Bilan de la gestion du risque par les assureurs pendant la crise du covid-19

Mathieu Rached

Après deux mois de confinement et à quelques semaines du début de la saison cyclonique, priorité à la bonne gestion de ses contrats.

Les assureurs ont fait une apparition fugace au début de la crise Covid-19, avec l’annonce de leur participation financière au fonds de solidarité national pour les TPE.

Une fois les chiffres posés (400 millions d’euros au total à l’échelle nationale, dont 300 000 € de la part de GFA Caraïbes) comment ont-ils pu se réorganiser et continuer à jouer leur rôle auprès des particuliers et professionnels ?

Le Directeur Général de GFA Caraïbes, Dominique Fouquemberg dresse le bilan.

Dès le début de la crise, quelle a été votre politique d’échanges et de contact avec vos clients ?

Dominique Fouquemberg : D’ordinaire, chaque semaine, dans chacun de nos bureaux, en Martinique, Guadeloupe et Guyane, entre 30 et 80 clients viennent nous voir sur place. Pendant le confinement, par la force des choses, cette relation de proximité a été remodelée.

Depuis le 17 mars dernier, nos conseillers sont évidemment mobilisés en télétravail pour répondre aux besoins de nos clients par téléphone, mails ou à travers les réseaux sociaux.

Par ailleurs, nous avons pris contact avec près de 3 000 clients depuis le début de ce confinement pour prendre de leurs nouvelles en cette période difficile et mettre à jour leur données pour être sûr de toujours pouvoir garder le contact avec eux et nous continuons cette action même avec le déconfinement.

De même, une lettre disponible sur notre site internet a été adressée à l’ensemble de nos assurés.

Dans ce contexte inédit, comment définissez-vous votre rôle et votre place en tant qu’assureur? 

Face à cette crise inédite, notre devoir est d’aider nos clients qui sont en difficulté tout en respectant nos obligations réglementaires en tant qu’assureur. Ainsi, GFA Caraïbes a pris le parti de maintenir les garanties des contrats et de suspendre les procédures de résiliations en cas de non-paiement de prime sur tous ses contrats.

Notre rôle est également sociétal, et nous nous sommes mobilisés auprès des hôpitaux des Antilles-Guyane, d’abord en  remettant notre stock de protections individuelles au CHU de la Martinique, puis à travers un don de 500 000 euros aux centres hospitaliers des Antilles-Guyane.

Au cours des dernières semaines, comment ont évolué les comportements des assurés ? Particuliers et professionnels continuent-ils à signer et s’engager sur des polices d’assurances ?

L’activité a naturellement baissé, mais tout ne s’est pas arrêté. Et paradoxalement, malgré le confinement, nous avons principalement signé des contrats AUTO !

Quels pourraient être justement l’effet de la menace économique sur les comportements des assurés : résilier certains contrats, réduire son niveau de couverture…?

La situation économique de nos départements risque très fortement de se dégrader et nous serons aux cotés de nos assurés tout au long de cette période de reconstruction, afin de répondre au mieux à leurs besoins.

En matière d’assurance, mal juger et mal ajuster son niveau de couverture peut s’avérer périlleux voire dangereux, nul n’étant à l’abri d’un sinistre (vol, vandalisme, incendie..).

N’oublions pas que nous rentrons en période cyclonique dans moins d’un mois, il est préférable de protéger ses biens avec toutes les garanties nécessaires.

« C’est notre responsabilité d’assureur et l’enjeu des prochaines semaines : bien conseiller nos clients en fonction de leur situation afin de souscrire aux bonnes garanties. »

On entend une partie des assurés interroger les assurances sur le paiement des primes d’assurance auto pendant ces semaines de confinement où les déplacements étaient fortement restreints. Quelle pourra être la politique de GFA Caraïbes à cet égard ?

J’entends en effet ces interrogations, mais elles ne correspondent pas vraiment à la réalité du métier d’assureur. II est important de savoir que la sinistralité (les sinistres déclarés par nos assurés) ne s’évalue pas sur 2 mois mais sur une année entière.

Pouvez-vous me dire que vous n’aurez pas d’accident avant le 31 décembre ? L’assurance, c’est un partenariat : un assureur et son client assurent un risque, en espérant tous les deux que cet événement n’aura pas lieu.

Quid de la question de la perte d’exploitation… Des commerçants se plaignent de ne pas être indemnisés au titre de cette perte d’exploitation, que leur répondez-vous ?

Là encore, ça peut paraître injuste, c’est au contraire transparent et clair. Nos assurés et nous-mêmes devons nous référer aux conditions générales des contrats d’assurance, lesquels précisent que les pertes d’exploitation ne s’appliquent que dans le cadre d’un évènement garanti (Incendie, dégât des eaux, vol…) occasionnant un dommage matériel.

Or, l’événement pandémique auquel nous sommes confrontés ne remplit aucune de ces deux conditions et ne peut bénéficier d’une couverture.

La situation interroge malgré tout, quelle pourrait être une solution : un régime de catastrophe sanitaire comme il existe celui de catastrophe naturelle ?

« Une garantie adaptée à de telles pandémies et urgences sanitaires est une évolution à encourager et un axe de réflexion au sein de la Fédération Française de l’Assurance (FFA). »

Jean-Laurent GRANIER, président de notre groupe GENERALI et Vice-Président de la FFA, travaille en ce sens auprès des pouvoirs publics pour trouver des remèdes économiques et assurantiels durables et adaptés.

Les premières conclusions seront remises aux pouvoirs publics avant l’été pour mieux nous préparer collectivement à des évènements imprévisibles et à fort retentissement.

www.gfacaraibes.fr


Cet article a été initialement publié dans l’e-magazine EWAG | Nos sociétés s’adaptent. Découvrez le magazine complet et son contenu interactif en cliquant ici.