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Révolution domotique
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Révolution domotique 

Équipés de capteurs et pouvant être commandés à distance, de nombreux appareils vont changer le fonctionnement de nos maisons et entreprises.   

Propos recueillis par Mathieu Rached

C’est le futur de l’habitat. La domotique est définie par le Larousse comme « l’ensemble des techniques visant à intégrer à l’habitat tous les automatismes en matière de sécurité, de gestion de l’énergie, de communication, etc ». Vaste promesse qui s’accompagne d’un engouement international pour l’avènement des appareils dits « intelligents », lesquels devraient changer durablement nos habitats et nos modes de vie. Un monde automatisé fait de capteurs et de contrôle à distance qui concerne aussi bien les maisons que les entreprises. Pour dresser un état des lieux de cette technologie, nous avons rencontré Henri Artaxe, expert en la matière et fondateur d’une sociéte de systèmes domotiques pour la maison, le bateau et la voiture.

Quelle place occupe la domotique dans les Antilles-Guyane ? Les entreprises ont-elles épousé cette évolution de services ? 

Henri Artaxe : On observe que la domotique occupe de plus en plus une place aux Antilles-Guyane. Les applications nous concernent tous, qu’il s’agisse de sécurité des biens et des personnes (vidéosurveillance), d’autonomie des personnes âgées (MAD…), d’économie d’énergie ou simplement de confort. 

Pourtant, aux yeux du grand public, la domotique peut faire l’effet de gadget. Quel rôle peut-elle jouer vis-à-vis des enjeux liés aux économies d’énergie des entreprises et à l’efficacité énergétique des bâtiments ? 

Prenez la gestion technique de bâtiment ou GTB qui, dans des grands bâtiments ou dans des installations industrielles, permet de superviser l’ensemble des équipements qui y sont installés. La GTB est très importante pour réaliser des économies d’énergie, il faudrait que tous les bâtiments puissent être équipés de ce genre de système, surtout pour réguler la consommation des climatiseurs et de la chaîne du froid.

Quels types d’entreprises peuvent avoir besoin ou intérêt à intégrer des solutions domotiques ? 

Tous les secteurs peuvent être concernés. A l’échelle du port autonome de Guadeloupe par exemple, nous travaillons sur un SGTE (Système technique de gestion de l’énergie) qui s’appelle CONSOCHAIN. Lequel va permettre de relever la consommation énergétique des conteneurs frigorifiques sur des prises triphasées. Il est ainsi possible d’identifier les conteneurs qui se branchent sur leurs prises et de calculer leurs consommations énergétiques. C’est une solution industrielle PLUG & PLAY très facile à installer qui pourrait tout autant intéresser le Port de Martinique. Nous sommes aussi en train de préparer une solution pour EDF à destination des petits commerçants. Baptisée SMARTCONSO, elle permettra de calculer la consommation d’énergie et la chaîne du froid et de donner la possibilité aux utilisateurs de piloter les climatiseurs. Dès qu’il existe des besoins par rapport à des capteurs de données (station météo, capteurs de fumées, capteurs inondation, compteurs électriques connectés, qualité de l’air, taux limite pour les sargasses…) il existe une approche automatisée intelligente, facile à commander. 

L’essor de la domotique, c’est la fin du règne des câbles et des télécommandes ? 

En effet, c’est l’un des effets de la domotique, un grand nombre de fonctions au sein de la maison peuvent être toutes accessibles sur une seule et unique interface. Une fois toutes les télécommandes programmées sur une application domotique, l’utilisateur va pouvoir piloter les climatiseurs, la TV, tout appareil multimédia, le portail électrique, les volets roulants, un portillon, l’éclairage de la piscine, etc. directement depuis une tablette ou un smartphone. Ce ne sont plus des gadgets de films futuristes, ce sont de solutions accessibles dès aujourd’hui.

Le très haut débit va permettre de passer un cap dans les installations de solutions domotiques ? 

Absolument, ça va beaucoup aider pour les transmissions des données notamment la voix, pour la vidéosurveillance, assistance des personnes âgées etc., tous ces services vont pouvoir être pleinement exploités et s’ancrer dans notre quotidien. 

A l’échelle des cinq prochaines années, quelles sont les perspectives de développement du marché de la domotique dans les Antilles-Guyane, qu’est ce qui se dit dans les salons professionnels dédiés ? 

Le marché de la domotique est en plein boom aux Antilles. La génération des 35-60 ans veut de plus en plus ce genre de système chez eux. Les prix sont aujourd’hui très abordables et beaucoup d’entre eux l’incluent dans leur financement dès le départ de leur acquisition et de leurs travaux. Les entreprises et institutions commencent elles aussi à percevoir les enjeux et les possibilités offertes par les solutions domotiques. 

En chiffres

La Fédération Française de Domotique évalue le marché français de la maison connectée à 1,6 milliard d’euros en 2017.

PROGRESSION +80% de ventes pour les produits du gros électroménager connectés. Ils représentent 42% du chiffre d’affaires Smart Home.

Le secteur des « wearables » (technologies portables) qui sont les premiers objets connectés à avoir conquis le grand public, poursuit sa croissance (+16% en volume à fin 2017). Sur le podium : les smartwatches qui représentent 2 ventes sur 3 et surtout, contribuent à la valeur du marché
avec un prix moyen de vente quasi 3 fois plus élevé que celui des bracelets fitness & santé.

42% des Français déclarent connaitre tout à fait le concept de la SMART HOME (+7 points).

5,2 millions d’objets connectés ont été vendus en 2017.

Le marché français de la domotique incluant les activités d’installation, de conseil et de maintenance a poursuivi une hausse moyenne de 1,5% par an au cours des dernières années.

Sources : Fédération Française de Domotique, institut GfK et BSRIA et CODA Stratégies.

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