fbpx

Articles

DAC : la culture, une affaire collective pour développer le territoire
After Work, Madinmag

DAC : la culture, une affaire collective pour développer le territoire 

Le nouveau directeur de la DAC Martinique dévoile l’étendue de sa mission et place la culture au cœur du développement du territoire. 

Propos recueillis par Mathieu Rached 

Depuis le 1er mars, la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de Martinique a un nouveau directeur.

Christophe Pomez, passé par la direction des Instituts Français en Roumanie et au Maroc, est chargé de mettre en œuvre la politique du ministère de la Culture à l’échelle du territoire, « de son identité et de ses spécificités propres », détaille l’intéressé.

Une première mission de trois ans au cours de laquelle Christophe Pomez va impulser une dynamique qui touche tout le monde, tous les secteurs, tous les âges.

L’appropriation culturelle est un enjeu majeur, qui retentit sur chacun intimement, dessine les contours d’un peuple et sert également d’ancrage économique.

Quel est le champ d’action de la DAC ? 

Christophe Pomez : De manière concrète et quotidienne, nous traitons de toutes les questions culturelles sur le territoire.

Pour tout ce qui est réglementaire, accompagnement de projets, autorisations, demandes de financement, il existe un interlocuteur approprié au sein de la DAC Martinique.

Ensuite, l’ensemble des actions et interventions que nous mettons en œuvre s’inscrivent dans trois axes : le patrimoine, la création et la démocratisation culturelle. 

La culture est-elle un secteur de l’économie à part entière en Martinique ? 

Elle l’est d’autant plus que c’est la clé de voûte d’un tourisme et d’une économie touristique pertinente, durable et pérenne.

Quand je cite « le patrimoine », je pense au patrimoine de proximité.

C’est parce que nous sommes fiers de certaines choses de notre île, de notre culture, que nous pourrons les partager avec d’autres.

En développant un tourisme « pour nous », il sera ensuite plus facile de le partager… Encourager de manière concrète cette dynamique fait partie des buts visés par la DAC.

De quels dispositifs d’action dispose la DAC ?

Nous signons par exemple des conventions territoriales de développement culturel, c’est-à-dire que lorsque nous partageons des objectifs communs, nous allons co-construire avec les collectivités les projets qu’elles portent.

Il peut s’agir d’aide au fonctionnement, ou de crédits d’investissement à travers, par exemple, le nouveau contrat de convergence et de transition avec la Collectivité Territoriale de Martinique.

Mais notre action est très vaste et embrasse l’étendue du champ culturel.

  • Nous veillons par exemple à la qualité de la proposition au sein des médiathèques, en encourageant la promotion du plurilinguisme avec des ouvrages jeunesse en créole.
  • Nous veillons également à la qualité artistique des formations avec la signature récente par le ministre d’une convention de partenariat pour une école martiniquaise des enseignements artistiques (EMEA).
  • Nous impulserons de nouveaux projets, de nouveaux lieux en adéquation avec les envies et les opportunités du territoire.
Christophe Pomez, le directeur de la DAC en Martinique

Qu’est-ce qui vous plairait de voir accompli au cours des prochaines années ?

De nouvelles salles de cinéma par exemple. Le territoire comptait jadis vingt-et-une salles, aujourd’hui les Martiniquais vont deux fois moins au cinéma qu’en Hexagone.

Des chantiers de rénovation et de construction, sans mettre en péril l’offre existante, permettraient d’enrichir l’accès à la production cinématographique nationale, caribéenne et internationale. 

La DAC compte trente employés, qu’est-ce qui définit le mieux votre équipe ?

Je pense que chacun des employés de la DAC allie une culture administrative très solide qui permet d’apporter des réponses et des conseils à toutes les questions sur tous les sujets et projets.

“Nous sommes toutes et tous animés par une passion pour le domaine de l’art au sens large.”

L’art et la culture comme des outils d’émancipation, des occasions de s’interroger, des rendez-vous pour devenir chaque fois un peu plus soi en tant qu’individu et en tant que groupe.

