Parier sur l’aquaponie pour briser la dépendance alimentaire
Capable de produire toute l’année à un coût maîtrisé, de résister aux conditions cycloniques et de générer un revenu sur moins d’un hectare, l’aquaponie offre de réelles perspectives face aux défis agricoles des territoires ultramarins.
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Parier sur l’aquaponie pour briser la dépendance alimentaire
Capable de produire toute l’année à un coût maîtrisé, de résister aux conditions cycloniques et de générer un revenu sur moins d’un hectare, l’aquaponie offre de réelles perspectives face aux défis agricoles des territoires ultramarins.
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«Si rien ne change dans les pratiques agricoles, la dépendance alimentaire va encore progresser », martèle Frédéric Galan, ingénieur agronome installé en Guadeloupe depuis 18 ans où il a créé IDDOM (Innovation au service du développement des DOM). « Aujourd’hui, près de 80 % de l’alimentation est importée. Explorer des solutions hors-sol comme l’aquaponie, avec méthode, constitue une piste sérieuse pour renforcer la souveraineté alimentaire de nos territoires. Innover, c’est prendre le risque de réussir. » L’aquaponie est un mode de production hors sol associant, en circuit fermé, un élevage de poissons à la culture de végétaux à cycle court (maraîchage). Les déjections des poissons, riches en nutriments, servent à fertiliser les plantes qui « déchargent » ainsi l’eau qui retourne aux bassins aquacoles. Ses atouts : très économe en eau, en surface, en énergie, exempte de pesticides et surtout capable de produire, même en saison cyclonique.
Une première ferme aquaponique
À ce jour, l’aquaponie commerciale est inexistante aux Antilles-Guyane. La Guadeloupe compte, en effet, moins de 10 ha de cultures hydroponiques. « À l’échelle des DROM, l’île de La Réunion se démarque avec une expérience de plus de 20 ans de culture hors-sol à culture », précise Frédéric Galan. Près de 75 % des tomates y sont produites en hydroponie, par plus de 300 producteurs. « L’aquaponie a tout son sens en complément de la production traditionnelle maraîchère. Cette culture pourrait, si elle est bien maîtrisée, assurer une production locale de tomates, piments, aubergines durant la période cyclonique. » Afin d’impulser une dynamique locale sur le sujet, Frédéric Galan va installer, courant 2026, une ferme aquaponique de 3 000 m2, JannaH One, sur les hauteurs de Capesterre-Belle-Eau, commune très impactée par la chlordécone. Objectif : produire environ 15 tonnes de poissons et autant de légumes par an : tomates , piments, plantes aromatiques pour le marché local. Des produits qualitatifs au juste prix. Dans une volonté d’intégration territoriale, cette ferme sera également ouverte au public pour des visites, formations et de la remise directe au consommateur. Si le succès est au rendez-vous, l’aquaponie ouvrira de réelles perspectives pour l’installation de jeunes agriculteurs sur des exploitations de petite taille (< 1 ha), modernes, rentables, respectueuses de l’environnement et des travailleurs (ergonomie de travail, absence de produits chimiques, etc.).