RSMA : 65 ans au service des jeunes et du territoire
Dispositif militaire d'insertion socio-professionnelle existant aux Antilles depuis 1961, le Service militaire adapté a constamment évolué depuis sa création afin de répondre aux enjeux du territoire et de la population. Il ajuste ainsi ses actions aux besoins de la jeunesse guadeloupéenne et saint-martinoise, qui demeure au cœur de sa mission.
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- Emploi local
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Présentation au drapeau RSMA Guadeloupe
RSMA : 65 ans au service des jeunes et du territoire
Dispositif militaire d'insertion socio-professionnelle existant aux Antilles depuis 1961, le Service militaire adapté a constamment évolué depuis sa création afin de répondre aux enjeux du territoire et de la population. Il ajuste ainsi ses actions aux besoins de la jeunesse guadeloupéenne et saint-martinoise, qui demeure au cœur de sa mission.
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Le RSMA, régiment du service militaire adapté, célèbre, cette année en Guadeloupe, plus de six décennies d’engagement au service de la jeunesse et du territoire. Créé dans les années 1960 pour permettre aux jeunes ultramarins d’effectuer leur service national sur place, le régiment a pris un tournant après la suspension du service militaire obligatoire (1996). Il est devenu un dispositif volontaire pour les 18-25 ans éloignés de l’emploi, centré sur la formation et l’insertion professionnelle.
Aujourd’hui, le RSMA propose une vingtaine de filières en lien direct avec les besoins économiques locaux : bâtiments et travaux publics (avec permis et certifications), automobile et maintenance, tourisme et restauration, logistique et transport, agriculture et maraîchage, ainsi que la préparation aux métiers de la sécurité et de l’administration. Les volontaires sont nourris, logés et perçoivent des indemnités mensuelles.
Pour le colonel Laurent Nobel, chef de corps, le défi est double : recruter plus de jeunes filles (environ 30 % actuellement), et encourager les volontaires à rester et s’insérer sur le territoire. « D’où l’importance de connecter ces jeunes avec les chefs d’entreprises guadeloupéens, qui ont besoin d’eux », précise-t-il.
Le RSMA accompagne les jeunes dans tous les aspects de leur parcours, de l’encadrement militaire et pédagogique à un suivi médico-social. Les jeunes mères pourront bientôt bénéficier d’une crèche à vocation d’insertion, leur permettant de suivre leur formation tout en confiant leur(s) enfant(s).
Pour atteindre ses objectifs, le régiment multiplie les initiatives : présence sur les réseaux sociaux, journées portes ouvertes, cérémonies mensuelles, et déplacements sur le terrain. Un bureau de recrutement a également ouvert à Saint-Martin en septembre 2025 pour renforcer l’ancrage local.
La fondation RSMA, financée par des fonds privés, soutient aussi des projets complémentaires : formations spécialisées, création d’entreprise ou accompagnement jusqu’à 30 ans. « Nous voulons que chaque jeune quitte le RSMA mieux préparé à la vie professionnelle et plus confiant dans son avenir », conclut le colonel Nobel.
EN CHIFFRES : LE RSMA GUADELOUPE C’EST
25 formations professionnelles
475 volontaires stagiaires recrutés en 2025
139 volontaires techniciens recrutés en 2025
80 % de taux annuel d’insertion des volontaires stagiaires
3 questions à…. Lieutenant-colonel Luc Girieu, directeur des opérations. « Une intéraction constante avec le tissu économique »
Comment le RSMA reste-t-il en phase avec un territoire en constante évolution ?
Depuis son passage à la formation professionnelle, le RSMA travaille en lien permanent avec les partenaires économiques et institutionnels. Chaque année, le conseil de perfectionnement, présidé par le préfet, valide les projets et ajustements proposés par le régiment. C’est un espace d’échange : le RSMA expose ce qu’il peut mettre en œuvre, les partenaires expriment leurs besoins et l’État valide les décisions. Autre moyen de rester connecté à son environnement, le RSMA fait appel à des jurys professionnels qui interviennent aussi en fin de parcours, permettant aux entreprises d’évaluer les compétences, de recruter et de proposer des ajustements ou de nouveaux modules. Cette interaction constante avec le tissu économique contribue directement à un excellent taux d’insertion par la mise en relation directe entre les potentiels employeurs et les jeunes.
Quelles adaptations concrètes avez-vous dû engager face aux évolutions du public accueilli et du marché du travail ?
Le RSMA a mis en place un accompagnement médico-social structuré pour les jeunes aux parcours fragilisés ou confrontés à des problèmes d’addiction et de santé. Une équipe, composée notamment d’une psychologue et d’une assistante sociale, aide à lever ces freins pour rendre la formation efficace. Certaines filières ont également évolué : la production agricole pédagogique a obtenu une certification biologique, et la filière petite enfance prépare désormais au CAP, indispensable pour un emploi durable.
Comment préparez-vous les jeunes aux métiers et aux défis de demain ?
Au-delà des besoins immédiats, le RSMA anticipe les évolutions du marché du travail en adaptant les contenus pédagogiques et en intégrant de nouvelles compétences. La filière informatique devrait bientôt inclure la conception et l’impression 3D avec matériaux recyclés ; la filière bois envisage d’intégrer davantage d’outils numériques et de conceptions assistées. Dans le tourisme, les formations prennent en compte le développement des meublés et de la conciergerie. L’objectif n’est pas seulement de former à un métier, mais de donner aux jeunes la capacité de s’adapter durablement à un environnement professionnel en mutation.
