Georges Santtalikan

Retour avec le président du Comité Guadeloupéen de Voile Traditionnelle (CGVT) sur le bilan du TGVT 2012. Fenêtre sur les origines  d’un succès populaire et les objectifs à atteindre pour qu’il perdure. 

L’édition 2012 du Tour Guadeloupéen de Voile traditionnelle est une réussite. Comment l’avez-vous bâtie?

C’est le résultat d’un travail laborieux de plusieurs années. Nous avons mis un certain nombre d’instructions en place pour les coureurs et pour les organisateurs. Nous avons structuré et ainsi su donner confiance aux différents partenaires. Nous avons également fait beaucoup de pédagogie à l’école et en direction de la population. Un exemple parmi d’autres : les 5000 exemplaires de la revue officielle du TGVT distribués pour l’évènement. De plus, nous avons su exporter cette manifestation : un canot saintois est exposé au sein du musée maritime de la Rochelle. Nous avions déjà amené au salon nautique de 2009 un canot que nous avions spécialement préparé pour l’occasion. Et l’année suivante nous avions réitéré la même opération lors de la Route du Rhum. Cela a permis une permanence visuelle, qui a attiré la curiosité des uns et des autres.

 

La crise économique a-t-elle eu un impact sur l’organisation du TGVT 2012 ?

Tout à fait. Nous avons eu beaucoup de soucis pour réunir les fonds. Notre priorité est la course sur l’eau : si on la réussit, on réussira également à terre… Ceci dit nous avons effectivement élagué beaucoup de choses : il n’y a pas eu de pompiers sur l’eau, pas de catamarans VIP,  pas d’animations podium non plus… Grâce à la Région Guadeloupe et au CTIG* nous avons pu sauver la mise car la Région a doublé son apport. Nous avions cette année un budget de 300 000 euros et avons pu en rassembler 272 000.

 

Comment abordez-vous l’avenir? Comptez-vous vous installer dans la durée?

Nous avons effectivement beaucoup de projets… Je crois que ce mouvement sportif est dédié à la cohésion sociale. Car dans un 5m 35, on voit le nègre, l’indien, le chabin, l’européen, tout le monde ! C’est très symbolique. Ce mouvement est également dédié à l’insertion des jeunes dans la vie maritime. Nous avons, par exemple, accueilli cette année trois canots dont les équipages étaient composés de  jeunes en insertion. Je crois que la meilleure école qui puisse exister est celle de la mer. Nous sommes en train de monter une structure qui pourrait être une petite école ambulante car il n’existe pas vraiment d’école de voile traditionnelle. En partenariat avec l’Institut Régional de Pêche Maritime (IRPM),  nous projetons de construire de petits canots de quatre mètres afin d’initier très tôt les jeunes à cette activité. C’est une manière de s’accaparer tout ce qui est maritime puisque nous avons du retard dans ce domaine. La voile traditionnelle doit devenir un vivier où l’on ira piocher les futurs marins pour les Transatlantiques. C’est aussi un produit économique et touristique que nous essayons de mettre en place. Nous avons les potentialités pour arriver jusqu’au bout. C’est un long chemin mais nous sommes optimistes. Un autre de nos projets : faire venir lors des prochains TGVT des équipages de l’hexagone et de la Caraïbe. Nous mettrons à leur disposition un canot. Car il faut ouvrir si l’on veut que cela dure.

 

*Comité du Tourisme des Iles de Guadeloupe