Delphine Seguy et Jessy Lessort, semer ensemble
Du lycée Bellevue au Morne des Olives, Delphine Seguy et Jessy Lessort, c’est un duo qui dure depuis bientôt 17 ans, lié par des passions communes, des valeurs partagées et surtout, un soutien et un respect mutuel sans faille.
Delphine Seguy et Jessy Lessort. ©Jean-Albert Coopmann
Delphine Seguy et Jessy Lessort, semer ensemble
Du lycée Bellevue au Morne des Olives, Delphine Seguy et Jessy Lessort, c’est un duo qui dure depuis bientôt 17 ans, lié par des passions communes, des valeurs partagées et surtout, un soutien et un respect mutuel sans faille.
« On ne s’engage pas si ça peut nous coûter notre santé mentale, notre santé physique ou nous détourner de nos valeurs. »
AMIES
L’amitié de Delphine et Jessy débute à l’Insa de Lyon, lorsque Jessy propose généreusement aide et conseils aux nouveaux étudiants antillais dont Delphine fait partie. « J’ai rencontré en Jessy quelqu’un de très avenant, beaucoup dans l’écoute, le partage, l’empathie », se souvient Delphine. Au lycée, elles ne se connaissaient que de vue. En école d’ingénieur, elles vont se rapprocher au fi des projets étudiants, des activités associatives et de séances à la salle de sport. Malgré des personnalités relativement différentes — « Delphine est un peu introvertie », « Jessy est beaucoup dans la communication » —, elles se comprennent et se complètent. Elles ont suivi le schéma scolaire classique — bonnes en sciences, parcours en école d’ingénieur — jusqu’à se retrouver dans des postes aussi prestigieux que peu passionnants et dénués de sens profond. Petites, elles aimaient déjà la nature, la randonnée, les insectes, les animaux, les activités manuelles… À 24 et 25 ans, l’âge des remises en question, elles décident de se reconvertir et de s’embarquer ensemble dans l’aventure de l’agriculture biologique, chez elles, en Martinique.
AGRICULTRICES
Jessy et Delphine n’ont pas d’héritage agricole ; ce ne sont pas des conjoints-collaborateurs, ces femmes qui aident leur compagnon sur l’exploitation ; elles ne sont pas non plus « ensemble » comme le pensent facilement certaines personnes. Ce sont « juste » de jeunes femmes et amies qui se sont associées. Et ça, ça ne manque pas de surprendre. En tant qu’amies, elles ont appris à savoir compter l’une sur l’autre. En tant qu’agricultrices et associées, cela se révèle être une force indiscutable. Si « Jessy a énormément d’idées de développement et s’épanouit dans le contact humain », de son côté, « Delphine fait preuve d’un sang-froid à toute épreuve. Quand elle a quelque chose en tête, que ce soit par la porte ou les fenêtres, elle va faire en sorte que ça passe. » Au quotidien, elles se rejoignent sur l’inflexibilité face à leurs valeurs : « On ne s’engage pas si ça peut nous coûter notre santé mentale, notre santé physique ou nous détourner de nos valeurs. Même quand il y a de l’argent en jeu. »
MÈRES
Toutes deux mamans, elles confient aussi la difficulté d’ajouter la variable « maternité » à l’équation que c’est que d’être femmes, agricultrices, entrepreneures. « C’est compliqué de gérer cette pression, d’avoir du temps pour tout ce que la société attend de nous », explique Delphine. Jessy abonde : « Quand on est maman seule et à son compte, c’est encore une autre dimension. Sans compter les difficultés que l’on peut rencontrer pendant la grossesse et le post-partum. » Au-delà de leur ténacité et de leur alignement, elles sont bien d’accord, que ce soit professionnellement ou personnellement : « Le plus important, c’est de trouver son équilibre à soi. »
Retrouvez cet article dans le hors-série Portraits Martinique de mars 2026