La programmation artistique de l’Artchipel, à l’écoute de nos imaginaires

Gérard Poumaroux, directeur de l'Artchipel, scène nationale de Guadeloupe - Crédit Photo Lou Denim|www.loudenim.com
Alix Delmas

L’Artchipel, scène nationale de la Guadeloupe prône l’ouverture à tous les publics par sa programmation éclectique et audacieuse. Tour d’horizon avec son directeur, Gérard Poumaroux.

Texte Alix Delmas – Photo Lou Denim

La scène nationale de la Guadeloupe a vocation à être pluridisciplinaire, voire à encourager des formes artistiques pointues ou émergentes. Si la musique, la danse, le théâtre demeurent le socle de sa programmation, Gérard Poumaroux, son directeur, entend promouvoir de nouvelles expressions parmi les cultures urbaines, les arts de la rue et de l’espace public, le cirque contemporain et les arts visuels.

En offrant à son public fidèle, un répertoire classique, il s’attache à conquérir de nouveaux publics, jeunes et moins jeunes : « La scène nationale se veut un lieu ouvert, accessible, avec des spectacles de qualité, où les artistes ont les moyens de créer grâce des conditions optimales pour offrir au public le plaisir qu’il mérite », explique-t-il.

Aussi de beaux succès ont émaillé l’année 2023 parmi lesquels, le concert du groupe de jazz fusion « Sixun » à guichet fermé ; le spectacle de danse de Léna Blou, « Le sacre du sucre » ou encore la pièce de théâtre, « Africa Solo », mise en scène par Moïse Touré qui rend hommage à l’œuvre d’Ernest Pépin. Enfin lorsque les conditions de production des spectacles le permettent, régulièrement, des représentations se déroulent hors les murs de l’Artchipel, sur l’ensemble des communes du territoire.

L'Artchipel, scène nationale de Guadeloupe
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Un artiste en cache un autre

Originaire de Capesterre-Belle-Eau et de Petit-Bourg, Gérard Poumaroux a une formation d’ingénieur acousticien et possède une maîtrise de physique fondamentale. Happé par la musique dès son arrivée à Montpellier pour ses études, il devient le bassiste de Mory Kanté et son directeur musical pendant plus de 10 ans. Il accompagne également le chanteur Kali sur scène durant 3 ans. Lorsqu’il décide de passer de l’autre côté de la barrière, il retourne à l’université et y obtient un DESS de gestion de structure culturelle à Paris Dauphine. Lors de son retour au péyi en 2006, il devient directeur du centre culturel Sonis, puis en 2016, dirige l’Artchipel-Scène nationale de la Guadeloupe. Véritable passeur au service de la création contemporaine, parmi ses missions premières, figure naturellement l’accompagnement des artistes prometteurs du pays. Il cite notamment le collectif de jeunes danseurs « Hedo », membres de l’association Correspon’danse qu’il accompagne sur un projet artistique en partenariat avec le « Le Moulin fondu », centre national des arts de la rue et de l’espace public de Garges-les-Gonesse. Autre pépite, le Guadeloupéen Léo Lérus : « je l’accompagne depuis toujours, il a un don exceptionnel, il a quitté la Guadeloupe à l’âge de 14 ans pour se former au Conservatoire de Paris, puis est devenu le danseur étoile du « Batsheva Dance Company » de Tel-Aviv en Israël, il sera parmi nous en 2024 » (voir encadré).

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La culture caribéenne est universelle

Gérard Poumaroux place la scène nationale de la Guadeloupe au cœur de son identité caribéenne au service de la création foisonnante actuelle. En initiant les soirées « Mouvman alternatif » dédiées à la scène alternative caribéenne, l’Artchipel se veut le témoin des musiques qui explorent la richesse du « Tout-Monde » : « où des générations entières ont baigné dans le Gwo Ka et se nourrissent d’autres influences caribéennes pour proposer autant de nouveaux courants tels que le Reggae Ka, le Ka Jazz », où quand l’expression des singularités témoigne du caractère universel des œuvres en cours.

À moyen terme, le nouveau projet pluriannuel de l’Artchipel intitulé « Nos humanités » entend mettre en avant la dimension de l’altérité au travers de ses résidences d’accompagnement à la création, car « attentifs aux laissés pour compte de nos sociétés, les artistes s’interrogent et nous interrogent. Ils s’adressent à nos imaginaires, à notre rapport à l’autre, dans sa fragilité, sa sensibilité. Ils nous rappellent ce qui fait monde pour nous ».

3 missions

L’Artchipel – Scène nationale de la Guadeloupe a été créée en 1996 sous la forme d’association loi 1901. Elle fait partie d’un réseau de 78 scènes à l’échelle nationale. Scène nationale est un label accordé par le ministère de la Culture. Son objectif est d’être un lieu de production et de diffusion de la création contemporaine dans le domaine du spectacle vivant.

Sa vocation s’articule autour de trois principales missions :
• Soutenir la création artistique
• Proposer une programmation permanente pluridisciplinaire et exigeante
• Développer une offre culturelle auprès de l’ensemble de la population.

Quelques dates à retenir en 2024 !

20 janvier : « Incandescences » d’Ahmed Madani
16 mars : Jean-Philippe Fanfant en concert
05-06 avril : Malika Tirolien en concert
11 mai : « Gounouj » de Léo Lérus

Toute la programmation 2024 est à retrouver en ligne sur le site de l’Artchipel

L’Artchipel
Standard : 0590 99 29 13
Billetterie : 0590 99 97 22
www.lartchipel.com