Carine, Kelly et Betty Polter, une histoire de sororité
Créée par les trois sœurs Polter, l’association CKB couvre aussi bien des champs sociaux que culturels. Un point de repère pour de nombreux Guadeloupéens, qui ne cesse d’évoluer au fil des années.
Les sœurs Carine, Kelly et Betty Polter. ©Cédrick-Isham Calvados
Carine, Kelly et Betty Polter, une histoire de sororité
Créée par les trois sœurs Polter, l’association CKB couvre aussi bien des champs sociaux que culturels. Un point de repère pour de nombreux Guadeloupéens, qui ne cesse d’évoluer au fil des années.
« Chacune à ses propres compétences. Nous essayons donc d’être complémentaires les unes des autres. »
Le sœurs Polter imaginaient-elles avoir une telle résonnance en Guadeloupe au moment de retourner au pays en 2015 ? Pas sûr. Pourtant, elles sont à l’origine d’une association qui, année après année, devient une référence sur l’archipel en matière d’insertion, de culture, mais aussi de sociabilité : CKB. Trois lettres pour trois prénoms, ceux des fondatrices, Carine, Kelly et Betty. « Au départ, nous cherchions un endroit où faire des activités avec nos enfants. Faute de trouver, nous nous sommes mises à créer les nôtres, et c’est comme ça que CKB est née », raconte Betty.
Les premiers ateliers se construisent à partir des compétences ou du parcours professionnel de chacune. À Betty, la manuelle de la sororie qui a travaillé dans le tourisme, les ateliers bricolage. Kelly, ancienne éducatrice spécialisée, s’occupe des chantiers plus sociaux quand Carine, infirmière lorsque l’association se lance, fait profiter de ses connaissances en matière de soins et de nutrition. « Nous avons toujours fonctionné de cette façon, même dans la gestion de l’association. Chacune à ses propres compétences. Nous essayons donc d’être complémentaires les unes des autres », précise Kelly.
SOLIDARITÉ ET PARTAGE
CKB prend une autre dimension lorsque, fin 2017, les trois sœurs concentrent leurs activités dans un local de Petit-Bourg, sur les hauteurs de La Lézarde. Des intervenants extérieurs s’associent pour donner cours de langues ou formations de couture. « Ce qui nous importe, c’est de favoriser une véritable forme de mixité sociale, et cela passe par des tarifs abordables. Rendre les activités proposées accessibles au plus grand nombre est capital dans le projet », insiste Kelly.
« Notre local est devenu un lieu de ressources. Les gens viennent s’informer, se confier, discuter. »
Et sa sœur Carine d’ajouter que « certaines années, nous sommes montés à une cinquantaine d’ateliers ». La réputation de l’association est faite. CKB dépasse les murs de Petit-Bourg et travaille avec des structures institutionnelles comme l’Aide sociale à l’enfance, la Caisse d’allocations familiales ou le Département. « Notre local est devenu un lieu de ressources. Les gens viennent s’informer, se confier, discuter. Nous essayons de rendre l’information accessible et ici, on vous accueille comme à la maison », souligne Betty.
La dimension familiale est capitale dans le projet. « Cette aventure découle de notre vécu. Ces notions de partage et de solidarité nous ont été inculquées toutes petites. Notre mère était présidente de l’association. Beaucoup de projets que nous avons construits nous étaient inspirés par elle. C’est le cas de l’action que nous avons mené autour de la mobilité des seniors. Nous avons mis à la disposition de ce public un minibus, une fois par semaine, dans chaque commune, pour faciliter leurs déplacements. Un dispositif que nous avions, à l’origine, imaginé pour notre mère, avant qu’elle ne décède », se souvient Carine.
« Nous pressentions que le projet aurait une résonnance nationale et c’est aujourd’hui le cas. »
L’association continue de grandir et va, dans les prochains mois, élargir son périmètre social. Mais que les fidèles se rassurent. L’ADN CKB, lui, ne va pas changer. « Nous pressentions que le projet aurait une résonnance nationale et c’est aujourd’hui le cas », précise Kelly. Pari réussi.
Retrouvez cet article dans le hors-série Portraits Guadeloupe de mars 2026