Producteur d’énergie en pleine ascension, la filiale Antilles-Guyane-Réunion du groupe Amarenco déploie, depuis 2020, ses installations photovoltaïques. De l’énergie propre, à visée régénérative, au service des collectivités et du monde agricole. Rencontre.  

Texte Sarah Balay – Photo Lou Denim 

Nous avons une économie à faire vivre, certes, mais autant le faire en prenant en considération l’ensemble des parties prenantes, y compris celles de la nature et du vivant

Laurent Pflumio, directeur de la filiale Amarenco Antilles-Guyane-Réunion

On attribue à Amarenco, à tort, la fonction de « vendeur de panneaux photovoltaïques ». Or, votre métier, c’est tout autre chose… 

Laurent Pflumio, directeur de la filiale Amarenco Antilles-Guyane Réunion : En effet, le groupe Amarenco est un producteur d’énergie. Nous développons, réalisons et exploitons des centrales photovoltaïques dont nous demeurons les propriétaires. La filiale que je dirige, avec une dizaine de personnes, se positionne sur la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion. Nous injectons l’énergie produite par nos centrales solaires sur le réseau public d’électricité, c’est de là que provient notre chiffre d’affaires. L’objectif est donc de multiplier les installations sur des surfaces importantes afin de répondre aux enjeux actuels de décarbonation de l’énergie*. 

amarenco

Quels types de publics et de sites visez-vous pour ces installations ? 

Nos solutions s’adressent plutôt aux collectivités (toitures de stades, couverture de plateaux sportifs, gymnases, écoles, etc.) et aux exploitants agricoles (agrivoltaïsme) pour, entre autres, des projets de serres de maraîchage ou de hangars de stockage. Nous visons aussi d’anciennes carrières, des décharges, des parkings de commerce, ou encore des grandes toitures présentes surtout dans les zones industrielles. Nous portons la totalité de l’investissement (études, autorisations, permis de construire, architecte, ouvrage et maintenance) en échange du foncier pour des installations dans le milieu agricole. En cas d’installation sur du bâti existant (immeuble, gymnase…), nous rémunérons le propriétaire du bâtiment pour la surface occupée par nos installations. 

Amarenco ne se limite pourtant pas à la production d’énergie. Vous parlez de “développement de synergies”. C’est-à-dire ? 

Notre métier, c’est aussi la mise en place de solutions cohérentes avec nos territoires. Imbriquer nos projets dans un modèle économique, territorial où l’énergie a une vraie valeur. L’idée est de développer des synergies dans une logique gagnant-gagnant. Par exemple en consolidant la toiture d’une école ou en fabriquant un hangar de stockage pour un agriculteur. Cet outil, facile à mettre en œuvre, ne lui coûte rien et lui permet de protéger son matériel ou ses récoltes contre les effets de la sécheresse et des épisodes pluvieux plus intenses. Les hangars, fabriqués récemment pour la ville de Petit-Canal, vont servir de lieu de stockage pour les ateliers municipaux et sont à la disposition des porteurs de projets de la ville. En plus de produire de l’énergie, nos serres de maraichages, par exemple, protègent les cultures des aléas climatiques… Nos abris pour des bassins piscicoles limitent l’évaporation et protègent la production des attaques de rapaces. Les projets sont multifactoriels et les intérêts sont multiples. 

Bio Express
« Plus de 18 ans de Guadeloupe et d’énergie solaire »
Laurent Pflumio est l’actuel directeur de la filiale Amarenco Antilles-Guyane-Réunion. Électrotechnicien de formation, il est installé en Guadeloupe depuis de nombreuses années et se passionne pour l’énergie solaire. « J’ai commencé en tant que technicien de maintenance en photovoltaïque », confie-t-il. « Puis j’ai évolué jusqu’à devenir responsable grands-projets ». En 2018, Laurent Pflumio fonde Créole Énergie Solaire, petite société qualifiée pour de la conduite d’opérations dans le photovoltaïque. « Un an plus tard, je rencontre le groupe Amarenco avec qui nous mettons en place un partenariat. Début 2020, le groupe Amarenco entre au capital de ma société qui devient ainsi la filiale Antilles-Guyane. »
Laurent Pflumio est également représentant, en Guadeloupe, du Syndicat des Énergies Renouvelables et consacre une partie de son temps à faire de la pédagogie autour de l’énergie solaire dans le milieu scolaire et à l’université des Antilles.

*La PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie) vise la multiplication par trois de la part du photovoltaïque dans le mix énergétique en 2033.

Le groupe Amarenco œuvre aussi pour régénérer les écosystèmes dans les territoires. Comment cela se concrétise-t-il ? 

