Laure Ducreux : Chercheuse d’eau à l’office de l’eau Guadeloupe

Laure Ducreux est hydrogéologue à l’Office de l’eau. Un métier qui vise à préserver la ressource et à en trouver de nouvelles.

© Lou Denim
Laure Ducreux hydrogéologue à l’Office de l’eau Guadeloupe © Lou Denim

Laure Ducreux : Chercheuse d’eau à l’office de l’eau Guadeloupe

Laure Ducreux est hydrogéologue à l’Office de l’eau. Un métier qui vise à préserver la ressource et à en trouver de nouvelles.

La profession mêle la connaissance de l’eau, de ses parcours souterrains et de surface, avec la maîtrise de la géologie. « Au départ, j’étais passionnée par les pierres », raconte Laure Ducreux, dynamique scientifique. « Mais un séjour dans un désert en Australie m’a vite fait goûter au manque d’eau et comprendre l’absolue nécessité de ce liquide vital. » Après cinq ans d’études scientifiques, Laure Ducreux fait ses classes au Cameroun avant de rallier le Bureau de recherches géologiques et minières de Guadeloupe. Le temps de faire quelques études sur les nappes phréatiques de l’archipel pour en parfaire la connaissance, notamment celles de Grande-Terre et de Marie-Galante. Désormais au service de l’Office de l’eau de Guadeloupe, elle participe aux trois volets de la mission de l’institution : préserver la ressource en eau et les milieux aquatiques, accompagner les acteurs, proposer et financer des actions.

Quantité et qualité

« Mon travail, c’est un peu celui de sourcier moderne », explique Laure en souriant. Un métier qui, dit-elle, mêle parfaitement le terrain et le bureau. Le terrain, c’est remonter des rivières, dénicher des sources, évaluer la quantité d’eau. S’interroger aussi sur son utilisation. « On cherche de la ressource en eau, pour le futur, et quand on la trouve, il faut qu’elle soit de bonne qualité, mais aussi raccordable au réseau de distribution. » Surtout qu’en Guadeloupe, la question de l’eau reste prégnante. « Ici, on capte majoritairement l’eau de surface pour approvisionner nos robinets », rappelle Laure. Avec l’inconvénient que cela suppose : au moindre incident climatique, les captages peuvent casser. L’obligation est donc faite de trouver de nouvelles façons d’avoir de l’eau, en quantité et qualité. « Le tout sans dégrader les milieux naturels » car l’eau se partage avec la vie aquatique et selon les usages.

L’accès à la ressource en eau se fait en sous-sol, mais pas seulement. À Marie-Galante et dans les zones où le projet est propice, l’Office de l’eau prône et accompagne la réhabilitation des mares. En recréant ces petits milieux aquatiques, c’est toute une nouvelle biodiversité qui se restaure. Dans les zones urbanisées, c’est vers le ciel que l’on se tourne. « Nous avons lancé un appel à projets, pour les collectivités, de récupération d’eau de pluie pour les bâtiments publics », détaille l’hydrogéologue. L’objectif : éviter d’utiliser de l’eau potable pour les chasses d’eau des sanitaires ou encore d’arroser les espaces verts à l’eau du robinet. « Toutes les méthodes sont bonnes pour favoriser la bonne gestion de la ressource et ralentir le cycle de l’eau », martèle Laure Ducreux. Avec la crise hydrique mondiale qui se profile sous les effets du dérèglement climatique, son métier est d’avenir. « En Guadeloupe, le job est passionnant et plein d’enjeux », sourit-elle, espérant sensibiliser et attirer des nouvelles recrues. Des femmes, si possible. Et ça tombe bien, ce 22 mars, c’est la Journée mondiale de l’eau dont le thème, cette année, s’attache à souligner l’importance de la participation des femmes dans toutes les décisions liées à l’or bleu.