Abigail et Ylana de Fabrique, mère et fille à la barre
L’une a trouvé dans la pole dance un langage pour se réparer et transmettre. L’autre a grandi avec, entre admiration et insouciance. Abigail et sa fille Ylana partagent plus qu’une discipline : un espace où les corps s’expriment, où le lien se réinvente, où l’on apprend à être soi.
Abigail et Ylana de Fabrique. ©Jean-Albert Coopmann
Abigail et Ylana de Fabrique, mère et fille à la barre
L’une a trouvé dans la pole dance un langage pour se réparer et transmettre. L’autre a grandi avec, entre admiration et insouciance. Abigail et sa fille Ylana partagent plus qu’une discipline : un espace où les corps s’expriment, où le lien se réinvente, où l’on apprend à être soi.
« Cela a renforcé notre lien. »
ABIGAIL – L’ÉMANCIPATION PAR L’ART AÉRIEN
Issue d’une famille d’artistes, Abigail s’est construite à travers la danse, le cinéma, la création. Quand elle découvre la pole dance, c’est une révélation. « J’ai vu quelque chose de fort, de sensuel, de féminin. » Sur la barre, elle trouve un refuge où réparer une confiance longtemps fragile. « La pole m’a permis de trouver de la valeur en moi. » Elle aime par-dessus tout imaginer des chorégraphies, partager un univers, susciter des émotions. La compétition arrive malgré elle, les titres aussi — championne des Antilles 2023/24/25, championne de France 2023, championne du monde en cerceau aérien 2024. « Je ne vise pas la performance, ce sont mes élèves qui me poussent ; elles ont raison car je vis à chaque fois un conte de fées ! »
ABIGAIL ET YLANA – PRÉSERVER LE LIEN
Partager la même passion crée une proximité rare mais aussi des frottements. « Si la prof n’était pas ma mère, je lui parlerais sans doute autrement. » L’exigence est présente, parfois trop. Abigail le sait. « Je travaille beaucoup sur moi pour lâcher prise. » Séparer les rôles, accepter que l’autre n’ait pas le même rythme, ni les mêmes envies. Peu à peu, l’équilibre se trouve. Sans projection. Sans injonction. « Cela a renforcé notre lien. » Parfois en duo, souvent côte à côte, mère et fille se retrouvent au studio pour laisser libre cours à leur complicité artistique. « On se dit : qu’est-ce qu’on fait ? Et on y va au feeling ! »
YLANA – LA FIERTÉ DE SE DÉPASSER
Ylana, 13 ans, suit les pas de maman. « J’ai essayé, j’ai aimé, alors j’ai continué ! » Plus réservée, elle trace son chemin, préférant la fluidité aux figures spectaculaires, la danse à la technique pure. Après le hamac, le tissu et le cerceau, elle consacre trois heures par semaine à la pole. Championne des Antilles 2024/25, elle confie que c’est l’envie de se dépasser et la fierté de réussir qui la motivent. À l’adolescence, il faut aussi apprendre à gérer les préjugés qui rapprochent encore la pole du strip- tease. « Au collège, je dis juste que je fais de la danse, ça m’évite d’être cataloguée. »
ENTRE NOUS – TRANSMETTRE LA CONFIANCE
Chez Entre nous & co, le studio d’Abigail créé il y a 10 ans, les disciplines aériennes sont un outil de transmission. Aux femmes, aux adolescentes, aux fillettes. Inclusive, la pole dance réconcilie les corps, restaure la confiance en soi, révèle des forces insoupçonnées. Au-delà de l’entraînement, il y a aussi les rires, l’intimité, la mise à nu. L’atmosphère est joyeuse et sans faux-semblant. « Certaines m’écrivent après la séance pour me dire : grâce à la pole, je me sens belle et forte. » La meilleure des récompenses.
Retrouvez cet article dans le hors-série Portraits Martinique de mars 2026