Laurence Joseph : rire pour mieux guérir
« Mes règles, c’est comme les chutes du Carbet après une nuit de pluie », plaisante Laurence Joseph. La comédienne a fait de l’humour une arme contre sa maladie. Elle nous raconte.
© Lou Denim
Laurence Joseph : rire pour mieux guérir
« Mes règles, c’est comme les chutes du Carbet après une nuit de pluie », plaisante Laurence Joseph. La comédienne a fait de l’humour une arme contre sa maladie. Elle nous raconte.
Depuis quand souffres-tu d’endométriose ?
J’ai vécu très longtemps sans savoir ce que j’avais. On me disait que c’était juste des règles douloureuses. Puis, j’ai pris la pilule de 16 à 28 ans. C’est à l’arrêt de cette contraception que la douleur est revenue, encore plus forte ! Après avoir vu plusieurs médecins, c’est finalement un ostéopathe qui m’a mise sur la voie. Ce n’est donc que vers 30 ans que j’ai pu enfin mettre un mot sur ma maladie.
Comment décrirais-tu les douleurs ?
Quelques jours avant les règles, je ressens des douleurs au bas-ventre, je suis irritable, exécrable parfois ! Tout m’énerve : ma peau, la lumière… C’est comme si je ne contrôlais plus rien. C’est important que l’entourage reste calme. Et lorsqu’ elles arrivent mes règles, je ne peux plus bouger et reste allongée pendant deux jours. Ça fait comme des coups de poignard. Les gens ne peuvent pas imaginer le niveau de douleur. Et ce n’est pas que le ventre et les reins, c’est beaucoup plus étendu. Même la santé mentale y passe : dépression, sautes d’humeur. On peut même faire des crises d’hystérie !
Quelles sont les solutions que tu as trouvées pour aller mieux ?
Pendant les crises, la méditation me soulage. Ensuite, tout repose sur une bonne hygiène de vie. Je suis devenue une spécialiste en naturopathie ! Côté alimentation, j’évite la viande rouge, le porc, le sucre (optez pour du miel). Je mange du poisson et de l’huile de foie de morue en gélule pour les oméga-3, des légumineuses… Je prends du curcuma tous les matins, du thé vert une à deux fois par jour. Des fruits et des brocolis ! Je fais beaucoup de sport et travaille les muscles autour de la zone abdominale. Tout ça ne me guérit pas, mais améliore considérablement mon quotidien ! J’ai aussi remarqué qu’en Guadeloupe, je suis beaucoup moins malade, car moins carencée en vitamine D, grâce au soleil.
Utilises-tu des rimèd razié ?
Les plantes me sauvent ! Achillée millefeuille (zèb charpentier), alchémille vulgaire, ortie, datier… Toutes les plantes qui détoxifient le foie, car c’est le dernier organe avant l’utérus qui filtre les toxines. Quand le foie est chargé, ça fait mal, le sang s’épaissit, il faut le fluidifier au maximum. Je privilégie toujours des solutions naturelles et je peux dire que les herboristes, les naturopathes, les chiropracteurs et les ostéopathes sont d’une grande aide.
L’humour et la maladie sont-ils compatibles ?
Je suis résiliente. Dans mes spectacles, je parle de l’endométriose. 70 % de mon audience est féminine, je me sens accompagnée. Ça me donne de la force et me soulage aussi. Le rire libère des endorphines, ça détend le ventre. C’est une véritable arme contre la maladie, et c’est idéal pour faire de la prévention. Le message passe beaucoup mieux ! Carlita, un de mes personnages, explique : « L’endométriose, c’est comme si ton utérus était une passoire. Tu peux même égoutter des pâtes ! »
Qu’est-ce que cette maladie t’a appris de toi ?
Que j’étais forte ! J’ai eu des périodes où je ne pouvais pas marcher. La maladie m’a aussi permis une meilleure connaissance de mon corps, de mon cycle, de l’alimentation…
Souhaites-tu avoir des enfants ?
Quand j’ai su que j’avais des fibromes et une endométriose profonde, j’ai tout de suite compris que ce serait difficile d’avoir des enfants. Aujourd’hui, j’ai déjà plus de 40 ans. Si je veux des enfants, il me faudra me lancer dans un parcours d’aide à la procréation et peut-être passer par la case opération. J’ai du mal à accepter cela. J’ai peur de la chirurgie. En attendant, je prie beaucoup, même si je sais que ce n’est pas comme ça qu’on fait des enfants (rires). Mais je crois au miracle (rires).
Comment te vois-tu dans 10 ans ?
Enfin ménopausée (rires) ! En forme et heureuse de dire que tout ça, c’est fini ! J’espère quand même avoir un enfant. Je lui dirais : « Tu es un miracle, alors pas enmewdé mwen ! » (rires)
Pourquoi elle a accepté de poser en couverture…
Je suis très fière de faire la couverture de Rimèd. Pour une fois, on ne parle pas de mon travail, mais de moi. Les gens me voient joyeuse au quotidien, mais au fond de moi, j’ai des défis santé à relever. Et puis, c’est important de parler de la santé des femmes. On ne le fait pas assez. Je le fais pour partager mon expérience et sensibiliser.
Bio express
Laurence Joseph est originaire de Saint-Claude (Guadeloupe). Très tôt, elle se découvre une passion pour le théâtre et remporte un succès phénoménal grâce au duo Domino (400 épisodes TV et une tournée de 500 dates !). En 2012, elle écrit son premier one woman show, Ça va décoiffer, puis Surtout ne change pas. Elle obtient des rôles au cinéma et participe à de nombreuses productions audiovisuelles : Fais pas ci, fais pas ça, Tropiques criminels… et tient en 2023 un rôle principal dans la série Wish de Julien Dalle. En 2025, elle revient avec un nouveau spectacle : Je ne suis pas les autres, just me, qu’elle jouera à l’Européen, le 7 mai prochain.