Patricia Lépine, incarner le partage et l’ouverture

Patricia Lépine raconte Amélia, d’Irma mon amour à De Saba au crépuscule d’Omaha tout juste paru. Des histoires écrites à quatre mains avec Errol Nuissier, partagées avec Patricia Lollia, artiste peintre, qui a inventé le visage inédit de leurs couvertures.

Patricia Lepine. ©Cédrick-Isham Calvados
Patricia Lepine. Patricia Lepine. ©Cédrick-Isham Calvados

Patricia Lépine, incarner le partage et l’ouverture

Patricia Lépine raconte Amélia, d’Irma mon amour à De Saba au crépuscule d’Omaha tout juste paru. Des histoires écrites à quatre mains avec Errol Nuissier, partagées avec Patricia Lollia, artiste peintre, qui a inventé le visage inédit de leurs couvertures.

Anne de Tarragon

« Si j’ai toujours aimé écrire, en tant que femme, je n’ai clairement pas eu le temps de m’y consacrer. »

Patricia Lepine

Partage et ouverture sont bien plus qu’une devise, une manière d’être pour Patricia Lépine, illustrant les choix de son parcours, tant personnel que professionnel. Elle ne pose qu’une seule limite, sine qua non, à cette ouverture : la conformité à ses valeurs. « J’ai eu la chance de vivre, enfant, près de Léopold Sédar Senghor qui habitait dans mon village en Normandie. Il a eu une influence considérable sur mes choix futurs. Je lui dois mon ouverture d’esprit et cette envie de connaître la culture de l’autre et singulièrement la culture africaine, en lien étroit avec la négritude. » Elle dépose pourtant son rêve d’écriture et de poésie, le temps d’intégrer l’Institut d’études politiques de Bordeaux, puis d’une carrière dans l’administration. « Le choix de la Guadeloupe depuis 26 ans résulte d’un attachement fort à cette île, autant que d’un écho puissant à Senghor et derrière lui, Césaire. Si j’ai toujours aimé écrire, en tant que femme, je n’ai clairement pas eu le temps de m’y consacrer. »

PARTAGER UNE AVENTURE

Ouverture et partage… L’écriture à quatre mains avec son compagnon Errol Nuissier a joué pour Patricia le rôle de détonateur : « Dans ce partage sentimental, d’écriture, d’idées, d’imaginaires, on est porté par une énergie démultipliée. C’est aussi une forme de défi, qui demande des compromis, d’écouter l’autre, de se remettre en cause. Errol a une approche psychologique, sociologique. Moi je suis dans l’imagination. » Au-delà de la littérature, Patricia ouvre encore l’espace de la création. « J’ai eu envie de partager cette aventure avec une artiste plasticienne, Patricia Lollia, pour laquelle j’ai eu un vrai coup de cœur, touchée par sa sensibilité et son regard de femme. Autodidacte, elle s’inspire de multiples cultures et sa peinture est elle-même ouverture. Elle a créé, sans connaître l’histoire d’Amélia, deux tableaux qui ont trouvé, comme une évidence, leur place en couvertures de nos livres. »

« J’ai pensé à mes filles en choisissant Amélia, enfants métisses aux cultures plurielles dans un monde aux défis complexes. »

 

FEMME DOUBOUT

« Fanm sé chatengn, nonm sé fouyapen, la femme est une châtaigne, l’homme un fruit à pain. » Le ton est donné dès l’incipit du premier roman. Car c’est bien là le projet, précise Patricia, « parler de la Femme, à travers des événements particuliers douloureux que sont les ruptures amoureuses, les situations de violence intrafamiliale, conjugale, sexuelle, les secrets familiaux, autant de sujets qui ont marqué et marquent encore l’histoire des femmes. Malgré leur vulnérabilité apparente, elles se relèvent toujours. J’ai pensé à mes filles en choisissant Amélia, enfants métisses aux cultures plurielles dans un monde aux défis complexes. La fiction permet de toucher le public en parlant à sa sensibilité, à ses émotions, voire à son propre vécu. »

 

Retrouvez cet article dans le hors-série Portraits Guadeloupe de mars 2026