Coup de cœur : le conservatoire botanique de Martinique préserve la flore

Yva Gelin

Depuis 2010, le Conservatoire Botanique de Martinique, prélève, répertorie, analyse et transmet des connaissances précieuses sur la nature qui nous entoure. Immersion dans son action de sensibilisation. – Texte Yva Gelin

Travailler sur la connaissance scientifique de la flore de Martinique, identifier les espèces rares et menacées, mettre en place des actions de conservation, telles sont quelques unes des missions du Conservatoire Botanique National de Martinique (CBN), qui se consacre également à la sensibilisation à destination des publics scolaires.

Hugo Florance, animateur nature pour les scolaires et responsable de la pépinière du CBN de Martinique, organise des ateliers de sensibilisation de la maternelle au BTS, afin de diffuser une nouvelle conscience de la place des plantes. Nous le rencontrons dans la pépinière de conservation à Fort-de-France. Bottes aux pieds, assis sur le tabouret duquel il vient de terminer des rempotages, le technicien de conservation et de sensibilisation nous présente le programme pédagogique porté par le CBN.

Piébwa atè Matinik

« Piébwa Atè Matinik », ou en français « Les arbres de la Martinique », c’est le nom de ce programme de sensibilisation porté par le CBN se déclinant en trois étapes, destiné à faire découvrir aux jeunes générations la richesse de la flore martiniquaise.

Au programme du premier atelier en classe : présentation du CBN et de ses missions et transmission de certaines notions écologiques. Définition de ce qu’est une espèce autochtone, exotique, envahissante, endémique, comment se colonise un milieu, de quoi se compose un écosystème, pourquoi il est important de conserver et de protéger les milieux naturels, sont autant d’aspects abordés lors de cette session ludique.

« Évidemment le contenu de cette partie est adapté au niveau de la classe. Je profite aussi de cette première étape pour parler du conservatoire botanique et des métiers qui sont liés à la nature, en particulier pour les élèves en phase de réflexion professionnelle. » C’est aussi à ce moment qu’est présentée la composition du futur arboretum pédagogique qui sera planté au sein de l’établissement.

Classe verte

Dans un deuxième temps, le conservatoire botanique national accompagne les élèves en milieu naturel pour y découvrir la diversité des espèces du cortège floristique, « c’est-à-dire l’ensemble des végétaux que l’on peut trouver dans un milieu donné ». Cette sortie permet également de comprendre et d’appliquer certaines notions vues lors de la sensibilisation en classe, comme la nutrition et la respiration des plantes, ou encore de découvrir les caractéristiques d’adaptation liées à une espèce. Le but n’est évidemment pas de savoir reconnaître toutes les plantes, mais de donner aux enfants des clés pour reconnaître si une espèce est autochtone ou non, et pouvoir l’associer à une famille de plante grâce à l’observation de ses caractéristiques.

Planter des arbres pour la science

Le programme se concrétise par la plantation d’un arboretum pédagogique au sein de l’établissement. En fonction du climat, de l’exposition de l’école… le CBN sélectionne entre 5 et 6 espèces qui y seront plantées.

L’un des critères principaux pour participer à ce programme est d’avoir suffisamment de place dans l’établissement pour accueillir l’arboretum. « Nous transmettons une connaissance scientifique et en contrepartie, les établissements nous aident à remplir notre mission de conservation en accueillant des espèces autochtones rares et/ou menacées. » L’établissement est ensuite chargé de suivre l’évolution de ces espèces. « Les élèves nous rapportent leurs observations, ce qui nous permet en retour de savoir comment se comportent les espèces en dehors du milieu naturel et ainsi de mieux connaître leur phénologie (période de floraison, fructification, etc). »

« La sensibilisation aux scolaires est importante », rappelle Hugo, « car ils sont les acteurs du monde de demain ». Un monde où il l’espère, la nature sera pleinement respectée sans que l’on n’ait besoin de trouver l’utilité d’une plante pour la préserver. À méditer.

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Conservatoire Botanique National de Martinique
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