Accompagner les entreprises locales dans leur transition
En février prochain sera publié un appel à projet, porté par la Chambre du Commerce et de l’Industrie de la Martinique (CCIM) et l’Office de l’Eau (ODE), à destination des professionnels des métiers de bouche. Explications.
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Eliane Jacobiere : chargée de mission eau et assainissement, Elise Jimenez-Rodriguez : responsable pôle transition écologique, Anthony Nicolas : responsable de service interventions financières et redevances, Loïc Mangeot : directeur général adjoint © Jean-Albert Coopmann
Accompagner les entreprises locales dans leur transition
En février prochain sera publié un appel à projet, porté par la Chambre du Commerce et de l’Industrie de la Martinique (CCIM) et l’Office de l’Eau (ODE), à destination des professionnels des métiers de bouche. Explications.
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Une démarche globale pour un impact durable
L’ODE et la CCIM ont décidé de mener une action conjointe forte : accompagner les entreprises locales dans une démarche durable visant à diminuer leurs impacts sur les ressources en eau et les milieux aquatiques. À cette fin, une convention a été signée entre les deux parties. Elle s’étend sur trois ans (2025-2027) et se découpe en six chantiers : l’information, la sensibilisation et la formation des entreprises sur les thématiques eau, assainissement et biodiversité, le support technique aux professionnels, mais aussi le financement au moyen d’appels à projets. Ces appels à projets destinés aux entreprises permettent le financement d’installations favorisant la réduction des rejets de graisses dans les réseaux d’assainissement et le milieu naturel, une gestion plus sobre de l’eau et la protection de cette ressource et enfin, la végétalisation des surfaces de parking d’entreprises.
Premier chantier : accompagner les professionnels des métiers de bouche
Ce premier appel à projet vise à permettre aux entreprises en activité de se mettre en conformité au regard du Code de la santé publique et des règlements d’assainissements locaux. « Sont concernés les restaurateurs traditionnels, les fast-foods, les traiteurs, la restauration collective sous contrat, mais également les bouchers et les boulangers-pâtissiers, précise Éliane Jacobière, chargée de mission Eau & Assainissement à la CCIM, recrutée dans le cadre de cette convention. En effet, ces activités génèrent des effluents chargés de graisses et résidus organiques. Une mauvaise gestion de ces graisses peut entraîner la perturbation des systèmes d’assainissement et la pollution du milieu récepteur ». L’installation d’un bac à graisses conforme à la norme NF EN 1825 permet d’y remédier.
Rendre compte des besoins du terrain pour mieux les adresser
Suite au lancement d’une consultation par la CCIM, un audit a pu être mené en octobre dernier auprès d’une vingtaine d’établissements volontaires. « Une première étude a permis de déceler une accumulation de graisses dans les réseaux du fait, selon les cas, d’un dimensionnement inadapté, d’un défaut d’entretien ou de l’absence totale de bacs à graisses », explique Éliane Jacobière. « Cet audit nous a permis de comprendre les difficultés rencontrées par les professionnels pour s’équiper et/ou assurer un entretien régulier et, in fine, de proposer un accompagnement au plus près des besoins du terrain », ajoute Élise Jimenez-Rodriguez, responsable du Pôle transition écologique et risque majeur à la CCIM. L’objectif de cette action est bien de favoriser les petits commerces qui disposent de moyens limités.
« Proposer un accompagnement au plus près des besoins du terrain »
Des résultats mitigés mais plutôt encourageants
Cette campagne a révélé que 79 % des entreprises auditées étaient équipées, mais que plus de la moitié des bacs à graisses n’étaient pas conformes. « Il apparaît que les prestataires en charge de l’installation de ces bacs ne respectent pas toujours la norme NF EN 1825. Quant aux entreprises de vidange, elles ne remplissent que partiellement le bordereau de suivi des déchets. Ce document doit pourtant attester du bon traitement des effluents par une filière adaptée », souligne Éliane Jacobière qui poursuit : « Bien que leur entretien ait été jugé correct, certains équipements pouvaient dater de dix ans et plus. Le non renouvellement des équipements peut aussi justifier l’absence de documents techniques dans la plupart des cas. On constate par ailleurs que chez certains professionnels l’entretien ne fait l’objet d’aucun suivi. Il est souvent réalisé de manière fortuite, à l’occasion d’un dysfonctionnement. Enfin, il arrive que les bacs soient confondus avec des fosses toutes eaux ».
Calendrier prévisionnel
Publication de l’appel à projet : à partir du 15 février 2026.
Délibération et sélection des lauréats : juin 2026.
L’aide accordée par l’ODE pourra atteindre jusqu’à 60 % du coût du projet (fourniture et pose de l’ouvrage), en fonction du chiffre d’affaires du candidat. Il est à noter que les nouveaux établissements ne sont pas concernés par cet appel à projet. Les entreprises auront 3 mois pour candidater.
Le formulaire de candidature sera à télécharger sur le site de la CCIM et à adresser par mail ou par voie postale au siège. Les lauréats seront notifiés et invités à signer une convention avec l’ODE.