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“Quand je serai grand(e)” par Guillaume Coelho, photographe
After Work, SoualiMag

“Quand je serai grand(e)” par Guillaume Coelho, photographe 

Ils sont quinze. Cinq femmes, dix hommes, de tout âge.

Ils ont tous un point commun ; ils ont vécu de près ou de loin la fureur d’Irma, ce terrible ouragan qui dévasta l’île de Saint-Martin, meurtrissant au plus profond d’elle-même une population.

Ceux qui étaient là ont choisi de rester, ceux qui n’y étaient pas ont choisi de venir aider, aider à la reconstruction, non seulement matérielle mais aussi morale, aider à la résilience.

Pourtant certains d’entre eux ont quasiment tout perdu après la catastrophe.

Donner l’exemple

C’est alors que je me suis identifié à un enfant de Saint-Martin dont l’âme pure ne comprendrait pas le déferlement d’une telle violence provoquée par un phénomène naturel d’une exceptionnelle intensité.

Cet enfant fait la connaissance de ces quinze personnes ayant fait le choix du non renoncement et qui, par leur courage et leur dévouement quotidien lui démontrent que l’on peut accomplir de belles choses par le travail, pour mieux résister au choc.

« Mais qui sont donc ces gens de métier qui m’accueillent avec un large sourire ou bien un regard intense traduisant un évident sentiment de fierté d’être tout simplement là ? »

Ils sont là pour donner l’exemple, donner l’exemple à cette enfance frappée en plein cœur et désorientée.

Ils indiquent le chemin par leur savoir-faire, l’amour qu’ils portent à leur travail et font ainsi que l’espoir ne s’éteint jamais.

Un jour, étant jeunes, ils avaient tous certainement dit « quand je serai grand(e), je serai… ».

Ils sont quinze mais ils sont bien plus que cela.

“J’ai voulu orienter ce travail photographique en m’identifiant à un enfant d’Irma partant à la rencontre de femmes et d’hommes directement sur leur lieu de travail.”

J’ai donc arpenté les chantiers, les écoles, les lycées, les terrains de sport, une caserne de sapeurs-pompiers, une société de transport express de colis, la cabane d’un pêcheur, un restaurant, un cours de danse, l’Eco Site de Grandes Cailles, un garage.

Photographie de Guillaume Coelho

J’ai fait le choix d’un cadrage vertical en légère contre plongée pour traduire la sensation de grandeur émanant de ces personnes.

Perception de l’enfant découvrant cette multitude de domaines dans lesquels l’homme peut s’accomplir.

Ce choix de la spontanéité s’est souvent soldé par des situations cocasses, me retrouvant par exemple allongé au sommet d’un échafaudage à plus de 6 mètres de haut pour capter le regard d’un peintre en bâtiment, ou alors essayant de ne pas succomber au charme dégagé par le regard d’une professeure de danse latino.

Au-delà de constituer un fort témoignage d’espoir et de renaissance, ce projet vise à exprimer la grandeur de ces femmes et de ces hommes ayant fait le choix du don de soi pour permettre que la vie continue tout simplement, malgré tout.

Ils ne peuvent qu’inspirer le respect et ce sont eux qui montrent la voie.

Guillaume Coelho est l’un des huit photographes candidats à la seconde édition de Faces of Saint-Martin.

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