Dans notre charte figure cette notion de réconcilier l’écologie avec l’économie. Nous avons une économie à faire vivre, certes, mais autant le faire en prenant en considération l’ensemble des parties prenantes, y compris celles de la nature et du vivant. La régénération des sols, cela a du sens. En plus de décarboner la production d’énergie, nous pouvons analyser ce qu’il nous est possible de faire pour rendre un site dans un meilleur état que celui dans lequel il nous a été confié. Dans le cadre de notre programme ECHO, nous pouvons par exemple investir pour réhabiliter une ancienne décharge, régénérer une carrière complètement stérile ou encore créer une micro-forêt. 

Quelles sont vos principales réalisations aux Antilles-Guyane ? 

La filiale a déjà réalisé plus de 70 projets photovoltaïques dont 40 infrastructures agricoles. Nous développons actuellement plusieurs projets d’agrivoltaïsme de grande envergure en Martinique (supérieur à 1,5 ha). Nous travaillons avec de nombreuses mairies, comme, Petit-Canal, Grand-Bourg, Basse-Terre et Vieux-Habitants pour la Guadeloupe. Fort-de-France, Rivière-Pilote, le Lorrain pour la Martinique ou Iracoubo en Guyane. Nous avons d’autres projets plus innovants en cours de développement comme l’installation d’ombrières sur les parkings pour lesquelles nous avons déjà les autorisations d’urbanisme. Nous travaillons également à la mise en place de stations flottantes qui pourraient être installées sur des retenues d’eau artificielles comme des barrages. Nous cherchons à innover afin d’éviter l’option plastique pour soutenir les panneaux. Synergîles et l’université des Antilles nous aident en ce sens afin de trouver des matériaux plus durables et localement sourcés.

Vous intervenez dans les collèges, lycées et à l’université pour faire de la pédagogie autour du solaire. Dans quel but ? 

Le secteur de l’énergie est l’un des plus dynamiques. À l’heure actuelle, les cursus de formation en électricité, notamment renouvelable, existent. En revanche, nous allons très bientôt avoir davantage de besoins en personnels variés et qualifiés : des chefs de projet, capables de développer des projets, de s’assurer qu’un projet est techniquement réalisable, de sa viabilité économique, etc. C’est une des raisons pour lesquelles j’interviens à l’université, auprès des futurs ingénieurs, particulièrement, en dispensant un cours sur la gestion intelligente de l’énergie. Nous avons aussi besoin de techniciens, de juristes, de géomètres, d’urbanistes, des métiers du BTP, etc. De l’ensemble des métiers qui gravitent autour de l’activité de production d’énergie. C’est vraiment pluridisciplinaire.

*La PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie) vise la multiplication par trois de la part du photovoltaïque dans le mix énergétique en 2033.

EN CHIFFRE 
+70 projets photovoltaïques dont 40 infrastructures agricoles réalisées ; 
Lauréat de 
7 appels à projets initiés avec des communes et villes des Antilles-Guyane ;
1 000 MWc de puissance représentent le portefeuille de projets en cours de développement par AMARENCO, soit l’équivalent de la consommation d’énergie d’environ 30 000 foyers.

 L’équipe Amarenco

« Excitant et laborieux »

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Pierre-Louis Haffreingue, chef de projet développement et construction

« Je suis chargé de vérifier la faisabilité technique et financière du projet. Il y a parfois des surcoûts importants pour renforcer une charpente ou pour le raccordement EDF. C’est une activité à la fois excitante et laborieuse ! Mais l’essentiel est de participer à l’amélioration de notre environnement et de notre cadre de vie pour demain. »

« Passionnant »

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Anaïs Thomis, chargée d’activités commerciales 

« Mon rôle est de récupérer les premières pièces administratives des projets obligatoires pour obtenir un permis de construire. Travailler dans le domaine de l’environnement est passionnant… D’autant qu’il y a de quoi faire sur nos territoires ! Il ne faut toutefois pas vouloir aller trop vite. Tout doit être cadré en amont pour préserver les écosystèmes et surtout pour laisser le temps aux mentalités d’évoluer. »

« Polyvalence accrue » 

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Hugo Devine, chef de projet développement et construction 

« C’est intéressant de pouvoir jongler entre différents chantiers sur trois territoires et surtout de pouvoir quitter le bureau et nos écrans pour aller sur le terrain. Le fait de travailler au sein d’une petite antenne nous permet aussi de suivre un projet de A à Z nous obligeant à une polyvalence accrue. » 

« Rigueur et souplesse »

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Nathalie Etienne, chargée administrative projet 

« Je m’occupe principalement de la signature des baux (avec le privé) ou de conventions d’occupation temporaire (avec les collectivités) qui doivent être conclues avant le début des travaux de construction. Une activité qui demande rigueur et souplesse, mais surtout beaucoup de patience et de la diplomatie. »

Amarenco
17&18 Immeuble Le Reflet
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97170 Petit-Bourg
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