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SYVADE : nos poubelles nous éclairent !
Dossier spécial, Karumag

SYVADE : nos poubelles nous éclairent ! 

Il fallait une vision, puis un cap et enfin un pionnier ! Et c’est Michel Rinçon, à la tête du SYVADE depuis 2008 qui a initié cette entreprise noble et novatrice : produire en Guadeloupe de l’électricité verte à partir du gaz libéré par nos déchets ménagers. 

Par Willy Gassion

Passionné, intrépide s’il en est ! L’homme s’est fait le fer de lance du tri sélectif, en implantant près d’un millier de bornes d’apport volontaire, sur le territoire. Cette démarche aura permis d’installer les conditions d’un recyclage optimal de nos déchets, et d’aider les  citoyens guadeloupéens à participer à une Guadeloupe plus propre. Il a, par ailleurs, contribué à transformer la décharge de la Gabarre et plus récemment à doter la Guadeloupe de sa toute première unité de valorisation énergétique du biogaz issu des déchets. Des réalisations dit-il rendues possibles grâce à la volonté ferme de son conseil syndical.  C’est que cet amoureux de la culture et amateur de sport privilégie l’intelligence collective, tout comme l’expertise.
« C’est à l’issue d’un appel d’offre remporté par les sociétés Séché environnement et Gaddarkhan et fils TP que ce projet vertueux en matière de développement durable, d’un coût de 3,7 millions d’euros a pu voir le jour fin 2017. » 

Réhabilitation de la décharge de la Gabarre 

Il est ici comme dans son jardin et rien, aucun centimètre carré, n’échappe à son regard vigilant. Michel Rinçon s’émerveille  chaque jour de ce qui peut être considéré comme une prouesse à la fois technologique et écologique !

Il n’y a pas si longtemps, c’était encore un désastre à bien des égards ! Des déchets qui semblaient toucher le ciel, une puanteur insoutenable et des voisins incommodés. « À mon arrivée au SYVADE, tout ce qui est aujourd’hui vert n’existait pas. Les arbres autour du site étaient squelettiques. Il y avait comme des lacs d’eau sale polluée par le lixiviat, ce fameux jus de déchets et souvent des incendies. » Et d’ajouter : « mon conseil syndical et moi étions convaincus que nous ne devions pas nous contenter de traiter les déchets, qu’il nous fallait aller plus loin et trouver un moyen de les exploiter. » 

La nature reconnaissante 

A l’instar de Jean Ferrat qui ne cessait de s’émouvoir devant la beauté de sa « Montagne », Michel Rinçon est intarissable quand il s’agit d’évoquer « la nature qui aujourd’hui a repris ses droits, la zone réhabilitée devenue un morne verdoyant et les oiseaux qui sont de retour », là où jadis s’amoncelaient les ordures. Car elle est aussi là, la victoire de cet ardent défenseur de l’environnement :
dans le spectacle que lui offre désormais la nature reconnaissante. Le cycle de la vie qui ne saurait, par les errements de l’humain, être interrompu. 

Une électricité propre issue des déchets de la Gabarre

« Nous recevons environ 105 000 tonnes de déchets ménagers et assimilés par an qui proviennent des membres de notre Syndicat (Cap Excellence, Communauté d’Agglomération du Nord Grande-Terre, Communauté de communes de Marie-Galante et Communauté d’agglomération du Nord Basse-Terre pour la commune de Petit-Bourg). Ils sont réceptionnés dans un casier normalisé, étanchéifié, à l’aide d’une géo-membrane qui permet d’isoler complètement les déchets du milieu naturel. Les déchets enfouis dans les alvéoles se dégradent de manière naturelle par l’action des micro-organismes et produisent le biogaz, un puissant combustible qui est ensuite valorisé sur un plan énergétique. »

L’électricité ainsi obtenue est « reversée intégralement sur le réseau EDF et correspond à la consommation annuelle d’une commune de 4 200 habitants », précise Michel Rinçon. Cette initiative répond de belle manière aux exigences de la loi de transition énergétique pour la croissance verte qui fixe en objectif l’autonomie énergétique de la Guadeloupe, d’ici à 2030. Elle génère des recettes de l’ordre de trois millions sur quinze ans pour le SYVADE et une économie de TGAP, taxe générale sur les activités polluantes de 800 000 euros par an. Si la Guadeloupe n’a pas réussi à se doter d’un équipement industriel optimal de traitement des déchets, la gouvernance du  SYVADE continue résolument à réfléchir à comment valoriser plus et mieux la matière déchets avec toutes les forces vives soucieuses, elles-aussi, de la protection de l’environnement. 

SYVADE, Syndicat de Valorisation des Déchets de la Guadeloupe

Rue Hincelin, Résidence Ernestine Webbe

RDC 1, esc. D – BP 41

97004 Pointe-à-Pitre

0590 91 10 72

Site technique

La Gabarre, Grand-Camp

97139 LES ABYMES

0590 21 70 00

contact@syvadeguadeloupe.fr

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