Nadia Celini, une femme d’engagement

Julie Clerc

Elle est adjointe à la mairie du Gosier. Pendant dix-huit ans, elle fut au plus près du territoire aux côtés de Jacques Gillot puis de Jean Pierre Dupont.

Nadia Celini avance en accord avec ses convictions.

Rencontre.

Pourquoi vous êtes-vous investie au sein de la mairie du Gosier?

Prendre sa place dans la cité, c’est un destin.

« J’ai été élue, cela a été un aboutissement à ma vocation : être au service de mes concitoyens. »

Responsable de l’urbanisme du Gosier, vice présidente de l’office du tourisme et déléguée communautaire de la Riviera du Levant, j’ai toujours œuvré au plus près des Gosiériens, notamment des jeunes et des personnes âgées.

Ma carrière dans la fonction publique, avec des responsabilités dans le handicap et l’aide aux personnes âgées, a renforcé cette sensibilité.

J’ai été très touchée, un jour, lorsqu’un administré m’a ramené un extrait cadastral alors que je lui demandais un titre de propriété…

De cet épisode est née la première Journée de l’urbanisme, qui propose du conseil sur la propriété, la construction

À Gosier, j’ai aussi initié le marché aux puces.

Les habitants se rencontrent, vendent des objets, aussi banals soient-ils, peu importe : ils sont heureux ce jour-là. 

« Toucher à plusieurs domaines – l’entrepreneuriat, le service public –
m’a donné la farouche volonté d’améliorer le présent. »

Je suis issue d’une famille modeste.

On m’y a inculqué l’amour de son prochain et le respect de la parole donnée – « Pawol an mwen sé on sinyati. » disait mon père.

Ces valeurs conduisent ma vie. 

Vous êtes souvent sur le terrain. Que cherchez-vous à travers ces rencontres ?

Une proximité intelligente, c’est-à-dire une écoute distanciée.

Aux jeunes gens qui me demandent conseil sur leur orientation professionnelle, je plaide pour l’ambition.

Viser toujours plus haut, une grande école plutôt qu’un CAP.

Les jeunes Guadeloupéens ont du talent.

En partant d’une passion, on peut devenir grand et bien gagner sa vie : voilà le discours que je leur tiens.

Vous avez beaucoup œuvré pour le handicap…

Vice présidente de la Commission accessibilité de Gosier, j’ai impulsé
en 2017 un séminaire sur l’accessibilité
.

Avec la complicité de la KAMA (association des personnes en situation de handicap), nous avons mis les participants en situation réelle, avec bandeau, cane, fauteuil roulant.

Ils se sont glissés dans la peau d’une personne en situation de handicap. Ce fut un choc. 

« Femme d’engagement » : cette devise guide-t-elle votre carrière ?

Je vais au bout de mes engagements. Je fonctionne par objectifs.

Je me suis fixé d’avoir mon entreprise à 25 ans, je l’ai créée à 24. Je me suis promis d’avoir un enfant avant 30 ans, j’ai eu mon fils à 28.

Je dis souvent « Je vais vous faire rêver sans vous vendre du rêve ».

Si je m’engage à résoudre un problème, à donner une réponse à un administré sur un problème d’eau, d’indivision, je m’y tiens.

« Je n’attends pas de reconnaissance. Je suis dans le don de soi, c’est parfois lourd mais j’assume ! »

Pensez-vous qu’être une femme est un frein pour mener sa carrière?

Dans l’entrepreneuriat, c’est un atout.

J’ai monté un salon de coiffure à 24 ans, « Espace Nadia », à Pointe-à-Pitre. Il a accueilli les Guadeloupéens pendant 25 ans et formé nombre d’apprentis qui aujourd’hui sont chefs d’entreprise.

Les femmes ont toute leur place à la tête d’entreprises, quel que soit le domaine.

« Il faudrait plus de femmes entrepreneures, c’est déterminant pour l’avenir de la Guadeloupe ! »

Une femme a une gestion globale de son entreprise : elle veille au business, aux commandes, à la communication, au développement, mais aussi au volet humain.

J’ai créé des liens avec mes salariés, je les ai soutenus. Cette sensibilité, peut-être est-ce une spécificité féminine, oui… 

En politique, univers machiste, les femmes peinent encore à imposer leur place.

Pour autant, la Guadeloupe peut s’enorgueillir de posséder de grandes femmes politiques. C’est un signe positif pour l’avenir !