Fiona et Lysa Romany, l’audace récompensée

Fiona et Lysa ont cofondé avec Mehdi, leur associé, la marque Alohé. De leurs premiers stands sur les marchés à la conquête de l’Hexagone, il semble n’y avoir qu’un pas. Elles nous racontent.

Fiona et Lysa Romany. ©Jean-Albert Coopmann
Fyona et Lysa Romani. Fiona et Lysa Romany. ©Jean-Albert Coopmann

Fiona et Lysa Romany, l’audace récompensée

Fiona et Lysa ont cofondé avec Mehdi, leur associé, la marque Alohé. De leurs premiers stands sur les marchés à la conquête de l’Hexagone, il semble n’y avoir qu’un pas. Elles nous racontent.

Laëtitia Juraver

« Je peinais à définir mes boucles naturelles avec les produits trouvés dans le commerce. »

Fiona Romany

L’histoire débute en 2013. À 9 ans Fiona, la sœur cadette, se découvre une passion pour le cheveu : « J’ai appris très tôt à me coiffer seule, à réaliser mes propres soins. Je m’amusais à planter de l’aloe vera dans le jardin », explique-t-elle. Sa passion se précise à mesure que sa frustration grandit : « Je peinais à définir mes boucles naturelles avec les produits trouvés dans le commerce », confie Fiona. Forte de ses premiers essais, elle décide de tester ses produits sur ses proches.

2021, LES PREMIÈRES PROJECTIONS

À 17 ans, Fiona évoque l’idée de lancer un jour sa propre marque. Lysa nourrit elle aussi le rêve d’entreprendre : « J’ai toujours voulu créer mon entreprise, à l’image de nos parents. L’occasion était toute trouvée. » En 2022, elles décident alors de se lancer : « Nous avons créé notre identité, nos premières formules et initié nos premières communications avec un budget de 200 euros. Nous en avons finalement gagné 800. Dès les premières ventes, nous avons ressenti l’engouement des Martiniquais.e.s qui nous ont toujours soutenues », explique Lysa.

2023, CRÉATION DE LA SOCIÉTÉ

L’ambition de la marque se précise alors : « Nous voulons marquer l’histoire et montrer qu’en Martinique il est possible de proposer un produit et un packaging qualitatifs, qui puissent s’exporter », souligne Lysa. Le besoin lui aussi s’affine : « Notre population est très métissée. Résultat : beaucoup de Martiniquais.e.s dévalorisent leurs cheveux parce qu’ils.elles ne savent pas s’en occuper. Prendre soin de ses cheveux implique de choisir des produits adéquats, mais aussi de connaître les bons gestes. »

En 2025, c’est la consécration : Fiona et Lysa reçoivent quatre prix en récompense de leur audace, et du caractère innovant et qualitatif de leurs produits.

Fiona et Lysa ont aujourd’hui à cœur d’inspirer, de transmettre : « Dans le cadre d’une compétition inter-lycées, nous serons cette année les mentors d’une équipe de quatre étudiantes qui ont pour projet de créer une marque capillaire, un projet fictif qu’elles défendront peut-être à l’échelle régionale puis nationale », explique Lysa. « Aux jeunes Martiniquais.e.s, je leur dirais d’oser. Le secret, c’est de s’imaginer au sommet. C’est en travaillant comme un expert qu’on en devient un sans même s’en rendre compte. Si j’étais sceptique au début, aujourd’hui je ne me vois plus m’arrêter. Je pense déjà à la prochaine marque (rires) », ajoute Fiona, du haut de ses 22 ans. « Avant Alohé, on se disputait beaucoup (rires). Aujourd’hui nous partageons une même ambition. Chaque membre a trouvé sa place dans l’entreprise. La communication et la confiance jouent un rôle clé», conclut Lysa.

 

Retrouvez cet article dans le hors-série Portraits Martinique de mars 2026