Claire Richer « L’art comme langage »
Danse. Communication. Art. Littérature. Engagement. Entrepreneuriat. Le parcours de Claire Richer s’articule autour de l’indépendance, de l’exigence et d’une quête constante d’esthétique et d’élégance. Sa conviction : la création permet de se réaliser et d’agir pour les autres.
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Claire Richer, directrice de la communication chez GBH, en arrière plan : oeuvre d'Hélène Raffestin © Jean-Albert Coopmann
Claire Richer « L’art comme langage »
Danse. Communication. Art. Littérature. Engagement. Entrepreneuriat. Le parcours de Claire Richer s’articule autour de l’indépendance, de l’exigence et d’une quête constante d’esthétique et d’élégance. Sa conviction : la création permet de se réaliser et d’agir pour les autres.
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L’art s’invite très tôt dans la vie de Claire Richer. Enfant, elle rêve de devenir danseuse. Une discipline qui lui apprend le travail, la persévérance, la discipline. Le corps devient un outil d’expression, le prolongement de sa sensibilité, une manière de viser l’excellence, aussi. Aujourd’hui encore, Claire est émue, parfois aux larmes, lorsqu’elle assiste à un spectacle de danse. Après son baccalauréat, elle postule même pour intégrer l’école Alvin Ailey à New York, mais se rétracte au dernier moment. « Ce parcours était trop éloigné de ma culture familiale », confie-t-elle. Cette première approche laisse une empreinte durable. L’art ne la quittera plus.
Une transmission exigeante
La culture familiale joue un rôle structurant dans la vie de Claire. Pour ses parents, l’une pharmacienne et l’autre dentiste, le travail est une valeur cardinale. Sa mère lui transmet un principe clair : travailler et préserver son indépendance, pour ne jamais dépendre financièrement de quiconque. À 12 ans, elle quitte sa Martinique natale pour poursuivre sa scolarité dans l’Hexagone, avec ses sœurs, plus âgées. Loin de ses parents, elle apprend rapidement l’autonomie et la résilience. Cette expérience forge chez elle une forte capacité d’adaptation et la conviction qu’il lui faudra créer son propre chemin. À 22 ans, elle perd sa mère. Une épreuve fondatrice, dont elle parle peu. Les coups durs existent. Elle en a traversé de nombreux. Mais elle choisit de ne pas s’y arrêter. Avancer, bâtir, se dépasser : sa trajectoire reste tournée vers l’avenir et le mouvement.
Directrice, collectionneuse, entrepreneure
Diplômée de Sciences Po Paris et titulaire d’un DEA en sociologie de l’EHESS, la jeune femme entre dans la vie professionnelle et gravit rapidement les échelons. Pendant 15 ans, elle occupe les postes de directrice marketing et communication, puis de directrice communication et marque, au sein d’Outremer Telecom / SFR. Son goût pour l’art, lui, ne faiblit pas. Elle découvre la peinture, s’intéresse d’abord à l’art haïtien, puis à l’art des autres îles de la Caraïbe. Elle écume galeries et musées parisiens, suit des artistes, observe leurs démarches et devient collectionneuse. En parallèle, elle renforce ses compétences en stratégie et en management avec un MBA à HEC. Une formation qui lui permet de structurer un projet de cœur, improbable : « Je suis sortie major de ma promotion avec un projet de galerie d’art, que j’ai ensuite transformé en plateforme web. » Elle crée le premier portail d’art contemporain de la Caraïbe, Uprising Art, dédié à la mise en valeur des artistes caribéens ou vivant dans la région. L’ambition est claire : donner de la visibilité, créer des opportunités, accompagner les démarches d’artistes encore peu valorisés. L’un des artistes qu’elle accompagne est repéré lors de la FIAC 2012 par le journal Le Monde, qui en fait sa une. « Une récompense incroyable pour le travail accompli. »
Un parcours de communicante à l’international
Claire évolue dans des environnements professionnels internationaux, où elle pilote des projets stratégiques d’envergure. Après avoir implanté la marque SFR sur les territoires ultramarins pour le groupe Outremer Telecom, elle occupe un poste de directrice de marque chez Altice, holding internationale de média et de télécommunications basée à Genève. Cette dimension internationale enrichit son regard et affine sa capacité à évoluer dans des contextes multiculturels. Son approche reste la même que lorsqu’elle accompagne des artistes : elle valorise les individus, initie les projets, développe les produits en s’appuyant sur une créativité débordante, guidée par sa sensibilité et ses valeurs humaines. Au sein de GBH, qu’elle rejoint en tant que directrice de la communication il y a sept ans, « pour sa dimension internationale et son ancrage dans la Caraïbe », elle pilote des actions transversales, avec une logique d’entrepreneure, sur des sujets aussi divers que la solidarité, l’insertion ou la jeunesse. Elle imagine et déploie une stratégie de marque au service des territoires. Elle contribue aussi au rayonnement des actions de la Fondation Clément, en cohérence avec son engagement de longue date auprès des artistes. « Le groupe agit comme un catalyseur de talents, offrant aux collaborateurs la possibilité de porter des projets, d’entreprendre et de mobiliser des compétences multiples, qui font sens pour les territoires. C’est une formidable opportunité de développement ».
Mettre en lumière
Après l’aventure d’Uprising Art, elle s’essaie, toujours en parallèle de sa vie professionnelle, à l’édition. Elle dirige à distance une société d’édition à Saint-Barthélemy, et lance notamment le magazine Coccoloba, dédié à la mise en lumière des acteurs économiques et sociaux de ce territoire. L’activité devient incompatible avec son rythme professionnel, elle y met un terme. Quelque temps plus tard, l’art la rattrape. La chaîne de télévision Zitata la contacte pour animer une émission littéraire. Elle refuse d’abord. « Je n’avais jamais fait ça, je ne connaissais pas ce métier. » Les défis la motivent, elle accepte finalement de faire un essai, qui s’avère concluant. Elle devient alors présentatrice de l’émission consacrée aux auteurs, Au gré des pages, puis de Jamais trop d’art, dédiée aux artistes. Elle aime créer ces espaces d’écoute et d’expression, mettre en lumière des parcours caribéens d’ici et d’ailleurs. Pour elle, valoriser les artistes et les auteurs au-delà de leurs œuvres, s’enrichir des rencontres humaines, est essentiel. « Il s’agit de reconnaître la singularité de leur trajectoire et de leur vision, de ressentir et de s’immerger dans leur univers. » Dans le prolongement de ces deux émissions, elle lance Signatures Caraïbe, un site web mettant en avant des artistes et des écrivains caribéens, où elle rassemble ses émissions culturelles. Elle retrouve l’intuition d’Uprising Art, enrichie d’une nouvelle composante, la littérature.
Sa conviction reste constante : l’art est un langage universel. « Pour chacun d’entre nous, il peut être un espace de dialogue et d’expression de sa sensibilité, un lieu d’ouverture à son état poétique. »