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Valorem, un vent d’autonomie
Dossier spécial, Karumag

Valorem, un vent d’autonomie 

Territoire insulaire, la Guadeloupe aspire à son autonomie énergétique d’ici 2030, objectif affiché par la programmation pluriannuelle de l’énergie établie par l’Etat et la Région Guadeloupe. Valorem y contribuera avec son parc éolien qui sera mis en service dans le Nord Basse-Terre avant la fin de l’année.

Le transport en pleine nuit des pièces des éoliennes disposant chacune d’un mât de 78 mètres a fait la une des médias locaux et a attiré de nombreux badauds sur l’itinéraire du convoi exceptionnel. Cette sortie nocturne, de la région pointoise à Sainte-Rose, est une étape cruciale d’un projet d’une importance sans commune mesure pour l’archipel. « Nous installons huit éoliennes, quatre à Espérance et les autres à Bellevue. Soit une puissance installée de 16 MW. Chaque année, ce sont 33 GWh qui seront produits sur le site, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 17 000 personnes » précise Lois Capou, chargé de projets chez Valorem. 

Un EMS pour pallier l’intermittence des vents 

Le parc éolien fournira de l’énergie en s’appuyant sur des technologies inédites de prévision de la production, de stockage et de gestion d’énergie via son EMS (Energy Management System). Chaque jour, le gestionnaire de réseau (EDF) aura ainsi connaissance du profil de production des éoliennes pour le lendemain. Une première sur le réseau électrique français pour un parc éolien multi-mégawatt ! La Guadeloupe ne peut être connectée comme en Europe à d’autres pays et échanger de l’électricité. Il faut pourtant assurer sur l’archipel un équilibre permanent entre la production d’énergie et la consommation. Cet équilibre exige des sources d’énergie stable alors que l’énergie éolienne, par définition, est une source d’énergie intermittente. L’Energy Management System (EMS) permet de s’affranchir de cette contrainte en stockant le surplus produit et en le redistribuant dans le réseau quand la demande en énergie l’exige. 

Début d’exploitation prévu en fin d’année 

Les opérations d’assemblage des pièces sont en cours. Les éoliennes, de type SG 2.0-90 G classe 1 A, sont conçues pour des vents forts et turbulents et sont équipées d’un dispositif innovant anticyclonique qui assure la continuité du système d’orientation de la nacelle en cas de déconnexion au réseau. Courant août, les premiers tests seront réalisés pour un début d’exploitation prévu en fin d’année 2018. Le parc de Sainte-Rose viendra ainsi augmenter de 60% la production d’énergie éolienne et de 10 % celle issue des énergies renouvelables diminuant ainsi la dépendance énergétique de la Guadeloupe vis-à-vis du pétrole. 

Déployé sur une emprise foncière de 8400 m2, le parc a fait l’objet d’une étude d’impact environnemental, conformément à la réglementation. Situés à plus de 500 mètres de toute habitation, l’implantation et les équipements prévus sont conformes aux normes acoustiques en vigueur

« Valorem, opérateur en énergies renouvelables, s’inscrit dans un projet de territoire » rappelle Lois Capou.
« Elle est ainsi aujourd’hui actionnaire de deux sociétés d’économie mixte: la SEM Energie du Nord Basse Terre et Guadeloupe ENR, la SEM Energie créée par le Symeg. Le parc éolien a mobilisé un investissement de 50 millions qui a eu un impact économique et social incontestable. Des entreprises guadeloupéennes ont ainsi été sollicitées pour la réalisation des travaux de terrassement, de génie civil et de raccordement. »

Des recrutements localement

Valorem a quant à elle procédé à des recrutements localement. A terme, d’ici la fin de l’année, l’équipe sera constituée de cinq salariés. Par ailleurs, en partenariat avec la ville de Sainte-Rose, un chantier d’insertion pour l’aménagement paysager du site sera proposé à des jeunes de la commune. Valorem entend bien s’inscrire dans la durée sur le territoire aux côtés des acteurs locaux. Elle n’écarte pas l’éventualité de s’impliquer sur d’autres projets portant sur les énergies renouvelables.

Le projet en 4 dates

2012 : Lancement du projet

Juillet-août 2015 : obtention des autorisations (permis de construire 

et autorisation d’exploiter ICPE)

Janvier 2017 : Début de la construction du parc éolien

Mars – avril 2018 : 

Transport des éléments des éoliennes  en convois exceptionnels,

Fin 2018 prévisionnel : début de l’exploitation

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