SÉCURISER LES BESOINS EN COMPÉTENCES
« Au vu de nos difficultés de recrutement, notamment pour les postes liés à la campagne sucrière, nous avons misé sur un partenariat gagnant-gagnant avec le RSMA », confie Cassandre Chomereau-Lamotte, DRH de la sucrerie Gardel. « L’objectif : recruter principalement des électrotechniciens et des caristes avec la possibilité d’élargir les profils selon les besoins futurs. »
Pourquoi le RSMA ? « Parce que les jeunes y sont formés à double titre : ils apprennent un métier et développent un savoir-faire, mais le RSMA leur transmet aussi les codes de l’entreprise, la discipline, le respect de la hiérarchie et la ponctualité. »
Deux caristes*, caporal-chef Florian Bienvenu, 25 ans et Tery Pharaoh, 23 ans, formés au RSMA, ont ainsi été recrutés pour la campagne 2026, sélectionnés en novembre parmi seize candidats lors d’une matinée de recrutement. Affectés au site logistique de Jarry, ils participent à la manutention et à l’expédition du sucre destiné à l’export. En effet, durant la campagne, de février à juillet, Gardel voit presque doubler ses effectifs, passant de 200 salariés à plus de 420. « Les besoins deviennent naturellement beaucoup plus importants, car nous fonctionnons 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. »
Ce partenariat naissant avec le RSMA pourrait, à terme, accompagner le renouvellement des effectifs de la sucrerie et anticiper les nombreux départs à la retraite. « Nous aurons très bientôt besoin de personnels formés à la mécanique agricole et à la soudure. Si les besoins se confirment, nous n’hésiterons pas à proposer au RSMA la mise en place de formations spécifiques », conclut la DRH. *Cariste : technicien professionnel de la manutention.
UNE ALLIANCE GAGNANTE POUR FORMER LES TALENTS DE DEMAIN
Estelle Crail, 21 ans, devrait devenir fin mars 2026, la première femme diplômée en électromécanique automobile en Guadeloupe, dans le cadre du dispositif Tremplin pour l’emploi. Son parcours illustre le succès d’un partenariat inédit entre le RSMA, le groupe GBH et le Greta-CFA*. Comme onze autres jeunes, elle a bénéficié d’un programme structuré en deux temps : six mois de préparation au sein du RSMA avec un enseignement technique et un accompagnement à l’insertion, puis une année de formation en alternance au lycée professionnel Paul Lacavé à Capesterre-Belle-Eau.
À la clé : un titre professionnel de niveau 4 et un emploi en contrat à durée indéterminée comme électromécanicien au sein d’une filiale du groupe GBH (SGDM, CAMA, CARMO, Bamy Pneus et la GUP). Estelle Crail rejoindra, pour sa part, l’entreprise CARMO Toyota.
Au-delà de cette première promotion, GBH entend faire évoluer le dispositif en Guadeloupe, déjà déployé dans d’autres territoires ultramarins. « Nous souhaitons élargir la gamme de métiers et surtout renforcer notre coopération avec les partenaires publics », explique Ludovic Erbeia, directeur du pôle automobile de GBH en Guadeloupe.
Ce dispositif s’inscrit dans une dynamique engagée depuis longtemps, ici en Guadeloupe comme ailleurs en Outre-mer. « Ce partenariat GBH-RSMA repose sur une conviction forte : l’insertion professionnelle des jeunes est une responsabilité partagée, et nous avons, en tant qu’acteur économique majeur, un rôle concret à jouer pour le développement du territoire », poursuit Ludovic Erbeia. « Pour GBH, s’associer au RSMA, c’est soutenir un acteur qui change réellement des vies, et c’est contribuer à créer les compétences dont le territoire a besoin. » *GRETA-CFA : groupement d’établissements locaux de l’Éducation nationale.
« NOUS VOULONS QUE CHAQUE JEUNE QUITTE LE RSMA MIEUX PRÉPARÉ À LA VIE PROFESSIONNELLE ET PLUS CONFIANT DANS SON AVENIR »
Les trois piliers pédagogiques
Le RSMA structure son action autour de trois piliers complémentaires : les savoir-faire avec l’acquisition de compétences techniques validées par des certifications ; les savoir-être, incluant ponctualité, respect des consignes, travail en sécurité et esprit d’équipe, des qualités particulièrement recherchées par les employeurs ; enfin, les savoir-devenir qui renforcent l’employabilité des jeunes en leur donnant les clés pour construire leur projet de vie, surmonter les obstacles et gagner en autonomie.
Volontaire technicien : l’offre méconnue
L’offre des volontaires techniciens s’adresse à des jeunes déjà diplômés, du CAP à la licence. Ils rejoignent le régiment pour acquérir une première expérience professionnelle en lien avec leur formation initiale. Affectés à des postes participant au fonctionnement du régiment, ils peuvent encadrer de petites équipes, assurer des permanences ou exercer des responsabilités opérationnelles. Présents en moyenne 2 à 3 ans et jusqu’à 5 ans, ils valorisent ainsi leur CV et développent des compétences pratiques et managériales.
Former pour intervenir en cas de crise
Chaque année, le RSMA forme ses jeunes aux interventions de premiers secours, au déblaiement et à l’intervention post-cyclonique avec la sécurité civile. L’objectif est de renforcer cette contribution en développant le recrutement des réservistes spécialisés et en augmentant le volume de formations pour préparer le territoire aux défis futurs.