Anaïs et Clarisse Renau-Ferrer, aventure culinaire familiale

En 2021, Clarisse et Anaïs Renau-Ferrer ont lancé les « Sisters », une entreprise guyanaise qui propose des services de traiteur et d’épicerie fine en ligne et qui a su s’implanter dans le paysage culinaire cayennais.

Anaïs et Clarisse Renau-Ferrer. ©Enzo Dubesset
Anaïs et Clarisse Renau-Ferrer. Anaïs et Clarisse Renau-Ferrer. ©Enzo Dubesset

Anaïs et Clarisse Renau-Ferrer, aventure culinaire familiale

En 2021, Clarisse et Anaïs Renau-Ferrer ont lancé les « Sisters », une entreprise guyanaise qui propose des services de traiteur et d’épicerie fine en ligne et qui a su s’implanter dans le paysage culinaire cayennais.

Enzo Dubesset

« L’idée est partie d’un appel au téléphone avec ma sœur. J’étais dans une phase où je voulais rentrer en Guyane, mais je ne savais pas quoi y faire. C’est elle qui m’a soufflé l’idée de monter une entreprise en ligne. » Clarisse Renau-Ferrer tient à le répéter : dès le début, la création des Sisters a été une épopée familiale qui n’aurait pas eu de suite sans sa sœur Anaïs, de sept ans son aînée.

Initialement pensé comme une petite épicerie fine en ligne, le projet a très vite décollé au point de s’élargir peu à peu vers le service de traiteur. « Ça devait m’occuper quelques mois et ça fait cinq ans que je suis dedans », sourit Clarisse, qui nous accueille devant son laboratoire à Remire Montjoly, tout près de la maison familiale.

SŒURS COMPLÉMENTAIRES

Avant ce retour au péyi, la jeune femme, qui a soufflé ses 29 bougies cette année, travaillait au Québec comme pâtissière en restauration, sa spécialité, après s’être formée dans l’Hexagone où elle a débarqué dès l’âge de 15 ans. Anaïs, elle, travaillait dans le développement d’entreprises à l’étranger et revenait d’un séjour professionnel de quatre ans en Colombie. Les deux Rémiroises ont franchi le cap ensemble, avec le soutien de leurs parents qui, encore aujourd’hui, viennent occasionnellement leur donner un coup de main.

« On est une famille où on se soutient tous très fort. »

 

« Mon apport s’est plus tourné au niveau de la communication, du site internet, dans la gestion des prises de commande tandis que Clarisse était entièrement dédiée à la préparation », se souvient Anaïs. Si elle vient encore régulièrement lui prêter main forte, comme cette fois où il a fallu répondre à une commande exceptionnelle de plus de 250 couverts pour le Centre national des études spatiales (Cnes), elle s’est tournée vers d’autres horizons, laissant sa sœur seule aux commandes d’une machine bien rodée. Elle donne désormais des cours de langue à l’université de Guyane et développe un projet de plateforme en ligne consistant à relier les événements et sponsors guyanais entre eux. « Mais je continue à suivre les Sisters de près. On est une famille où on se soutient tous très fort. Je reste très admirative de la capacité de Clarisse à se lancer et à aller au bout de ses projets », confie-t-elle avec un regard complice. « Ma sœur est ma première source d’inspiration, je copie tout sur elle, sa façon de voir le monde, par exemple, qui privilégie l’épanouissement personnel plutôt que la stabilité à tout prix », complète Clarisse avec émotion.

Aujourd’hui, le laboratoire tourne à plein régime et la cadette, toujours seule en cuisine, enchaîne parfois les journées à rallonge pour satisfaire le tout-Cayenne. Pour continuer à séduire, la pâtissière mise sur une recette simple : du fait main, des prestations sur mesure, des produits locaux et de saison autant que possible, avec une touche écolo. « Je laisse toujours une option végétarien et on transforme les fruits du jardin en chutney ou en jus dès qu’on en a l’occasion. J’essaie aussi d’avoir une politique “zéro déchet”, donc je ne fais pas de stocks à l’avance, pour éviter d’avoir à jeter. »

 

Retrouvez cet article dans le hors-série Portraits Guyane de mars 2026