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JOM : repenser l’insularité, l’exemple de l’énergie
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JOM : repenser l’insularité, l’exemple de l’énergie 

Martiniquaise, Jessy Rosillette est une étudiante au parcours universitaire éclectique. Elle a fait le choix d’expériences universitaires multiples entre l’université des Antilles, celle des Canaries et de la Sorbonne. Depuis 2015, elle est doctorante au Centre de Recherches et d’Études en Géographie de l’Université de La Réunion où elle prépare une thèse sur la transition énergétique en milieu insulaire. 

Évoquer le « réaménagement d’un territoire » plutôt que son aménagement n’est pas qu’une provocation. L’idée est de mettre en exergue la nécessité, pour les martiniquais de se réapproprier leur territoire. Penser les territoires insulaires et tropicaux revient à analyser les surfaces, les distances, l’attractivité, les paysages, les activités, les flux ; mais aussi à s’interroger sur les représentations, l’imaginaire collectif et les perceptions de chacun. L’énergie illustre l’importance de repenser l’insularité d’un point de vue géographique, économique, social et culturel.

S’éloigner des « territoires de l’utopie »

D’un point de vue artistique et littéraire, l’île a longtemps été perçue et décrite comme un jardin d’Éden par des poètes comme John-Antoine Nau, Leconte de Lisle, par des peintres comme Paul Gauguin ou encore des chanteurs tel que Henri Salvador. Pour aménager de manière efficace le territoire insulaire, il faut pouvoir comprendre ses dynamiques spatiales, territoriales et paysagères. Aujourd’hui, des acteurs de ce secteur (élus, investisseurs, chargés de projets entre autres) assimilent les îles à des « laboratoires », surtout en matière de transition énergétique.

L’énergie en milieu insulaire, un enjeu de taille

L’énergie électrique, l’habitat et les transports sont de grandes thématiques de l’aménagement du territoire. Perçues comme vulnérables au niveau énergétique, ces îles sont considérées comme des territoires d’innovation propices à l’expérimentation.

En Martinique, l’énergie met en évidence les limites des politiques d’aménagement. Même si plusieurs projets et innovations énergétiques sont à l’étude, certains ont fait l’objet de vives contestations voire d’abandons ; comme NEMO (« New Energy for Martinique and Overseas ») par exemple. Les projets énergétiques doivent plus que jamais s’ancrer socialement et culturellement au sein du territoire martiniquais pour pouvoir espérer une meilleure acceptabilité sociale et un développement efficicace.

Vers une réappropriation territoriale

L’aménagement du territoire renvoie naturellement à des questions politiques et donc à l’appropriation territoriale. Cela interpelle sur les évolutions des rapports entre l’espace et la société. L’aménagement du territoire martiniquais passera par une meilleure intégration territoriale, sociale et culturelle des projets.


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