Industrie : cap sur 2026
Emploi, jeunesse, souveraineté industrielle : pour 2026, le président de l’Association Martiniquaise pour la Promotion de l’Industrie (AMPI), Charles Larcher, appelle à un cap clair, stable et construit avec l’ensemble des acteurs du territoire.
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Charles Larcher, président de l'Association martiniquaise pour la promotion de l’industrie Jean-Albert Coopmann
Industrie : cap sur 2026
Emploi, jeunesse, souveraineté industrielle : pour 2026, le président de l’Association Martiniquaise pour la Promotion de l’Industrie (AMPI), Charles Larcher, appelle à un cap clair, stable et construit avec l’ensemble des acteurs du territoire.
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« Le début d’année est toujours un moment propice pour formuler des vœux ; mais surtout pour faire des choix. » Dans un territoire marqué par un chômage structurel, un taux de pauvreté élevé et la fuite d’une partie de la jeunesse, l’industrie constitue un levier stratégique majeur. Elle crée des emplois durables, rémunérateurs, qualifiés et non délocalisables, structure les filières locales et renforce la souveraineté économique de la Martinique, tout en localisant la valeur ajoutée sur le territoire.
L’industrie, pilier de l’emploi durable
« Entre 2011 et 2020, l’emploi industriel a progressé de 12 % en Martinique, à rebours des tendances nationales », rappelle Charles Larcher. Une dynamique qui démontre la capacité du secteur à créer de la richesse et des emplois. Ingénierie, maintenance, logistique, qualité, commerce, marketing, finance, contrôle de gestion, sécurité : l’industrie recrute sur une large palette de métiers. Avec un autre atout souvent méconnu : des niveaux de rémunération attractifset un taux d’encadrement élevé. « Nous sommes prêts à offrir aux salariés de réelles perspectives d’évolution », souligne le président.
Participer à la formation et intégrer la jeunesse
La jeunesse constitue une priorité pour 2026. En 2025, l’AMPI a renforcé ses actions en matière de formation et de développement des compétences, en lien avec le rectorat, l’Université et France Travail ainsi que les acteurs de l’emploi. Promotion des formations, ouverture des usines aux jeunes : « il est essentiel que les jeunes puissent se projeter concrètement dans nos entreprises », insiste Charles Larcher. L’objectif est de mieux faire coïncider les besoins des industriels et les aspirations d’une jeunesse en quête de stabilité et de perspectives sur le territoire.
Stabilité des dispositifs : une condition clé
Mais cette dynamique reste fragile. Pour investir, recruter et se projeter, les industriels ont besoin de visibilité. « La LODEOM a été maintenue, grâce à un travail collectif mené avec les députés et sénateurs, ce que le monde de l’entreprise tient à souligner. Le maintien du crédit d’impôt à l’investissement productif demeure attendu au budget 2026. Depuis le dernier trimestre de 2025, nous demandons, à l’État et à l’Europe, l’exclusion des Outre-mer de la mise en place du MACF (Mécanisme de contrôle du carbone aux frontières), dispositif inflationniste pénalisant l’industrie. Sans cadre stable, il est impossible de bâtir des stratégies de long terme et donc de développer l’industrie », rappelle le président de l’AMPI.
« Nous sommes prêts à offrir aux salariés de réelles perspectives d’évolution »
Le touristriel, axe structurant
Pour donner plus de visibilité à l’industrie, l’AMPI a initié en 2025 une dynamique de visites de sites de production. Grand public, scolaires, demandeurs d’emploi, élus et décideurs : plus d’une trentaine de visites ont été organisées. En 2026, le touristriel continuera son développement, avec des visites d’entreprises organisées chaque trimestre. « Voir de ses propres yeux nos usines, change le regard sur l’industrie et sur les opportunités qu’elle offre », observe Charles Larcher.
BTP : l’urgence d’un sursaut collectif
Autre priorité majeure pour 2026 : le BTP. La filière traverse une crise historique. Baisse de l’activité, effondrement de la commande publique, chute de plus de 60 % des volumes de ciment produits depuis 2008. Les conséquences sont lourdes : fermetures d’entreprises, perte de compétences, destructions d’emplois. Or le BTP représente près de 10 % de l’emploi total en Martinique et impacte toute une chaîne industrielle. Le président appelle à un plan BTP d’urgence, construit collectivement avec les élus, l’État, les bailleurs sociaux et les acteurs économiques pour relancer la commande publique.
Construire un cap industriel partagé
Enfin, l’AMPI souhaite renforcer son rôle d’acteur du développement territorial. Accompagnement de jeunes entreprises industrielles, ouverture à des entrepreneurs en phase de structuration, mise en réseau et partage d’expertise. Cette dynamique doit s’inscrire dans la construction d’un schéma territorial de développement industriel, coconstruit avec l’État, les élus, l’université et le secteur privé. « Car il n’y a pas de développement durable d’un territoire sans industrie forte », conclut Charles Larcher.