Valérie et Marie-Paule Tribord, un seul c(h)œur

Onze mois les séparent sur le calendrier mais rien ne les sépare dans la vie. Choristes et chanteuses, Valérie et Marie-Paule incarnent une fusion rare, portées par l’amour de la musique et une joie de vivre qui rayonne sur toutes les scènes du monde.

Valérie et Marie-Paule Tribord. ©Christophe Fidole
Valérie et Marie-Paule Tribord. Valérie et Marie-Paule Tribord. ©Christophe Fidole

Valérie et Marie-Paule Tribord, un seul c(h)œur

Onze mois les séparent sur le calendrier mais rien ne les sépare dans la vie. Choristes et chanteuses, Valérie et Marie-Paule incarnent une fusion rare, portées par l’amour de la musique et une joie de vivre qui rayonne sur toutes les scènes du monde.

Adeline Louault

« Valérie avait cette envie de lumière qui n’était pas la mienne. Être à l’avant ou choriste ne change rien, l’essentiel c’est d’être là. »

Marie-Paule Tribord

CONNEXION

Les sœurs Tribord forment un binôme fusionnel qui défie l’entendement. « On arrive à communiquer sans se parler », confie Valérie. Leur complicité ressemble à celle de jumelles : quand l’une commence une phrase, l’autre la termine. Solaires, chaleureuses, elles rient constamment. Cette connexion quasi télépathique se révèle dans leur art. Quand on leur demande de créer des harmonies vocales, inutile de se concerter, les notes s’imposent naturellement — la fondamentale, la tierce, la quinte — dans un accord parfait. « On ne sait pas comment l’expliquer, c’est comme ça », avoue Marie-Paule, l’aînée.

COHÉSION

Chacune occupe sur scène une position qu’elle s’est choisie. Lead vocalist assumée, Valérie construit aujourd’hui une carrière solo. Marie-Paule se définit fièrement comme « le socle », la choriste observatrice qui veille depuis l’ombre. Cette répartition n’est pas une résignation mais un choix conscient. « Valérie avait cette envie de lumière qui n’était pas la mienne. Être à l’avant ou choriste ne change rien, l’essentiel c’est d’être là. » De sa place, elle voit ce que sa sœur ne peut percevoir sous les projecteurs. Elle conseille, protège, accompagne. « L’équilibre est parfait », affirment-elles d’une même voix.

« Être deux, c’était notre force. »

 

COLLABORATION

Bercées par la musique éclectique qu’écoutaient leurs parents — du zouk au reggae, de la mazurka au bouzouki — les deux sœurs ont commencé très tôt le piano puis le chant. À 15 ans, Valérie monte sur scène lors du concert de Kassav à Cayenne et chante Eva aux côtés de Patrick Saint-Éloi. « Je l’ai hissée de toutes mes forces pour qu’elle rejoigne le groupe », se souvient Marie-Paule. Un geste symbolique qui cristallise la dynamique du duo. Repérée par les Blue Birds, Valérie devient la chanteuse principale de l’orchestre guyanais. Marie-Paule la rejoint un an plus tard comme choriste. Réputées pour leur « couleur vocale » unique, elles chantent aux côtés des plus grands artistes caribéens comme Gilles Floro ou Frédéric Caracas et accompagnent, entre autres, Cesaria Évora, Bob Sinclar, Bernard Lavilliers, Tiken Jah Fakoly ou Alpha Blondy, avec qui elles parcourent toujours le monde dix mois sur douze.

CONFIANCE

Ce qui protège ces deux jeunes femmes parties de Guyane à 16 et 17 ans ? Leur duo, d’abord. « Être deux, c’était notre force », résume Marie-Paule. Elles ont connu des projets qui n’ont pas abouti, des moments de doute, des portes fermées. À chaque fois, elles se sont relevées, portées par leur complicité, leur foi et le soutien de leur famille. « Sans cette sécurité affective, sans l’amour et la confiance de nos parents, rien n’aurait été possible. » Cet alignement de forces leur permet de rester authentiques et de ne jamais se perdre dans les mirages du succès.

« Pour réussir, il faut croire en soi, très fortement. Ne pas avoir peur de s’affirmer. »

 

CONVICTION

« Pour réussir, il faut croire en soi, très fortement. Ne pas avoir peur de s’affirmer », insiste Valérie, la cadette, qui poursuit son aventure solo avec Mon Voyage, un album en deux parties qui célèbre ses racines guyanaises mais aussi toutes les influences qui ont jalonné son parcours. En studio ou en coulisses, Marie-Paule est là, choriste ou partenaire sur certains titres, première auditrice, conseillère privilégiée, socle inébranlable. Deux sœurs, onze mois d’écart, un seul cœur battant au rythme des musiques du monde.

 

Retrouvez cet article dans le hors-série Portraits Guyane de mars 2026