Audrey Limery, femme de valeur(s)
« Quand j’étais adolescente, on m’a ramené un gros paquet cadeau : un ordinateur de bureau avec une grosse tour, que j’ai ouvert pour en voir l’intérieur et comprendre comment ça fonctionne. C’est ainsi que j’ai voulu devenir ingénieure en informatique ! »
Audrey Limery. ©Lia Visyon
Audrey Limery, femme de valeur(s)
« Quand j’étais adolescente, on m’a ramené un gros paquet cadeau : un ordinateur de bureau avec une grosse tour, que j’ai ouvert pour en voir l’intérieur et comprendre comment ça fonctionne. C’est ainsi que j’ai voulu devenir ingénieure en informatique ! »
« J’aime développer mes compétences, pousser, innover, créer, au service des gens. Et ça a été une des meilleures décisions de ma vie. »
GÉNÉROSITÉ
« J’ai longtemps été très bonne en maths, toujours première de la classe ou pas loin. Jusqu’à ce que j’arrête de bosser au lycée, du fait de problèmes personnels m’ayant menée à la dépression. Cela a duré jusqu’à l’obtention de mon bac, où je me suis dit qu’il fallait que je me remette à travailler, malgré la douleur que je vivais, pour changer les choses. Mon entrée à l’IUT a marqué un tournant décisif : j’y ai obtenu d’excellents résultats, ce qui m’a permis de poursuivre mes études en Angleterre, en 2008. Avance rapide jusqu’en 2016 où je me lance dans l’entrepreneuriat. J’étais analyste supply chain et j’avais envie d’évoluer plus vite, de ne pas rester dans les cases que l’on m’attribuait. J’ai alors créé LYCORP, une entreprise de consulting et de formation en data et IA. J’aime développer mes compétences, pousser, innover, créer, au service des gens. Et ça a été une des meilleures décisions de ma vie. »
« Je me bats tous les jours pour prendre racine, contribuer à l’économie et au développement de l’île, et tisser des liens. »
HUMILITÉ
« L’entrepreneuriat me permet de grandir et de vraiment m’épanouir. Cela comble ma soif d’apprendre et d’aider, qui m’anime réellement. J’ai donc récidivé avec la création d’une start-up tech en 2020, Kweevo, et dû accepter les contrepartie qui vont avec l’entrepreneuriat : sortir de ma discrétion, pitcher, apprendre à être à l’aise avec le fait d’être mal à l’aise, comme on dit en anglais. Me dépasser, encore. Le défi suivant a été le retour en Martinique, après 16 ans à l’étranger. J’ai décidé de déménager avec mes start-up, malgré les difficultés de l’implantation ici. Je me bats tous les jours pour prendre racine, contribuer à l’économie et au développement de l’île, et tisser des liens. »
« Être une scientifique, c’est avoir le courage d’explorer, d’innover et de développer des solutions qui améliorent la vie des autres. »
COMPASSION
« Les solutions que je développe, j’essaie de les appliquer à moi-même. Souffrant d’endométriose, j’ai toujours fait en sorte de composer avec mes douleurs, mais avec le temps, cela est non seulement devenu difficile à gérer, dans ma vie personnelle et professionnelle, mais aussi difficile à expliquer dans le cadre du travail. Endométriose, SOPK, ménopause : beaucoup de femmes luttent en silence pour dépasser des symptômes que l’on ne peut pas toujours anticiper, cette sensation de ne pas être écoutée dans les milieux professionnel et médical, de faire face à un manque d’empathie et de compassion… J’ai alors développé l’application Feminstry, pour soutenir les femmes atteintes de pathologies comme l’endométriose dans le monde professionnel. Dans le monde de défis dans lequel nous vivons, être une scientifique, c’est avoir le courage d’explorer, d’innover et de développer des solutions qui améliorent la vie des autres et rendent le monde meilleur. Je suis convaincue que l’on peut toujours faire mieux. C’est en faisant qu’on apprend. »
Retrouvez cet article dans le hors-série Portraits Martinique de mars 2026