Pourtant, dans les faits, l’art n’est pas toujours aussi facile d’accès…  Disons que ce n’est pas évident d’aller voir un spectacle de chant ou de danse quand on n’y a jamais été auparavant. 

(sourire) On est tous égaux devant la création : enfants, adultes, passionnés, néophytes, chefs d’entreprise, salariés… tous égaux.

On décide de s’asseoir et d’aller voir pour la première fois quelque chose qui n’existait pas. C’est absolument fabuleux !

Aussi, au sortir de cette expérience plus ou moins déroutante, plus ou moins enthousiasmante, la question n’est pas « d’aimer » ou de « ne pas aimer », mais plutôt de s’interroger sur « qu’est-ce que j’ai vu ? » dans ce spectacle, ce livre, ce conte, ce concert…

Cette discussion va nous construire ensemble. 

Se tourner vers la culture comme on ferait un plongeon en quelque sorte ?  

(rire) Si vous voulez.

Disons que la culture c’est le seul endroit où l’on peut perdre du temps, de l’argent, de l’énergie pour quelque chose qu’on va peut-être ne pas aimer… C’est fondamentalement le domaine du risque !

Et notre rôle en tant que Direction des affaires culturelles est d’aider à prendre des risques, encourager le goût pour la curiosité, et inviter chacun à ne pas se tourner uniquement vers ce qu’il connaît.

L’art constitue une rencontre avec une œuvre, et une œuvre, c’est quoi ? Quelque chose qui va changer votre vie.


Agenda culturel : 4 temps forts de juin à octobre

Rendez-vous aux jardins 

7, 8 et 9 juin 2019 

Avec pour thème « Les animaux aux jardins », cette 17e édition invite à réfléchir aux rapports que l’homme entretient avec son environnement et avec la biodiversité.

L’animal est en effet une composante indispensable des jardins.

Certains animaux peuvent être nuisibles (pyrale du buis, rongeurs, pucerons, doryphores etc.), d’autres participent à leur entretien (coccinelle, verre de terre, pollinisateurs, etc.).

D’autres encore peuvent servir d’élément d’ornement, comme le paon, ou devenir les modèles de statue et sculptures…

3 jours pour regarder différemment le monde animal. 

Les journées de l’archéologie

14, 15 et 16 juin 2019

L’événement permet de répondre à la curiosité grandissante du public pour l’archéologie.

À cette occasion, des chantiers seront notamment ouverts pour pouvoir voir comment ça se passe, comment prennent place des fouilles archéologiques, et permettre à chacun de se rendre compte de la richesse de son patrimoine dans un état encore brut.

Une manière d’aller à la rencontre de son histoire.

Les journées du patrimoine

21 et 22 septembre 2019

L’événement le plus connu et couru qu’organise le ministère de la Culture aura pour thème « Arts et divertissement ».

L’occasion pendant 2 jours de découvrir ou redécouvrir une nouvelle facette du patrimoine, celle du divertissement à travers les arts du spectacle, les pratiques festives (fête foraine, carnavals, processions, défilés…), ainsi que les jeux traditionnels et les pratiques physiques.

« Surtout, nous voudrions à cette occasion, encourager la démarche familiale intergénérationnelle toujours pour cultiver cette appropriation de son histoire, grâce à la transmission des souvenirs et des émotions entre générations », explique Christophe Pomez. 

Les journées de l’architecture

18, 19 et 20 octobre 2019

Des visites de chantiers, des visites d’agences d’architecture, des parcours urbains, des films et des expositions sont prévus pour découvrir ou redécouvrir toutes les facettes de la profession. 

Direction des Affaires Culturelles
Villa les Pergolas
54 rue du Professeur Raymond Garcin
97200 Fort-de-France
0596 60 05 36
secretaire.martinique@culture.gouv.fr
www.culture.gouv.fr/Regions/Dac-Martinique

Horaires d’ouverture

Lundi, mardi, jeudi :
de 8h à 12h30 et de 14h à 17h

Mercredi, vendredi :
de 8h à 12h30

Related posts