Le skipper Damien Seguin a enfin pu mettre pied à terre ce dimanche, à Lorient, après son abandon et le démâtage de son IMOCA Groupe Apicil, survenu dans la nuit de jeudi à vendredi suite à une collision avec un cargo. Accueilli par l’ensemble de son équipe, ses amis, sa famille et ses partenaires, le Guadeloupéen d’adoption (il a passé toute son enfance dans l’archipel, NDLR) est apparu fatigué et très ému. Le solitaire, qui participait à sa quatrième Route du Rhum, se tourne vers l’avenir, avec un gros chantier prévu cet hiver pour implanter notamment de nouveaux foils.

Damien, on t’imagine abattu ? 

C’est sûr que ça ne faisait pas partie du scénario. En tout cas, pas de cette manière-là . C’est une grosse déception pour moi, mais aussi pour l’ensemble de l’équipe. Ça reste un sport mécanique. La casse fait partie du jeu mais c’est toujours dur à encaisser. Il faut voir le côté positif. J’ai ramené le bateau à bon port, à Lorient, et je ne me suis pas blessé. L’équipe a été formidable. Maintenant, on va suivre ce qui était prévu au retour de la Route du Rhum : mettre le bateau en chantier et faire toutes les améliorations pour être plus performant l’année prochaine. Je vais vraiment me tourner vers ça. 

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Pour revenir à Lorient, tu as fabriqué un gréement de fortune. Est-ce que ça t’a aidé pour gagner un peu de temps sur le retour ? 

Oui, mais surtout, ça m’a aidé dans la tête. C’est important d’être actif sur le bateau et d’imaginer des solutions, même si c’est parfois des coups d’épée dans l’eau. J’ai passé pas mal d’énergie à sécuriser le bateau. Ça m’a aussi occupé l’esprit et les mains. Ça fait partie du processus pour pouvoir encaisser tout ça. 

Après la perte de son mât, le skipper a fabriqué un gréément de fortune.

Tu visais une belle place en Guadeloupe. Arrives-tu à relativiser ? 

Les coups durs, ça arrive dans notre sport, où il y a beaucoup de haut et de bas. Il faut savoir les gérer. Ça fait vingt ans que je fais ce métier et je ne suis pas né de la dernière pluie. Des coups durs, j’en ai déjà vécus et je me suis toujours relevé. Et là, je vais faire la même chose.

« Des coups durs, j’en ai déjà vécus et je me suis toujours relevé. »

Peux-tu nous décrire les dégâts sur le bateau ? 

Le foil tribord est complètement délaminé. Ça va être un petit dossier pour le sortir du bateau ! Le mât est bien évidemment cassé. J’ai perdu aussi quelques voiles et la coque a des petits enfoncements, mais rien de dramatique. C’est plutôt la bonne nouvelle. Il y a quelques impacts sur le pont mais rien d’irréparable et de trop dommageable. L’essentiel va être de retrouver un mât et le reste va dérouler.

Soulagement, Damien Seguin a retrouvé sa famille.

Physiquement, comment te sens-tu ? 

Je ne me suis pas vraiment posé la question. Sur le début de course, je me sentais plutôt bien. C’était assez agréable de pouvoir naviguer dans le peloton de devant. J’étais vraiment bien préparé pour ce départ. Après l’accident, je ne me suis pas trop posé la question sur moi-même. J’ai surtout fait en sorte de ramener le bateau le plus vite possible. Je pense que je vais un peu décompenser dans les prochaines heures. La prochaine nuit risque d’être bonne, peut-être un petit peu agitée mais réparatrice !

« On va rentrer le bateau en chantier et puis on va repartir sur le planning prévu avec toutes les améliorations à faire sur le bateau pour avoir une nouvelle machine l’année prochaine. »

Tu es déjà tourné vers la suite avec ton équipe… 

Oui. Je pense que nous avons tous besoin d’un petit peu de temps mais la suite va arriver très vite. On va rentrer le bateau en chantier et puis on va repartir sur le planning prévu avec toutes les améliorations à faire sur le bateau pour avoir une nouvelle machine l’année prochaine.

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