Julianie et Jeanice Vingadassalon, l’amazonie en bouteille

De recettes transmises de mère en fille à la création d’une marque artisanale, les sœurs Julianie et Jeanice Vingadassalon font vivre l’Amazonie à travers des liqueurs 100 % locales.

Julianie et Jeanice Vingadassalon. ©Christophe Fidole / ©Lilian Eloi
Julianie et Jeanice Vingadassalon. Julianie et Jeanice Vingadassalon. ©Christophe Fidole / ©Lilian Eloi

Julianie et Jeanice Vingadassalon, l’amazonie en bouteille

De recettes transmises de mère en fille à la création d’une marque artisanale, les sœurs Julianie et Jeanice Vingadassalon font vivre l’Amazonie à travers des liqueurs 100 % locales.

Nancy Lafine

« Entreprendre reste parfois un combat, surtout pour des femmes. »

Julianie et Jeanice Vingadassalon

En Guyane, certaines histoires s’écrivent au fil du temps, de génération en génération, à la manière d’un savoir-faire que l’on se transmet sans bruit. Celle d’Héritaj fait partie de celles-là. Derrière cette marque de liqueurs artisanales, deux sœurs, Julianie et Jeanice Vingadassalon, ont transformé une tradition familiale en aventure entrepreneuriale, enracinée dans l’Amazonie et portée par une lignée de femmes déterminées.

L’idée germe en 2018. À l’époque, les deux sœurs évoquent presque naturellement ce qu’elles ont toujours connu : les recettes de leur arrière-grand- mère, « Mamie Juju », célèbre pour ses liqueurs maison, transmises ensuite à leur grand-mère, puis leur mère. À Kourou, les week-ends se passaient souvent à éplucher des fruits, remplir des bouteilles, répondre à des commandes passées par le bouche- à-oreille. Une activité informelle, faite sur le temps libre, mais profondément ancrée dans le quotidien familial.

En 2020, Héritaj prend officiellement forme. Mauvais timing, pourrait-on croire. La marque démarre en pleine crise du Covid, au moment même où les premiers contacts avec les agriculteurs et la rhumerie se mettent en place. Le coup d’arrêt est brutal, mais pas décisif. « On a continué », disent-elles simplement. Fidèles aux recettes originelles, les sœurs lancent leurs premières bouteilles : citron, fleur de biscuits, gingembre. Des goûts francs, traditionnels, travaillés à partir de produits guyanais, 100 % naturels.

ENTREPRENDRE AU FÉMININ

Dans ce secteur encore largement masculin et dans un contexte local où entreprendre « reste parfois un combat, surtout pour des femmes », la reconnaissance ne s’est pas faite sans heurts. Difficultés d’accès aux grandes surfaces, visibilité parfois réduite, dépendance à l’approvisionnement en rhum… Mais le goût fait la différence et le récit aussi. Avec ses liqueurs, Héritaj séduit par son authenticité et son identité profondément amazonienne. La complicité fait aussi toute la différence, car chez les sœurs Vingadassalon, les rôles se répartissent naturellement. L’une gère l’administratif et les chiffres, l’autre les recettes, les producteurs, la matière. Un équilibre instinctif, nourri par une relation fusionnelle. Nous ne sommes pas que toutes les deux, chacun apporte sa pierre. Notre petit frère est aussi très présent. »

L’avenir ? Il se dessine au-delà des frontières de la Guyane, vers les Antilles, voire l’Hexagone, « mais sans brûler les étapes ». Pour Julianie et Jeanice, il s’agit d’abord de consolider, de sécuriser, de rester fidèles à ce qui fait l’essence d’Héritaj : une histoire de femmes, de transmission et de goût. Un héritage vivant, tout simplement.

 

Retrouvez cet article dans le hors-série Portraits Guyane de mars 2026

 

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