« À la Maison des femmes, l’accueil est inconditionnel »

La Maison des femmes vient de fêter sa première année d’existence, après son installation aux Abymes. Florence Francisque, qui dirige l’établissement, revient sur la raison d’être de la Maison.

Florence Francisque directrice de la Maison des femmes aux Abymes

« À la Maison des femmes, l’accueil est inconditionnel »

La Maison des femmes vient de fêter sa première année d’existence, après son installation aux Abymes. Florence Francisque, qui dirige l’établissement, revient sur la raison d’être de la Maison.

Pouvez-vous rappeler quelle est l’origine de la Maison des femmes ?

La Maison des Femmes est née d’une volonté du Département de coordonner un réseau d’acteurs travaillant autour des violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales. La Maison est l’incarnation physique de ce réseau où peuvent se retrouver les associations, les partenaires institutionnels et bien sûr les principales bénéficiaires que sont les femmes. Nous sommes le guichet pour les femmes victimes de violences.

Comment se déroule le parcours des femmes qui viennent vous voir ?

Il faut déjà savoir que, chez nous, l’accueil est inconditionnel, c’est-à-dire que vous pouvez venir avec ou sans rendez-vous, vous serez toujours bienvenue. Nous avons des agents de sécurité pour éviter des intrusions indésirables et sécuriser l’accueil. Ensuite, la femme qui arrive chez nous est reçue par une agente pour un premier entretien, qui se déroule dans la plus stricte confidentialité. Nous avons un espace un peu cosy, un salon confortable avec des aménagements pour les enfants, pour celles qui viendraient avec eux. Elles ont aussi accès à un entretien avec un médecin, avant d’intégrer un parcours en fonction de ce qu’elles expriment. Elles repartent toujours avec une information.

Les femmes que vous accueillez ont-elles un profil type ?

Pas du tout : la violence touche toutes les strates de la société. Il y a une surreprésentation des femmes en situation de précarité, notamment professionnelle, c’est-à-dire, sans emploi ou bénéficiaires de minima sociaux, mais nous accompagnons aussi des personnes très insérées. 28 % de nos bénéficiaires ont un emploi stable. Nous comptons aussi cinq retraitées. Chaque mois, on compte une dizaine de nouvelles femmes qui frappent à notre porte. Nous avons pu remarquer que leur visite suit généralement une opération de communication, un événement de notre part. 

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Comment se déroule le suivi que vous réalisez ?

Notre objectif, c’est que les personnes puissent rentrer dans le droit commun et tout se passe avec nos partenaires. On travaille avec les institutions : préfecture, parquet, hôpital, rectorat, collectivités, etc. Cela nous permet de mettre en place rapidement tous les accompagnements sociaux nécessaires. On travaille aussi avec les associations d’aide aux victimes, de solidarité, qui appuient nos accompagnements. Les femmes ont régulièrement des rendez-vous tout au long de leur accompagnement, en général, six mois à un an. Bien sûr c’est renouvelable. Nous mettons aussi en place des ateliers divers : groupes de parole, informations sur la santé, etc. Nous aimerions développer d’autres offres comme du self défense ou des ateliers d’écriture.

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Quel est le bilan de votre première année d’existence ?

Nous avons accueilli, entre mars et décembre 2025, plus de 150 femmes, et nous en avons 110 qui font partie de notre suivi régulier. C’est la preuve d’un réel besoin. Nous évoluons aussi avec les demandes et les besoins que nous identifions. Par exemple, nous avons mis en service un service d’accompagnement psychologique car les femmes en témoignent toutes le besoin. Nous installons aussi la possibilité d’un dépôt de plainte à la Maison des femmes : 22 % ont décidé de déposer plainte après être passées chez nous. Mais il est à noter que 33 % d’entre elles refusent catégoriquement par peur de représailles, du jugement ou encore de la pression familiale. Il y a encore un gros travail de déconstruction de la banalisation de la violence.

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Justement, comment participez-vous à ce mouvement de fond ?

Nous intervenons aussi dans les collèges, par le biais des associations partenaires, pour parler du cycle de la violence, débanaliser certains actes par lesquels la violence commence. Nous nous déplaçons auprès des associations de parents d’élèves, nous faisons intervenir les professionnels de la protection maternelle et infantile. On sensibilise à tout va, le plus qu’on peut.

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LA MAISON DES FEMMES

Morne Caruel, Les Abymes – Tél. 0590 200 220

Email : maisondesfemmes@cg971.fr