Nathalie et Marlène Fung, une affaire de sœurs

Les sœurs Fung baignent dans le commerce depuis l’enfance. De cette culture partagée est née l’aventure Nath Café, une entreprise aujourd’hui déclinée en cinq coffee shops. Confiance et complémentarité sont les ingrédients de leur succès.

Nathalie et Marlène Fung. ©Mathieu Delmer
Nathalie et Marlène Fung. Nathalie et Marlène Fung. ©Mathieu Delmer

Nathalie et Marlène Fung, une affaire de sœurs

Les sœurs Fung baignent dans le commerce depuis l’enfance. De cette culture partagée est née l’aventure Nath Café, une entreprise aujourd’hui déclinée en cinq coffee shops. Confiance et complémentarité sont les ingrédients de leur succès.

Adeline Louault

« Avec un associé extérieur, je ne l’aurais pas fait. C’était ma sœur ou rien. »

Nathalie Fung

Tout commence en 2013, à Cayenne, quand le vidéoclub familial, fragilisé par l’évolution des usages, ferme ses portes. Marlène imagine une reconversion audacieuse: ouvrir un coffee shop, un lieu cosy et confortable qui servirait des douceurs majoritairement locales et faites maison. Nathalie — qui, elle, ne boit pas de café — est plus sceptique mais part tout de même se former à Paris, six mois durant, dans un Starbucks. Elle y découvre un univers très calibré et un concept facilement reproductible. À son retour en Guyane, le premier Nath café lève le rideau. Marlène, alors salariée, seconde son aînée avant de la rejoindre à plein temps pour gérer l’enseigne de Rémire-Montjoly, créée en 2018. « Après la naissance de ma fille, j’avais du mal à tout concilier, explique Nathalie. Avec un associé extérieur, je ne l’aurais pas fait. C’était ma sœur ou rien. »

DEUX TEMPÉRAMENTS, UN MÊME CAP

Les rôles se dessinent naturellement. Marlène gère les chiffres, l’administratif, la stratégie. Elle se décrit comme peu sociable mais observatrice. Dix ans dans l’immobilier, milieu rude et exigeant, l’ont forgée. Intuitive et spontanée, Nathalie crée le lien, échange avec la clientèle, façonne la déco et l’identité visuelle des cafés.

« C’est agréable et rassurant de se dire que Nathalie n’est pas une simple collègue. »

 

Aujourd’hui, cinq établissements portent leur signature. Pour préserver leur relation, elles ont fait un choix rare : chacune gère juridiquement ses propres cafés. Une organisation qui évite les tensions et laisse à chacune sa liberté d’expression. Car au-delà des compétences, ce qui fait la force de ce duo, c’est leur authenticité. Nathalie assume son côté bavard, Marlène de ne pas aimer les décorations de Noël. Loin de se conformer à un modèle, elles ont construit leur propre formule, adaptée à leurs personnalités et à leur relation. « C’est agréable et rassurant de se dire que Nathalie n’est pas une simple collègue », confie Marlène. Cette foi instinctive en l’autre leur permet de prendre des risques, d’innover et de traverser les difficultés ensemble. « Nous nous concertons dès qu’il y a un problème ou qu’un projet nous vient en tête, c’est une question de confiance », ajoute Nathalie.

Au-delà de leur activité, les Fung défendent une vision engagée de l’entrepreneuriat féminin. Marlène est marraine de FemmDoubout, une association qui accompagne des jeunes porteuses de projet. Elle y transmet une conviction simple : ne pas douter, structurer son projet et oser se lancer. « Dans ma carrière, en tant que femme, et de par mes origines chinoises, j’ai dû batailler pour faire ma place. Aujourd’hui, j’aime partager mon expérience. La femme guyanaise ne doit pas baisser la garde. Elle est forte et possède toutes les ressources nécessaires pour réussir. »

 

Retrouvez cet article dans le hors-série Portraits Guyane de mars 2026