne. Claude-Georges et Anne-Marie vont y installer une scène et aménager le local au fil des ans. La charpente inesthétique a été masquée par des tentures, des morceaux de décors et des portants encombrés de costumes occupent les moindres recoins et les affiches des spectacles qu’ils ont produits témoignent, sur les murs, de l’histoire de la compagnie. Un joyeux bazar qui ressemble aux maîtres des lieux : prolifiques, enthousiastes et passionnés. 

Le succès de l’école est immédiat. Démarrée avec trente élèves, l’école en comptait cent soixante-dix cette année ; des adultes, mais aussi des enfants et des adolescents. Un régisseur et trois professeurs collaborent aujourd’hui avec le couple.

L’organisation est bien rôdée. Les cours démarrent en septembre. Les apprentis comédiens, répartis en ateliers de six à douze élèves, s’inscrivent pour trente cours de deux heures, à raison d’un cours par semaine. Les premiers sont consacrés à l’acquisition des bases : respiration, occupation de l’espace, diction… A la fin du premier trimestre, vient le moment pour chacun des ateliers de préparer son spectacle. « A ce stade, je demande à chacun des élèves de s’engager à aller jusqu’au bout, c’est à dire jusqu’aux représentations de fin d’année, devant des spectateurs. Sans public, il n’y a pas de théâtre », explique Claude-Georges. Après des mois de répétitions, les six derniers cours de l’année sont l’occasion pour tous les élèves de se produire enfin. Débutants ou confirmés, tous les élèves goûtent ainsi au plaisir de la scène.

Car si beaucoup s’inscrivent au cours de théâtre pour vaincre leur timidité ou améliorer leur expression orale, tous y trouvent du plaisir. « Quand je me suis inscrit il y a cinq ans, c’était pour dévelop-per mes compétences professionnelles », explique Audy Eustache, responsable de l’aménagement à la ville de Baie-Mahault,
« je participe régulièrement à des séminaires et j’avais des réticences à prendre la parole en public. Le théâtre a levé ces blocages, mais j’ai continué. Aujourd’hui, je viens pour le plaisir de jouer et pour la convivialité ». « Courtes Lignes, c’est une grande famille, renchérit Anne-Marie. Nos élèves reflètent la diversité de la Guadeloupe. Tous les âges sont représentés, tous les milieux sociaux, toutes les ethnies et cette mixité crée une ambiance chaleureuse au sein de l’école ». 

Nous sommes en juin et l’année théâtrale touche à sa fin; depuis quelques semaines, des spectateurs se pressent chaque soir à la Grippière pour voir les représentations des élèves de l’école (l’entrée est gratuite). Pour Fabienne Pyree, c’est une grande première. Cela faisait une dizaine d’années qu’elle rêvait de monter sur les planches, de faire rire un public, mais sa carrière de cadre chez EDF ne lui en avait guère laissé le temps, avant cette année. Après sa troisième représentation, la pétillante Fabienne est rassurée : « Le trac ? il s’envole dès la première réplique… Si je me réinscris l’année prochaine ? Ca c’est sûr ! »

A vos agendas !

Cette année, la compagnie Courtes Lignes n’a pas donné de représentation (Anne-Marie et Claude Georges ont choisi de partir en vacances) mais rendez-vous est pris pour le printemps 2019 avec une comédie de Didier Caron : « Le jardin d’Alphonse » ; après les obsèques du vieil Alphonse, ses proches se réunissent pour un déjeuner bucolique dans le jardin du défunt. La révélation d’un secret va bouleverser le repas de famille …

Compagnie Courtes Lignes

La Grippière – 97170 Petit-Bourg

0590 38 21 43

www.courtes-lignes.com

courteslignes@wanadoo.fr

Cours 2018/2019, contacter l’école par mail à compter du15 août 

(cours accessible dès 8 ans)

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