Mapie, cause i’m mapie

Connue sur la scène slam martiniquaise, Mapie, de son vrai nom Marie-Pierre Loiseau, oscille entre l’ombre et la lumière. Dans cet apparent paradoxe entre vie professionnelle et privée, elle a trouvé un équilibre rassérénant. Elle virevolte au gré de ses envies d’artiste.

Marie-Pierre Loiseau. ©Lia Visyon
Marie-Pierre Loiseau. Marie-Pierre Loiseau. ©Lia Visyon

Mapie, cause i’m mapie

Connue sur la scène slam martiniquaise, Mapie, de son vrai nom Marie-Pierre Loiseau, oscille entre l’ombre et la lumière. Dans cet apparent paradoxe entre vie professionnelle et privée, elle a trouvé un équilibre rassérénant. Elle virevolte au gré de ses envies d’artiste.

Muriel Erdual

Cadre de profession, Marie-Pierre Loiseau travaille dans l’ombre. Son leitmotiv, explique-t-elle, est de se sentir utile. « Je contribue, dans tous les aspects de ma vie, à construire des lendemains meilleurs », poursuit-elle songeuse. Dans la sphère privée, Mapie, slameuse, poétesse, metteuse en scène, anime des ateliers de poésie, d’écriture et de déclamation.

Féminisme chevillé au corps, son bras gauche est tatoué : « Je suis la femme de ma vie. » Une marque indélébile de sa confiance en elle et de son engagement féministe au sein de l’association Culture et Égalité. La femme de ma vie est aussi un de ses poèmes extrait de son recueil Femmes fontaines édité en 2023. « Il se lit comme une prière pour jeune fille », annonce-t-elle.

UN AVANT-GOÛT DE LA SCÈNE

Avant de tutoyer le slam et la poésie, Mapie a suivi des cours de théâtre à l’âge de 14 ans, au Sermac d’abord. Durant dix années, l’enfant du quartier Trénelle-Citron, s’adonne à sa première passion : la comédie. À la même époque, entraînée par son frère aîné, la jeune artiste se passionne aussi pour le rap. Apparence de garçon manqué portant baggies et Caterpillar aux pieds, Mapie évolue dans le hip-hop au sein de Boss Konneksyon. Elle est la seule fille parmi les cinq membres du groupe. Son oncle Ras Daniel, figure respectée du reggae conscient, leur trouve des scènes pour jouer.

En 2009, elle ose déclamer un de ses textes de rap lors d’un open-mic de slam au Teyat Otonom Mawon lors du Festival de Fort-de-France. L’aventure commence dès lors. Trois années s’écoulent ; Mapie remporte le Madinina slam contest. Valer’ Egouy lui donne carte blanche pour performer un spectacle sur Aimé Césaire à l’occasion du Festival Lire et dire pour le plaisir. Il l’embarque outre-Atlantique. Les portes de l’Afrique s’ouvrent : Côte d’Ivoire, Congo, Sénégal. En 2019, à travers l’association Balar(t)ichenn, elle décide, avec le slameur Yawa, de poursuivre l’organisation du tournoi Madinina Slam Contest initié par Fabrice Théodose.

Pétillante de vie, Mapie ponctue souvent ses phrases par un rire euphorisant. De ses maux, il est peu question. Du moins les aborde-t-elle très sereinement. Elle les a transcendés grâce à la kinésiologie. Poétesse pulsionnelle, Mapie achève actuellement son quatrième ouvrage en auto-édition ; preuve que sa vitalité artistique débordante ne faiblit pas avec les années.

 

Retrouvez cet article dans le hors-série Portraits Martinique de mars 2026