Diabète au féminin : 6 choses à savoir !
Le diabète affecte-t-il les femmes différemment que les hommes ? Certaines périodes de leur vie sont-elles plus sensibles ? Éléments de réponse.
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Diabète au féminin : 6 choses à savoir !
Le diabète affecte-t-il les femmes différemment que les hommes ? Certaines périodes de leur vie sont-elles plus sensibles ? Éléments de réponse.
1. Plus de femmes sont concernées !
Alors que le diabète touche principalement les hommes, cette tendance s’inverse dans les départements et régions d’outre-mer : les femmes sont davantage touchées. Elles sont 59 % en Guadeloupe et en Martinique, 57 % en Guyane, contre 45 % en France hexagonale.
2. Il existe un diabète de la grossesse
C’est le diabète gestationnel. Il concerne deux fois plus de personnes en Martinique que dans l’Hexagone. « En Guyane, sa prévalence est estimée à 10 %, soit deux fois plus qu’en France hexagonale », repère le Pr Nadia Sabbah, ex-cheffe de service endocrinologie, diabétologie, nutrition au CH de Cayenne. Le diabète gestationnel est une forme de diabète qui survient lors de la grossesse (il se déclare généralement vers le 5e mois) et disparaît après la naissance du bébé. Certains facteurs peuvent augmenter le risque de ce diabète, comme une grossesse après 35 ans, un gros bébé ou un antécédent de diabète gestationnel, des diabètes dans la famille et un surpoids avant la grossesse. Une femme qui a eu un diabète gestationnel encourt un risque 5 à 10 % plus élevé de développer un diabète quelques années après la grossesse, d’où la nécessité de réaliser un contrôle 6 mois après l’accouchement, puis annuellement, et d’avoir une bonne hygiène de vie.
3. La précarité des femmes est un facteur aggravant
Le diabète touche souvent les femmes précaires. « On note dans notre population un contexte de précarité et de multiculturalité (barrière de la langue) important, complexifiant la prise en charge éducative et nutritionnelle », explique le Pr Nadia Sabbah. Aux Antilles, également, le taux de pauvreté et le chômage féminin ont une incidence. Alimentation moins diversifiée, produits transformés moins chers que les produits frais, accès inégal à l’activité physique structurée. Et les femmes, souvent seules à élever leurs enfants, cumulent charges domestiques et professionnelles, au détriment de leur propre suivi médical. « En Guyane, il y a beaucoup de mères célibataires en condition très précaire, la prise en charge du diabète est alors très compliquée. » Et dans certaines communes de l’intérieur, accessibles uniquement par pirogue ou par avion, l’éloignement géographique complique encore le diagnostic et la prise en charge.
4. La ménopause est une période à surveiller
Avec la ménopause, la production hormonale diminue, ce qui peut faire fluctuer la glycémie. Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes peuvent perturber le sommeil et compliquer la gestion de la glycémie. Une prise de poids est aussi possible, augmentant ainsi les besoins en insuline ou autres médicaments. C’est donc une période qui nécessite une surveillance plus étroite de la glycémie, et des ajustements appropriés peuvent s’imposer afin de maintenir un équilibre convenable.
Le maintien d’une alimentation équilibrée et d’une activité physique est particulièrement essentiel dans cette phase de transition. Si vous observez des changements, parlez-en à votre médecin. Il faudra peut-être ajuster votre traitement.
5. La sexualité peut être perturbée
Les troubles sexuels que peuvent rencontrer les hommes diabétiques sont bien connus (trouble de l’érection et de l’éjaculation). Mais qu’en est-il de la sexualité des femmes ? Les difficultés observées le plus fréquemment sont la diminution du plaisir sexuel et l’inconfort lors du rapport sexuel. Ceci peut être lié à la diminution de la lubrification vaginale causée par des troubles vasculaires (sécheresse vaginale). D’autre part, l’élévation trop importante de la glycémie rend les femmes diabétiques plus vulnérables aux infections génitales, notamment aux mycoses vaginales. Les infections urinaires (cystites) sont également plus fréquentes. En effet, une glycémie élevée peut entraîner une présence excessive de sucre dans les urines, favorisant ainsi la prolifération des levures et des bactéries. Pour les prévenir, maintenez votre glycémie aussi proche que possible de votre objectif. Buvez beaucoup d’eau, portez des sous-vêtements en coton et urinez fréquemment au lieu d’attendre que votre vessie soit pleine.
6. Des risques cardiaques plus importants
L’excès chronique de sucre dans le sang endommage progressivement les artères et augmente fortement le risque de complications cardiovasculaires. Et ce risque est plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Une récente étude suédoise (2025) menée sur 400 000 patients précise cependant que les femmes diabétiques de type 1 sont plus vulnérables face à ce risque que celles atteintes du type 2.
« Si vous avez des antécédents familiaux et observez une prise de poids vers 40-50 ans, il faut vous faire dépister, car souvent, le diabète évolue depuis des années sans symptômes avant d’être découvert. Grâce au dépistage, qui est très simple à réaliser, on va pouvoir repérer un pré-diabète et éviter que ne s’installe la maladie pour le reste de sa vie. Un mode de vie sain, avec une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, est le meilleur moyen d’éviter cette maladie », recommande le Pr Nadia Sabbah, endocrinologue-diabétologue.