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Édito de juillet, cultiver la joie

Vacances… Une respiration, une bulle de liberté. Du temps, pour savourer les plaisirs simples, l’instant suspendu, les expériences grisantes et les spectacles naturels que nous réservent nos territoires. Du temps, et de la joie, qui naturellement jaillit lorsque l’on touche à l’essentiel. Tout à coup, la joie et le bonheur reprennent leur place dans le panthéon de nos valeurs. Et comme un effet boomerang, de les avoir trop longtemps négligés, on se demande comment les cultiver.

« La nature nous avertit par un signe précis que notre destination est atteinte. Ce signe est la joie. » Cette citation d’Henri Bergson résume « ce mystère qui nous tombe dessus sans crier gare » nous expliquait le philosophe, sociologue et écrivain Frédéric Lenoir à l’occasion de la parution de son ouvrage « La puissance de la joie ». L’ancien directeur du Monde des Religions ajoutait : « Ce qu’on comprend clairement, en revanche, c’est qu’une grande joie est toujours liée à l’expression de notre puissance vitale. Lorsque nous sommes en joie, nous vivons une expérience qui correspond profondément à ce pourquoi nous sommes faits. Un chef d’entreprise qui réussit, un artiste qui crée ressentent de la joie. La joie a toujours une dimension créative. Elle indique qu’on est dans le mouvement de la vie, et non dans la survie. »

Est-ce que la joie s’apprend ? « Elle ne se décrète pas! » soutient Frédéric Lenoir. « Mais des attitudes favorisent son émergence. D’abord, il faut se consacrer non pas à une activité alimentaire, mais à ce pour quoi on est fait ; s’entourer de personnes qui nous font du bien, être attentif à ce que l’on fait. Une promenade dans la nature peut être magnifique, mais si l’on pense à ses tracas, on perd la joie. Etre dans la gratitude envers la vie aussi – la plainte, la victimisation tuent la joie. On aboutit à la joie en cherchant le positif, en pistant les solutions, car on accompagne le mouvement de la vie. La joie vient aussi de l’effort surmonté, du dépassement de soi. »

C’est ce qu’explique Spinoza : « nous sommes dans la joie chaque fois que nous remportons une victoire, chaque fois que nous nous accomplissons un peu plus selon notre nature propre ». Les vacances pourraient être ce temps de pause salutaire accordé à nos motivations profondes. Dans quelle activité professionnelle est-on épanoui ? Quels attributions, responsabilités et objectifs nous motivent dans l’entreprise ? Répondre à ces questions, c’est assurer un mieux vivre ensemble dans une équipe et optimiser sa performance. C’est en finir aussi avec l’insondable quête du sens : la joie indique que nous sommes à notre place.

La joie comme indicateur de choix professionnels pertinents ? Oui, certainement.

Julie Clerc

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